Courtes correspondances

15 juillet : Foudatoui! Me voici de retour au pays! Merci de m'avoir suivi tout ce temps, Vous avez été une part importante de ma motivation à écrire sur ce blogue, J'ai hâte de vous revoir ne personne!

lundi 22 juin 2009

Nord-Sud

Bonjour à tous!

J’espère que tout va bien de votre côté du monde. Pour notre part, nous faisons des découvertes époustouflantes alors que nous continuons de visiter une petite partie de ce que peut nous offrir le Maroc. La santé va toujours très bien et le moral est à son meilleur.

Aujourd’hui, je vous convie à suivre notre traversée du pays du nord au sud. Notre dernière parution vous a certainement laissé une image peu reluisante du Maroc et de ses habitants. Je vous ferez maintenant voir que le pays regorge de magnifiques trésors, photos à l’appui.

Notre épopée commence au nord, alors que nous quittons Meknès, la ville aux mille arnaques, pour une petite ville cachée dans les montagnes du Rif oriental, toujours au nord du pays, Chefchaouen. Dans le pays, quand le train cesse de desservir les villes, trois solutions s’offrent à nous.

1)Les grands taxis. Ils n’ont de grands que le nom. Ce sont des voitures 4 portes qui font des liaisons entre les villes. Le prix est très bas, mais avant de partir à destination, ils attendent d’être remplis. Et rempli dans ce cas, ça veux dire 2 passagers en avant plus le chauffeur et 4 personnes sur le siège arrière. 7 personnes dans une voiture normale (les enfants sur les genoux sont en sus)! Pas chouette pour les grandes distances. Et si tu veux avoir ton grand taxi à toi seul, sors le porte-feuille, car tu devras payer pour l’équivalent chaque place non-occupée.

2)Les bus locaux. Ils sont comme des tagines. Pas trop chers; on y est tassés et on y cuit lentement à feu doux pendant des heures. Ici, franchir 2 km sur la route sans s’arrêter pour ramasser du monde relève de l’exploit. Le tarif pour mettre un bagage en soute semble relever de l’état d’esprit du chauffeur et les pause cigarette que ce dernier prend se font n’importe où et durent le temps qu’il faut. Pas difficile de perdre sa journée en transport dans ces coinditions.

3)Les bus CTM. C’est la compagnie nationale. Les billets sont plus chers, mais les bus sont climatisés et le trajet est direct. On peut aussi être sûr d’avoir une place assise. Face à tous ces choix, il n’est pas difficile d’opter pour la CTM le plus souvent possible.

Revenons à notre épopée. Nous prenons donc notre bus CTM vers Chefchaouen. Au détour d’un lacet de la route, la ville nous apparaît, blanche et bleue, toute tassée sur elle-même au creux d’une vallée. Au sortir du bus, c’est le manège des rabatteurs qui commencent. Ici, ils sont plus insistants qu’ailleurs. Normal, ils sont complètement gelés et ne cherchent qu’à te vendre du « kif ». La région est un grand producteur de cannabis, puisque sa culture dans les environs a été autorisée par l’ancien roi Mohammed V. Résultat, pas possible de marcher dans la medina (la vieille ville) sans te faire proposer du haschisch à chaque coin de rue. Heureusement, dans la medina, un simple « Non merci, mon ami, on ne fume pas » avec un beau sourire leur suffit pour nous laisser tranquille : la brigade touristique veille au grain pour éviter les excès. Mais à la gare routière CTM, il n’y a pas de brigade touristique et notre arrivée dans la ville est brutale alors que nous ne savons pas nous orienter pour rejoindre la medina et que nous sommes suivis pas 3 hommes gelés qui prétendent nous montrer le chemin sans pour autant qu’ils nous inspirent confiance. On accoste un premier taxi qui nous mène à l’entrée de la medina (les rues sont beaucoup trop étroites pour rouler dans la medina) pour 20 dirhams. On sait que c’est de l’arnaque. On tente de marchander, ça échoue. On continue de marche avec nos 3 pots de colle. À un moment, on n’y tient plus et accostons un second taxi que nous réussissons à avoir pour 10 dirhams. Ni une ni deux, on est sur le siège arrière. Ouf sauvés! ... Sauvés?... Pas si vite. Un des pots de colle se précipite sur le siège avant du taxi dans la ferme intention de faire le voyage avec nous. Que faire? Vite une idée! Mon cerveau se retourne sur un dix cennes, ma face devient sévère, je regarde le chauffeur en pointant le pot de colle d’un doigt qui ne laisse aucune équivoque. « Lui, s’il vient avec nous, je te JURE, je ne te donne que 5 dirhams pour nous deux. » Laissez-moi vous dire que le pot de colle est sorti assez vite.

Une fois la medina atteinte commence notre coup-de-foudre avec le Maroc! Nous découvrons pour les 3 prochains jours une ville tranquille et authentique, où on voit des gens sympathiques, des marchands de fruits qui te vendent à un prix fort raisonnable (jamais le prix des locaux, mais ça il faut faire une croix dessus. L’essentiel, c’est qu’on sente que le prix touriste est le plus bas possible.), de vieux locaux en tunique de laine locale qui se rassemblent sur la place publique pour manger une soupe d’escargots (un vrai délice) ou une purée de pois chiches, des bergers qui font paître leur moutons dans les montagnes environnantes, des femmes qui lavent d’immenses tapis tissés dans la source d’eau de la ville et pleins d’enfants déjà conditionnés à cerner le touriste-plein-de-cash « Monsieur, donne-moi un dirham. » et à qu’il faut leur refuser pour éviter que ce comportement spontané souvent induit par les touristes eux-mêmes ne se transforme en harcèlement qui devient un véritable problème dans le pays. Il faut les comprendre d’une autre part, quand on n’a rien et que l’emploi est si difficile à obtenir, la vue d’un touriste est rapidement associée à la possibilité de recueillir un peu d’argent très facilement.

La ville est belle. Le bruyant et populeux souk du lundi, avec vue sur la montagne, a de quoi charmer et dépayser. Partout les scènes de la vie quotidienne sont palpables. En bon nordiques, nous achetons des tuques d’hiver traditionnelles (dans la région des montagnes, il peut faire assez froid l’hiver) à une jolie coopérative qui fait travailler les personnes aveugles de la ville. Comme ici, les aveugles se retrouvent souvent à mendier dans les rues, c’est un vrai plaisir d’encourager ceux qui les font travailler malgré leur handicap. On voit beaucoup d’handicapés visuels ici, souvent des personnes très agées. La plupart semblent souffrir de cataractes qu’ils n’ont pas le luxe de se faire retirer, leur cornée est toute brouillée.

Après la douce expérience de Chefchaouen, une autre expérience hors du commun. Un bus CTM de nuit nous amène dans le sud du pays, près de la frontière algérienne, aux portes du Sahara. Le vrai désert du Sahara, comme on voit dans les films. Mais, vous nous connaissez sûrement, on ne se contente pas du désert touristique nous. Quand on veut un désert, on le veut bien désert. Il faut dire qu’on a eu de la chance avec l’auberge que l’on a réservée. Le 4 par 4 de l’auberge Itrane Sahara vient nous chercher à l’arrêt de bus. Quel n’est pas notre bonheur de voir que le véhicule dépasser tous les hôtels cordés le long de la route goudronnée face aux dunes de l’Erg Choubi. On va jusqu’à Taouz, le Natashquan du désert, la fin de la route et on voit un panneau planté devant deux traces de roues qui s’éloignent vers l’infini « Itrane Sahara, 16 km ». En plein milieu du vide désertique (plutôt truffé d’arbustes rabougris), notre auberge se dresse, trempée dans le 50 degrés du soleil de midi franchement plus supportable dans la sécheresse de l’air que notre humide 30 degrés québécois. Le paradis. Le désert. Le soir, à l’abri de toute lumière parasite, se dresse la voûte céleste la plus claire qui nous ait été possible de voir! Le jour, la grande chaleur nous invite à la sieste, à boire le thé en compagnie de Mohamed et de Amed, les deux frères propriétaires ou à manger les succulents et copieux repas que la famille nous prépare.

Bien sûr notre expérience n’aurait été complète sans une promenade à dos de dromadaire et une nuit passée à la belle-étoile dans les dunes de sable rosées. C’est quétaine et touristique, mais incontournable lorsqu’on est à l’emplacement. Les photos parleront certainement beaucoup mieux que moi sur cette excursion. Nous nous ferons un plaisir de vous exposer notre enthousiasme part rapport à notre séjour dans le désert de vive voix à notre retour.

Depuis que nous sommes au sud; notre opinion des Marocains a bien changé. Les gens y sont plus aimmables et un peu plus désintéressés. On rencontre plusieurs personnes généreuses qui nous ravissent. C'est un peuple complexe qu'il faut du temps pour apprivoiser. On n'a pas la prétention de tout comprendre de leurs moeurs, mais le peuple nous enchante beaucoup plus que lors de notre passage à Meknès!

Nous reprenons présentement des forces à Ouarzazate après l’avoir atteint en « tagine roulante ». Le séjour au Maroc s’achève déjà bientôt. Nous aurons certainement le temps de vous écrire sur deux autres villes avant de s’envoler pour la Tunisie. L’Algérie est disparue de nos plans après avoir constaté qu’il est impossible de traverser la frontière entre le Maroc et l’Algérie par la terre. Elle est fermée depuis plusieurs années. Qu’à cela ne tienne, on volera au-dessus de l’Algérie pour aller voir le pays de notre chère amie Beya qu’on aura l’occasion de rencontrer sur place durant notre séjour.

Je vous embrasse très fort. Allez voir les nouvelles photos. Il y en a du Maroc, mais j’ai aussi finalement mis en ligne les photos de la Croatie, du Montenegro, de la Grèce et de la France. Mieux vaut tard que jamais.

Ciao

mardi 16 juin 2009

DOUBLE REGARD : Premiers pas au Maroc OU "I'm not a cash machine"

Aujourd’hui, nous vous proposons la première parution ludique sur nos blogues. Le DOUBLE REGARD. Le concept est fort simple. Nous nous sommes mis d’accord, JP et moi, sur un événement commun à décrire. Chacun à notre façon, nous racontons la même anecdote. Votre plaisir : voir la scène sous deux points de vue et la lire sous deux styles écritures différents. N’oubliez donc pas d’aller aussi jeter un œil sur le blogue de JP au jpenafrique.blogspot.com . Alors on commence. Nous avons décidé cette fois-ci de vous résumer notre journée du 13 juin.

-------
Tout commence à Meknès. Depuis les quelques jours que nous avons passés en terre marocaine, nous avons déjà constaté l’aspect insistant de certains enquiquineurs touristiques. En gros, si tu es blanc, tout le monde essaie de t’arnaquer, tout le temps. Pas de grosses arnaques, mais des petites piqûres de maringouins incessantes. Vous allez comprendre. Nous, c’est à Meknès qu’on saisit la grandeur du truc.

Après avoir réglé comment on va se rendre à Chefchaouen le lendemain, on décide de sauter dans un taxi pour aller visiter les greniers de Moulay Ismaïl, un immense bâtiment où s’entassaient un stock impressionnant de marchandises et des écuries qui, dit-on, pouvaient contenir 12 000 bêtes.

Arnaque #1 : Bien sûr, le chauffeur se garde de nous aviser que l’accès au site est fermé pour plusieurs mois pour cause de rénovations. Sur le côté du bâtiment où le taxi nous laisse, un ouvrier en bottes de caoutchouc nous montre le chemin de « l’entrée ».

On se rend vite compte qu’il nous promène bien plus lui-même dans les chambres que de nous conduire à l’entrée. Et l’endroit est étrangement désert. C’est louche. JP et moi cherchons un moyen de se sortir de cette situation d’arnaque #2, et dans ces cas, croyez-moi qu’un simple « Merci, on va se débrouiller seul » n’est pas suffisant pour les faire décoller. Soudain, on voit des gens au loin. On se dirige par là. Le « guide » n’a d’autre choix que de suivre, mais il se met étrangement à coller les murs. Il esquive les coins et finalement se cache dans un angle alors que l’on marche à découvert vers ces gardiens qui nous disent que c’est fermé, qu’on n’à rien à faire ici. (Yes!) « C’est un homme qui nous a emmené ici. » « Où il est? » « Il se cache là » (maudits stools que nous faisons). Le « guide » se fait « remercier ». Les gardiens nous raccompagnent vers la sortie. Tentative d’arnaque #3 de la part du gardien : « Il va falloir laisser quelque chose pour celui qui vous a emmené ici. » Le gardien essaie de se graisser la patte. Et c’est toujours accompagné du « Vous êtes canadiens? Nous on aime les canadiens. » (Si, sur la terre, n’y avait plus de connards qui se laissaient attendrir par toutes ces techniques de séduction, peut-être que ça cesserait et maudit qu’on serait bien!) On essaie de casser le pattern de séduction du mieux qu’on peut. On ne réagit pas à la tentative de graissage de patte; le gardien ne revient pas à la charge. (J’imagine déjà ma Raymonde sortir son portefeuille pour payer le « guide » au gardien en demandant un gros « combien je dois laisser? » avec ça!)

***

INTERMEDE (version Sam): Pour se reposer de ces émotions et du 42 degrés qu’il fait dehors, dans la chambre, JP et moi fermons à presque totalité les volets et on s’étend côte à côte, dans le lit. Petits becs, mon bras sous sa tête, on jase. Tout à coup, JP saute du lit. « Tabarnak Sam, il y a quelqu’un qui nous regarde par la fenêtre. » En effet, dans une improbable ouverture dans le coin d’une fenêtre barricadée dans l’édifice d’en face, une paire d’yeux s’est glissée. Un raclement de gorge a attiré le regard de JP vers cette ouverture. On s’empresse de fermer les volets complètement. Jamais on aurait pu penser que la petite fente que nous avions laissée pour faire un courant d’air aurait pu laisser un regard indiscret s’immiscer. C’est le commencement d’une série de délires. « La police va arriver et nous arrêter pour atteinte au civisme. » « Vite, trouve le numéro du consulat canadien au cas où. » « Ils vont venir nous mettre à la porte de l’hôtel. » « On va se faire battre dans la rue! »

Pour votre information , le Maroc est un pays où l’homosexualisé est passible d’emprisonnement ou d’une amende salée. Bien sûr, cette loi est certainement plus restrictive envers les Marocains qu’envers les touristes, mais nous ne prendrons pas de chance d’aller vérifier. Nous sommes habituellement la discrétion même ce qui explique cet élan de paranoïa pour cet événement si insolite.

***

INTERMEDE (version JP qui est un peu gêné de mettre en ligne cette portion de texte sur son blogue consulté par des gens respectables): Repos bien mérité, on s'étend dans le lit volets fermés, ou presque... Couchés sur le bras de Sam, tout ce qui a de plus décent, j'entends un "hum hum" de l'extérieur. Curieux, je cherche du regard la seule fenêtre visible en diagonal par le pouce d'ouverture de nos volets. TERREUR!!! A travers le 20% de la fenêtre non occupé par des plantes ou un rideau, un regard scrupuleux fixe fixément bien le mien sans le détourner!!! Article 489: tout rapport avec une personne de même sexe entraîne un emprisonnement de 6 à 12 mois ou 1200 Dh d'amende (1700$). Je vais prendre l'amende si possible... On n'a presque plus bougé pendant de longues minutes où nous attendions la police à notre porte. Qu'est-ce qu'un Marocain ne ferait pas pour se faire de l'argent!!

***
(Retour à la version de Sam)
Mais ce n’est que l’intermède! La soirée continue! Après que JP aie commandé un sandwich au thon casher parce qu’il trouvait que le mot « casher » sonnait exotique, après qu’il m’ait dit « Ça goûte comme du thon normal, c’est quoi la différence? », je lui apprends qu’il vient tout simplement de payer le double du prix pour manger un thon « bénit par un prêtre ». Oups!

Arnaque #4 : On achète des fruits dans la rue. 1/4 de kilo de bananes à 10 dirhams/kg et 1/4 de kilo de cerises à 16 dirhams/kg. Comptons ça comme on veut, ça fait plus ou moins 6,50-7 dirhams. Sans trop calculer sur le coup on paie 11 dirhams! Il faut tout vérifier partout.

On retourne à l’hôtel en se disant qu’il ne peut au moins rien nous arriver pendant notre sommeil. Faux! À 6h30 du matin, on est réveillés par un drôle de bruit... et de l’eau qui nous asperge. Le tuyau du lavabo vient de péter! JP se jette sur le tuyau avec une couverture de laine alors que j’enfile quelque chose de mon mieux et que je cours avertir le gars à la réception qui coupera l’eau et profitera du fait qu’on est déjà réveillés pour réparer le tout sur le champ. Une job de plomberie à 6h30. Gentil réveil. Le pire, c’est qu’on nous refusera évidement de nous dédommager monétairement pour le dérangement. « Je peux pas, mon ami. C’est pas ma faute! Est-ce que je suis le tuyau? » (Ça me rappelle ce jeune garçon qui était avec Émilie au musée et pour qui il était inconcevable que le mauvais tir qu’il avait fait au jeu des boules soit de son ressort. « Yo madame! C’est quoi c’gazon? ») Dorénavant, le mot d’ordre : payer à la fin du séjour! C’était l’arnaque #5 et je vous épargne les autres détails sur la salubrité de l’hôtel.

On « fuit » (la pognez vous?) la ville en taxi. Mais encore là on tente de nous arnaquer avec un compteur qui part à 2,10 plutôt que 1,40. « C’est à cause des bagages, monsieur. 10 centimes par kilo. »  « On n’a jamais payé pour ça. Les bagages, c’est sur les bus qu’on paie, pas sur les taxis. » Puis, on réalise que le prix monte de 30 centimes à la fois plutôt que de 20 centimes. Le crosseur de chauffeur essaie de nous faire payer au tarif de nuit en pleine matinée! Toujours tout vérifier! C’est épuisant! Et on doit toujours s’obstiner! Comment ne pas devenir paranoïaque? On s’obstine un peu avec le chauffeur. Finalement, « Oui, oui, tu vas payer le tarif normal, t’inquiète pas. » T’inquiète pas, t’inquiète pas! Si on ne s’était pas inquiétés, on aurait payé 9 dirhams de compteur plutôt que les 6 qu’il finit par nous demander et les 5 que ça aurait vraiment dû nous coûter.

Le pire, c’est que quand on relativise 9 dirhams, c’est juste 1 dollar et 15 cents. Comment se plaindre sur des prix qu’on sait aussi bas? Il le faut constamment pourtant, puisqu’on est bien au courant que les locaux paient encore beaucoup moins cher. Au Maroc, il ne suffit donc pas que tu sentes le prix proposé comme très bas, il faut que tu le sentes comme fichtrement ridiculement bas!

Au moins, à Meknès, on aura découvert le jus d’amandes - un délice -, on aura visité l’intérieur d’une mosquée, ce qui n’est possible qu’extrêmement rarement et on aura aiguisé notre sens de la suspicion.

Heureusement pour nous, toutes nos journées ne sont pas aussi foisonnantes en anecdotes. Depuis cette histoire, nous avons bougé sur Chefchaouen, une ville dans les montagnes très agréable. Notre hôtel y est très très confortable pour le 14 dollars que nous payons à deux pour une nuit et, hormis les nombreux vendeurs de haschich - principale culture dans la région - qu’on doit constamment remercier d’un « Oui, oui on est canadiens... Non merci mon ami, on n’a besoin de rien... Non merci mon ami, on ne fume pas... Allez, bonne journée mon ami... Bonne journée là... Non merci mon ami... Bonne journée! », donc hormis eux, les gens sont très très sympathiques.

On pense souvent à vous. J’espère toujours vous amuser autant avec mes messages.

Es-Slama

vendredi 12 juin 2009

Le parfum de la Provence; La frénésie du Maroc

Eh oui, les retrouvailles sont derrière nous et il y a déjà plus d'une semaine que j'ai retrouvé Jean-Philippe. Vous m'excuserez de ne pas donner des nouvelles régulièrement. Les choses s'enchâinent si vite ici. Pour avoir de nos nouvelles, il ne faut pas oublier d'aller voir sur le blogue de JP aussi. Parfois, il écrit sans que j'en fasse de meme.

Aussi, je ne veux pas répéter ce qu'il a déjà écrit. Je me contenterai de vous parler brièvement de notre escapade en Provence. C'est un JP sous le choc de replonger dans le monde occidentalisé que j'ai retrouvé à l'aéroport de Marseille. Un JP amaigri aussi (tout comme moi d'ailleurs), mais toujours plus joli. Lui, me cherchais des yeux avec une pointe d'inquiétude. Quand il m'a vu, lumière dans ses yeux. On s'est serrés en silence et versé quelques lqrmes de joie en se disant de courtes phrases de réjouissances d'une voix fragile et tremblottante.

C'est un JP émerveillé que j'ai vu se prélasser dans une calanque sur l'archipel du frioul alors que nous étions si seuls que nous aurions meme pu nous baigner complètement nus. (l'avons-nous seulement fait ?...?)

C'est un JP sous le choc que j'ai vu reprendre connexion avec un monde occidentalisé ou les rapports à l'autre sont asceptisés et ou le culte de l'apparence et de l'avoir se ressent partout.

C'est un JP amusé que j'ai entendu chanter "SUS le pont d'avignon" à la manière du vieux francais, alors que nous marchions devant le mythique batiment en question.

C'est un JP un peu sauvage qur j'ai découvert dans cette auberge de jeunesse alors que nous n'avions pas du tout envie de socialiser avec les autres, tous les deux dans notre bulle, avec notre fromage à 2 euros et notre bouteille de vin à 3 euros.

Et c'est finalement un JP bouche-bée que j'ai vu alors que nous arrivions dans cette si bucolique et chaleureuse auberge de Fontaine de Vaucluse, ou le temps s'arrete (comme à Natashquan), ou les odeurs de jasmin, de romarin et de thym se fondent dans le vallon rocheux et aride dans lequel nous avons marché si longuement. Nous en sommes arrivés à cette conclusion : La provence, c'est d'abbord l'auberge de Fontaine de Vaucluse.

Et nous voici maintenant dans le monde arabe. Le Maroc. De ce que nous avons vu depuis 2 jours, la frénésie est partout, le touriste est la pièce de viande et le prix gonflé est chose courante. Pour ma part, je trouve ça moins pire qu'en Egypte. Au moins, l'affichage se fait aussi en français et les gens sont somme toute moins insistants. Le vol ne semble pas plus problématique que les autres pays que j'ai traversés. Les précautions usuelles feront l'affaire. On se conditionne tranquillement à devoir négocier tout ce qu'on achète. Mais nous sommes réjouis du bas prix des choses et nous profitions de la gastronomie de rue. Jus de canne à sucre, nougat, figues, soupe d'escargots, olives par centaines, coucous, tagines, fruits frais et magnifiques, à des prix dérisoires dans des marchés serrés et compacts, bondés de monde et qui sentent un heureux mélange d'épices, de patisseries et de parfums exotiques.

Continuez de nous écrire de joyeux commentaires, on adore vous lire et avoir de vos nouvelles. Allez voir nos photos! En attendant d'etre réveillés à 5 heures du matin par la voix du chanteur de la mosquée qui résonne dans toute la ville par des hauts-parleurs de mauvaise qualité, je vous dis à la prochaine!

dimanche 31 mai 2009

Chaque question a sa bonne réponse.

Bien le bonjour tout le monde! Me voici pris cette fois-ci pris avec un clavier AZERTY francais... les accents existent, mais sont batards à faire... je ne garantis pas qu'ils soient tous là. De plus à certains moments, le Q peut se substituer au A, le W au Z et le M au ?...

Depuis la dernière parution, bien des choses se sont passées. D'abord la double traversée de la mer Adriatique du Montenegro à l'Italie du sud (Bari), un après-midi en Italie avant de retraverser vers Patras, Grèce. 21 heures de traversier! La mer était calme et les bateaux spacieux et divertissants. La traversée s'est en gros très bien déroulée en compagnie de backpackers américains qui ont insisté pour qu'on fasse des "drinking games" toute la nuit. Ca me semble culturel aux anglos-saxons: boire une petite biere tranquille en jasant et écoutant de la musique, ce n'est pas assez. Il faut plus de divertissement et il faut boire plus, le plus vite possible! Alors ils sortent un paquet de cartes et inventent des jeux débiles ou la punition est immanquablement une grogée d'alcool de plus. Moi je trouve ça ordinaire. Ca te fais pas boire relax, mais stressé et plus personne ne se parle que du jeu.

Mon escapade de quelques heures en sol italien m'a rendu nostalgique du pays. Depuis ma dernière visite dans ce pays, je ne comprend pas ce qui s'est tant transformé en moi ou dans quel creux de mon cerveau je suis allé chercher tout ca, mais je me suis surpris à etre capable de ne me débrouiller qu'en italien pour demander mon chemin, commander des trucs, et meme parler avec une vieille dame sur le coin d'une rue! La puissance du mental m'a rattrapé. Il m'en faudrait certainement peu pour devenir trilingue. Là j'exagère un peu, n'empeche que ma débrouillardise polyglotte m'a étonnée tout le long du voyage.

Puis ce fut quelques jours à Athènes, ville mythique, ville poussiéreuse, ville cuisante, ville vivante. Le petit bijou d'auberge ou je suis resté avait un espace commun magnifique ou a chaque soir, une petite soirée de socialisation s'improvisait. Entre les ruines et les petites rues qui entourent l'acropole; j'ai aussi fait une escapade d'une journée dans une ile non loin de là. Et j'ai surtout profité de la Tsatsiki, des Spanacopitas et des Gyros!

En Croatie, lorsque je suis sorti du traversier qui m'amenait à Dubrovnik, le manège du magasinage de la chambre privée a commencé. Toute les offres plus centrales, plus abordable et plus confortables les une que les autres. Finalement, apres quelques changements d'idée qui n'ont pas manquer de faire raler les propriétaires que j'abandonnais pour un meilleur, mon choix s'arrete, on embarque dqns l'auto et on s'en va a la chambre. C'est dans cette voiture que je fais la rencontre de deux Français en voyage qui habitent Paris; Emmanuel et Stéphanie. En l'espace de 5 petites minutes de route, les présentations semblent assez faites à leurs yeux pour me proposer de venir dormir chez eux pendant mon court séjour à Paris. Donc, sorti de l'avion EasyJet Athènes-Paris Orly, c'est tout droit vers le 15e arrondissement que je me dirige!

Durant ces deux jours, j'y serai reçu comme un roi! En plus d'avoir un lit gratuit, Emmanuel et Stéphanie font office de guides privés et je découvre Paris de l'intérieur. Après une première soirée bien arrosée au Picon-bière (je vous expliquerai...), un peu gueule de bois le lendemain, on part en expédition. A pied, en bus, en métro (bien sur, on insiste pour m'offrir les billets gratuitement), ou sur ces petits vélos public qu'on récupère et qu'on abandonne dans ces aires de distribution qui truffent la ville (vivement l'agrandissement de ce système chez nous!). Je ne peux vous dire tout ce qu'on voit, de toute façon ici, partout ou tes yeux s'arretent, il y a un mémoire de maitrise à rédiger, mais je peux tout de meme dire a mes fidèles lecteurs du musée Stewart que j'ai maintenant suffisamment d'informations pour planter la célèbre phrase de notre cher directeur, M.Vadeboncoeur qui, nous faisant visiter cette nouvelle exposition, a répondu face une tapisserie de haute-lisse des Gobelins à la question d'un guide: "M.Vadeboncoeur, c'est quoi au juste de la haute-lisse" "... ben de la haute-lisse... c'est de la haute-lisse!". Après avoir vu des chefs-d'oeuvre de tapisseries à l'atelier des Gobelins, je pourrai maintenant démystifier cette question. A suivre en personne.

Me voici a Marseille pour mes dernières heures en solitaire avant de retrouver mon petit amour! Je ne peux vous dire a quel point je suis excité. J'ai tout de meme bien profité des mes journées avec Julie, une copine marseillaise dans une veillée barbecue à 10 personnes dans les calanques du sud, gros party; et un après-midi escalade sur les falaises des calanques du nord.

Les histoires de nos retrouvailles dans une autre parution. Pour l'instant, les réponses à vos questions.
----
HABITUDES ALIMENTAIRES
Pour sauver de l'argent, évidement cuisiner ses propres choses est important. Mon sac à dos contient donc souvent un sac de pates toujours pretes a etre ébouillantées, des biscuits secs pour les fringales, du pain noir comme le diable et bourratif comme un repas de jour de l'an, pommes ou oranges, et un pot de Nutella, aussi bon pour tartiner sur le pain le matin que pour un boost d'énergie en milieu de journée. Sinon, selon les régions et les trucs disponibles, les menus peuvent varier. Thon, tomates, paprika, tsatsiki, sauce bolognaise, formages, patés, saucices et salamis, viandes froides de toute sortes, yogourt à boire...

Dans les pays au nord, ils mangent beaucoup de viande. En Slovaquie, j'ai gouté les Halushki, des petis gnochis servis avec du fromage de brebis. Délicieux. Jw rapporte aussi au Québec la recette de Goulash de la famille Bezak, Slovaquie. Le goulash prend plusieurs formes selon les pays, de soupe à bouilli ou ragout selon les régions, il est composé généralement d'une pièce de porce en dés, de patates, d'oignons et de beaucoup, beaucoup de paprika comme c'est leur habitude. Un vrai délice.

Dans le plus étrange, j'ai gouté en Lithuanie l'équivalent de notre bouffe de taverne, genre oeufs dans le vinaigre et langue de porc. Ici, ils mangent les oreilles de porcs et les groins de porcs fumés avec la bière. Surprenant. Plus une expérience qu'un délice, ceux que croquer un cartilage rebute doivent oublier ça.

Plus au sud, les poissons prennent plus de place et ils sont soit apprêtés grillés tout entier sur un feu de bois ou alors en bouillis, ou alors en filet. Les calmars, poulpes et seiches sont aussi très prisées et très bien apprêtées. J'ai aussi eu le plaisir de goûter au Montenegro un bouillis... d'ortie! Oui oui cette plante urticaire qu'on traite comme de la mauvaise herbe chez nous est ici utilisée en cuisine et considérée comme un des légumes les meilleurs pour la santé. On est un peu à côté de la track.

Les expériences culinaires ne sont pas finie, il y aura encore beaucoup à dire au Maghreb.

FRONTIÈRES
Jusqu'à maintenant, j'ai traversé les frontières ukrainiennes, lithuaniennes, croates et montenégrines. Vous connaissez déjà mon aventure entre la Pologne et l'Ukraine. En général cependant tout se passe très vite et très bien avec mon passeport canadien quoiqu'il est vrai que les douanier s'arrêtent un peu plus longtemps pour tenter de remettre de l'ordre dans tous ces tampons datés et éparpillés et comprendre l'itinéraire hors-schengen, in-schengen que j'ai suivi.

Une seule mésaventure au sortir de la Croatie pour le Montenegro. Notre bus s'arrête et il est clair dans le visage de la douanière qu'elle doit remplir son quota. Ici le quota, c'est deux personnes dans l'autobus qui devront ouvrir leur sac en entier. Elle garde mon passeport canadien avec elle avec ce petit air de «tiens un canadien, pourquoi pas, ça va faire changement». Moi et un autre français devons donc descendre de l'autobus et aller chercher nos sacs au fin fond de la soute a bagages de l'autobus. Mais pas de danger que les chauffeurs nous aident à sortir les sacs qui ne nous appartiennent pas et à les remettre en place une fois nos sacs trouvés. Tout l'autobus nous regarde, les deux malchanceux, suer comme des mongols à trimballer des sacs qui ne sont même pas les nôtre. Et ensuite, c'est la fouille complète du sac, et quand je dis complète, c'est complète.

Défaire les paires bas pour s'assurer qu'il n'y a pas de drogue de caché. Ouvrir chaque tube de dentifrice et de shampoing du kit de toilette, fouiller chaque enveloppe de papier contenant cartes postales souvenirs ou notes de voyage, etc. Il faut voir la tête du douanier quand il ouvre ce petit pot de plastique blanc remplit de feuilles séchées de thé du labrador cueillies par moi et JP l'été dernier sur la Côte-Nord et que j'avais cru bon amener avec moi pour faire gouter a ceux que je rencontrais. Petites feuilles vertes reniflées et examinées par le douanier. Moi qui dit tout sûr de moi «This is tea.». Il faut aussi voir sa tête quand il ouvre le compartiment à médicaments de mon kit de toilette et qu'il tombe sur des Benadryl pour les allergies. Je lui dit «This is Benadryl, for allergies.» il me regarde «No this is not», je dis «Yes it's Benadryl» et il me montre les pilules où il est inscrit «Enadryl», sans le B. Je dois dire que j'achète des marques générique, mais comment expliquer à un douanier croate qui sait même pas c'est quoi un Benadryl que «Enadryl» c'est surement le nom pour une marque générique. Comment on dit ça une marque générique en anglais... Ah pis fuck «Yes this is what I said Enadryl» «...» «...» Je ne me suis jamais senti aussi coupable d'avoir le rhume des foins.

Au sortir du schengen, tout peut arriver, dépendamment de quel pays tu veux entrer dans le territoire et les relations politique qu'entretiennent le pays hôte avec ledit pays voisin. À l'intérieur du Schengen, aucun problème, jamais. C'est un charme!

GUERRE DANS LE QUOTIDIEN
Oui les résidus de la guerre est encore partout ici, surtout en ex-Yougloslavie ou le conflit est tout jeune, en 1992, nous étions tous là, à peu près. Mais les gens ne parlent pas de la guerre ouvertement ou automatiquement, il faut leur poser des questions. Et quand on leur explique qu'on s'intéresse à leur réponse pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé et pourquoi s'en est arrivé là, ils n'arrivent pas à comprendre notre intérêt curieux. Eux ont vécu la guerre ou ont entendu parler de la guerre et vivent presque tous encore dans une société influencée par les relents des guerres, pour eux la guerre, c'est terrible et c'est tout. Ce n'est ni une curiosité et ça ne s'explique pas. Ou si ça s'explique, il n'y voient aucun intéret pusiqu'ils ont été trop proche de la souffrance concrète de la guerre.

On voit des gens décus, puisque conscients du retard qu'ils ont accumulé durant ces années de conflits par rapport au reste des pays occidentaux. Des gens blessés, mais surtout des gens qui veulent oublier qui veulent vivre dans le présent et qui veulent qu'on les reconnaissent pour ce qu'ils sont aujourd'hui.

LE PETIT JÉSUS DE PARGUE
Jamais entendu parler. Si j'avais sû avant, je me serais fait un plaisir de courir à travers Prague en Sherlock Holmes pour trouver une fois de plus réponse à une énigme historique proposée par Mamie!

ENFANTS
L'enfance est partout pareille. Les plus jeunes attendrissants et toujours avec cette même vivacité universelle. À comprendre qu'au départ, sans référents culturels, on est instinctivement vraiment tous les mêmes, d'un bout à l'autre de la planète.

Quelques expériences où de jeunes enfants mandient, la pitié dans le regard, mais la ruse d'un travail bien maitrisé mais bien ingrat derrière la pupille.

Joueurs, rieurs et taquins, les enfants sont partout les mêmes. En pays désormais pacifiques les histoires des jeux de guerre influencés par le quotidien ou d'enfants-soldats n'existent plus. Que des enfants qui grandissent en assimilant les schèmes de leur société respective.

LE VOYAGE ME CHANGE
Bien sûr. Je le sens. Mon caractère se renforce, ma débrouillardise s'intensifie, mais surtout à voyager en solitaire, on apprend à se connaître sous des facette mal connues de notre personnalité. On est seul avec nous-même, ici plus possible de se mentir à soi-même ou prétendre être quelqu'un d'autre. Les vrais consats sur ce que ce voyage m'a apporté se manifesteront à mon retour, dans ma façon de réintégrer ma vie plus quotidienne. Pour l'instant, je ne vois que moi qui voyage. Mais je sens que j'ai bougé de l'intérieur sans vraiment pouvoir mettre des mots ou des images pour l'instant.

LE VOYAGE EN UN MOT
J'ai le mot, mais ne sait à quel temps le mettre. Je mets les deux.
RENCONTRE au singulier : Pour la grande rencontre avec l'inconnu, moi même et une partie de la terre.
RENCONTRES au pluriel : Pour toute l'hospitalité dont j'ai profité, les amitiés-minutes que j'ai partagées et les gens authentiques que je souhaiterais revoir ne serait-ce qu'une fois dans me vie, de tout mon coeur.

Et comme j'écris ce mot, deux autres me viennent en tête.. Et puis je triche.. je suis incapable de sélectionner l'un plus que l'autre. De toute façon c'est une liaison covalente, l'un ne va pas sans l'autre.
ÉCHANGE et GÉNÉROSITÉ
--------
Voilà. demain je retrouve JP. Une page va bientôt se tourner. Mon voyage est à un carrefour. J'emprunte maintenant un nouveau sentier. J'espère que vous continuerez de le suivre avec moi... avec nous.

À la revoyure.

mardi 19 mai 2009

La semaine bleue

Bonjour tout le monde.

Aujourd'hui, c'est un clavier anglais qui se presente a moi, alors aucun accent dans la missive. Je vous remercie d'ailleurs de faire fi de ces accents pas toujours presents ou parfois un peu difformes. Vous aurez aussi devine qu'il ne m'est pas toujours possible de me relire, donc excusez-moi pour le coquilles et les redondances.

Ceci dit, belle semaine que je viens de passer! J'ai debute a Split Crotaie, jolie ville deja, mais rien compare a Hvar (hhh-var), une ile croate absoluement emballante. Ensuite, ce fut la magnifique ville fortifiee de Dubrovnik et j'ai traverse au Montenegro ou je passe trois jours sur Kotor. J'ai meme reussi a vous trouver un theme cette semaine. Le bleu! Alors allons-y pour les nouvelles bleues!

BLEU CIEL
Partout sur la cote de la mer Adriatique, le ciel est bleu toute la journee, le soleil est chaud comme lors de nos plus grandes canicules de juillet et on n'est qu'en mai! Mon corps de nordique a de la misere a s'y faire. Je me demeande ce que ce sera en plein mois de juillet au beau milieu de la Tunisie!!! On traversera le pont quand on y sera rendu... N'ayez pas peur, je me protege toujours avec de la creme, je dois meme en avoir l'air freak, parce que ca ne semble pas trop a la mode par ici.

A chaque jour ou presque donc, ce soleil si chaud en journee evapore tellement d'eau de la mer qu'il couvre miraculeusement le ciel vers 17h pour nous donner un repit et parfois meme faire tomber quelques gouttes de pluie liberatrice. Ici, les jours sont deja tres longs, le soleil se leve a 6h et se couche vers 20h.

BATEAU BLEU
Toutes les villes qui longent la cote ont leur petit port. Et icim on trouve de tout genre de bateau, des petites chaloupes de pecheurs avec un moteur deux temps a l'arriere jusqu'au gros traversiers de la Jadrolinija (ya-dro-lin-ya), la compagnie croate des traverses. Mais evidement les plus beaux, ce sont les gros voiliers qui s'en vont majestueusement et qui me font toujours penser a Mario (il faut vraiment s'organiser pour aller faire de la voile en famille cet ete) et ces luxueux bateau a moteurs de reve qui me font toujours penser a ma belle-mere, Louise. (Cet ete, on vient vous voir au lac Champlain, Loulou)

BLEU LAVANDE
Sur Hvar, il y a de majestueux sentiers le long de la cote qui m'ont fait beaucoup penser aux magnifiques calanques de Marseille qu'on a explorees Marjorie et moi, il y a 4 ans de cela. Et partout aux alentours des escarpements de calcaire poussent de la lavande, du romarin et une fleur jaune qui sent le jasmin a s'y meprendre. L'air salin est bon, le temps n'a pas la meme densite tout est lent.

Je m'arrete dans une baie pour me baigner un peu et m'etendre au soleil. Je repars. Je bois scrupuleusement de petites grogees d'eau que la poche d'hydratation cachee au creux de mon sac me fournit. Et je bifurque dans les terres pour arriver dans un paysage qui ressemble aux collines de Marcel Pagnol. Et au bout du sentier, la recompense; un village abandonne il y a de cela plusieurs annees qui se tient enconre sous le soleil cuisant. Un vrai village avec des disaines et des disaines de maisons aux toits et aux planchers defonces, un boulanger ou on peut encore tourner la vieille meule du moulin, une citerne d'eau de pluie abandonnee, des rues que la nature se reapproprie et la petite eglise sur la colline encore scrupuleusement fermee a clef et preservee. On ne dadine pas avec dieu.

Voila mon escapade au pays qui sent la lavande!

LES YEUX BLEUS
Je parle des miens qui me rendent bien des services. J'explique. Depuis la Slovenie, je ne suis pas souvent reste dans des auberges de jeunesse. Il s'avere plus economique et beaucoup plus interessant de se trouver une SOBE, une chambre privee chez l'habitant. Et ce n'est pas bien difficile, au sortir du traversier ou de l'autobus, ils sont la comme des mouches a te proposer leur maison. On a l'embarras du choix et si c'est trop cher, on va voir l'autre a cote et c'est souvent suffisant pour faire baisser les prix de maniere importante. On se retrouve avec une chambre privee et on experimente la vie des locaux qui, pour la plupart, ne parlent pas un mot d'anglais.

C'est ici que mes aptitudes de mimes, mes 10 mots serbes, quelques mot italiens et sutout mes jolis yeux sympathiques et inofensifs sont a meme de seduire les vieilles dames qui m'accueuillent chez elles et m'attirent toutes sortes de faveurs, allant des becs a pincettes comme Madame coucou jusqu'a un souper traditionnel gratuit, ou un RESET au lavage a la machine. Les rencontres que j'ai faites dans ces residences sont innoubliable et tres precieuses et prouvent bien que quand deux personnes veulent communiquer, elles trouvent toujours un moyen d'y parvenir. Je pourrais vous raconter le passe de ces dames sans aucun probleme. Le temps pour parvenir a se comprendre est plus long, mais le resultat est surprenant!

UN GARCON, CA S'HABILLE EN BLEU
Parlant de faveurs, sur Hvar, la propretaire de la sobe ou je restait m'a gentiement offert de faire ma lessive dans sa machine et de me l'etendre pendant que je visitais la ville fantome. Seul probleme, je crois qu'elle a lave mes trucs avec de l'eau bouillante! Il va sans dire qu'en voyage on separe pas le pale des couleurs, on met tout ce qu'on peut dans la machine, on lave a l'eau froide et on n'a pas de problemes. Vous devinez ce qui s'est passe, a mon retour, je me suis retrouve, devant la corde a linge, face a une nouvelle garde-robe toute assortie en bleu! Je sais pas quel morceau a deteint, mais je peux vous dire que je n'ai plus de piece blanche dans mon sac, que des pieces bleu-pale! Heureusement, mon t-shirt vert ne faisait pas partie de la brassee. Je ne m'imagine pas la couleur qu'il aurait aujourd'hui. Donc, c'est pas complique... "Qu'est-ce que je mets aujourd'hui.. Pourquoi pas du bleu!"

INTERLUDE ROUGE
Rouge comme la fusee eclairante solitaire que les habitants de Hvar allument en ma derniere nuit sur l'ile. Rouge comme tout ces visages de villageois qui regardent, tristes, la lueur de la piece pyrotechnique. Hier un garcon de 22 ans est mort subitement d'une crise cardiaque. L'ile est en deuil. Tout s'est arrete. Toute l'ile s'est donne rendez-vous au port et dans les embrasures des portes. Tous regardent, silencieux et attirstes, la procession de ces disaines de chanteurs qui recitent des chants religieux serbes et qui allument des lampions devant l'eglise de la place publique. Un drame insulaire.

Si touchant que j'en ai moi-meme pleure. Le lendemain, quand je partirai de l'ile, tout le village sera encore sous le choc de la procession de la veille; chaque habitant endeuille pour ce garcon que tous connaissent de tres pres.

BLEU COMME LA MER
Dans les pays que j'ai vus, le transport est tres different. Alors que dans le nord, les autobus sont plus efficaces et meilleur marche que les trains, en Slovenie, c'est tout le contraire et le train coute trois fois rien compare a l'autobus. Et ici, dans ces pays cotiers, il est plus economique de se deplacer par la mer que par la terre. Ainsi, la solution la plus avantageuse se trouve souvent a etre le traversier. C'est ainsi que je relie Hvar a Dubrovnik. C'est aussi de cette maniere que je relierai dans 2 jours le Montenegro avec l'Italie, puis l'Italie avec la Grece.

Vous rappelez-vous du Questron quand on etait petits. C'etait une sorte de crayon electronique avec des cahiers d'activites et en selectionnant la bonne reponse parmi les images dans les chaiers, le questron allumait une lumiere verte ou rouge... Oui.. Non... De toute facon, le seul lien que je veux faire avec le Questron, c'est que j'avais un cahier d'activites sur les moyens de transports qui s'appelait AUTO BATEAU TRAIN AVION. Eh bien, avec la semaine de bateau presente, j'ai fait le tour des moyens de transports proposes par le questron.

BLEU COMME LA COUVERTURE DE MON LIVRE DE CHEVET
Decidement, je suis bien tombe pendant ce voyage. Alors que je visitais le nord, j'avais un livre sur la Seconde Guerre Mondiale dont je vous ai deja parle et maintenant que je vis dans le monde des bateaux et des iles rocheuses, je lis le Comte de Monte-Cristo avec ses iles, ses bateaux et ses pays cotiers. Lecture ideale que je savoure a petites doses!

La semaine a ete parfaite et mon temps passe dans des chambres privee m'a aide a reprendre de la bonne energie. Meme si le soleil tape, je suis en pleine forme!

EN GUISE DE CONSLUSION
La prochaine fois que je vous ecrierai, je serai certainement a Athenes et comme la plupart m'ont deja un peu entendu parler de cette ville comme j'y suis deja alle (et aussi pour stimuler l'aspect interactif du blogue), je vous propose quelque chose.

Je vous invite donc, comme vous le faites toujours, a laisser un commentaire sous ce message, mais je vous porpose aussi d'assouvir votre curiosite en me posant des questions sur un aspect ou un autre de mon voyage. Un retour sur une ville en particulier, sur une experience que vous voulez plus detaillee, un rapport sur les plus beau peuples d'Europe de l'est, un eclaircissement sur la vie quotidienne du voyageur, sur les moeurs etrangeres... donnez-vous en a coeur joie. J'en ai deja une a laquelle de devrai repondre qui vient de papa et que je n'ai pas oublie: Qu'est-ce que je mange habituellement. Sinon innondez-moi de vos interrogations. Je vais essayer de repondre a chacune d'entre elles, mais s'il y en a trop, je ferai une selection.

Alors, allez-y. J'attends vos question pour la prochaine parution! Je compte sur vous.

Hvala lepa (hhh-wa-la "lait"-pa), Merci beaucoup
Ciao

mardi 12 mai 2009

Vive les retours d'impots!

Dobar dan!

Ici, d'un pays a l'autre, les mots de base se ressemblent, mais ont toutes de petites particularitées. Ca devient difficile de faire de petits changements et de savoir lequel employer.

J'en suis donc a vous raconter ma semaine en Slovénie, le petit oublié de l'Europe qui mérite une grande place pour l'avenir. La Slovénie, comme le dit si bien Isabelle, est un pays magnifique et tres petit. Pouvez-vous vous imaginer que l'ile de Montréal soit un pays? Eh bien c'est presque ca par ici puisque les Slovéniens ne sont que 2 millions dans leur pays et la capitale, Ljubljana (lou-bi-ana) ne compte de 300 000 tetes!!! Ca fait un pays concentré ou TOUT est a moins de 4 heures de route.ž

Et on en a a voir dans ce pays! La fin des Alpes italiennes au nord ouest, 15km de cote le long de la mer Adriatique au sud ouest, la suite des belles collines autrichiennes a l'est. "The hills are alive with the sound of music!"

Dans le train qui me transportait de Vienne a Ljubljana, je frencontre deux étudiants locaux qui vont faire la fete pour la soirée en ville. Ils ne sont pas les seuls. Tous les étudiants du pays se sont donnés rendez-vous pour assister a un concert monstre qui durera toute la nuit. Un genre de fete de la st-jean en plus petit et pour les communautés étudiantes. Bien sur, j'ai été de la partie, malgré le fait que j'ai besoin de plus en plus de dormir de bonnes longues nuits si je veux bien enchainer la journée suivante. Ce fut une soirée parfaite ou j'ai rencontré des gens géniaux et ou j'ai entendu de la belle musique patriotique slovene!

La journée suivante, j'ai marché dans la PETITE ville. On fait le tour du centre en 30 minutes maximum. Alors, je suis monté sur la colline du chateau et la, j'ai eu une vision d'horreur. Je m'adresse ici a tous les guides du musée Stewart. J'ai vu droit devant moi le projet de rénovation de Guy Vadeboncoeur accompli. Une horreur! La chateau est a moitié reconstruit avec des matériaux actuels et c'est une horreur! Le mélange vieux-neuf ca a pas marché ici et j'espere que ca va mieux marcher au musée Stewart, mais j'en doute... Ceci dit le reste de mon apres-midi s'est déroulé sur la colline ou j'ai trouvé un petit sous bois tranquille pour lire et piquer une sieste. J'etais tellement caché et isolé que j'ai meme été témoin du pipi düne randonneuse qui se croyait seule dans les environs... je n'ai pas osé me lever et manifester ma présence de peur qu'elle se pisse dessus, prise par la surprise.

Mais le meilleur restait a venir, alors que je me dirrigeais vers Bovec (bo-vè-ts), petit village au coeur des Alpes, entouré de glaciers et ceinturé d'une riviere qui dépasse toute la beauté du monde, la Soča (so-tcha). La région est idéale pour pratiquer tous les sports possibles. Ski, parapente, planeur, spéléologie, rafting, kayak de riviere, etc. La riviere était trop invitante, je me suis laissé tenter par le rafting dans les eaux froides et cristalines de la riviere. Je n'ai jamais vu une riviere aussi turquoise et lumineuse, comme si l'eau était illuminée du fond par une lampe solaire de couleur émeraude.

J'aimais tellement l'endroit, que j'ai passé un autre jour dans le village. Pour cette deuxieme journée, j'étais intéressé par une activité appelée canyoning. Le prix était cependant plus élevé que je ne l'avais immaginé. C'est a ce moment que j'ai entendu la voix de mamie dans ma tete me dire que j'étais certainement la une seule fois dans ma vie et que l'argebnt ne devait certainement pas m'empecher de faire quelque chose que j'avais envie de faire. J'y suis donc allé faire du canyoning. Et sans aucun remords.

Voici en quoi ca consiste. On te conduit dans une vallée entre deux montagnes et on te donne casque, combinaison aquatique et harnais d'escalade. Apres 45 minutes de marche vers le haut de la montagne, au pied d'un glacier hivernal qui crache son eau de fonte dans le canyon, on redescend, mais en suivant la riviere. Quand il y a des dénivelleations, on saute dans le vide, dans les bassins naturels creusés par l'eau fraichement fondue. Quand l'eau suit de pente douce, on se laisse glisser comme aux glissades d'eau avant de tomber a nouveau dans un bassin. Et finalement, quand les chutes d'eau font plus de 7 metres (15 ou 50 metres!!!) on s'attache au harnais d'escalade et on se laisse descendre a 90 degrés, a reculons, sous la chute d'eau qui nous asperge avec une pression monumentale. Un sport extreme, bien encadré que je referais n'importe quand!

Surtout, il faut retourner en Solvénie!

Le lendemain, je suis encore plus fier d'avoir payé pour le canyoning alors que j'apprends que j'ai un substanciel retour d'impots et que je suis tout heureux de constater en effet que le solde de mon compte de banque est remonté légerement. Toujours suivre ses intuitions.

Parlant d'intuitions, mon voyage en ces terres s'acheve tres vite et j'étais tres nerveux puisque pour rejoindre Athene, je ne voyais que deux solutions possibles qui allaient m'épuiser un peu. 1: Rejoindre la Grece par l'ouest en enlignant Sarajevo, Belgrade, Sofia et Tessaloniki. Beaucoup de distances, peu de temps, faire mon japonais, ca ne me tentais pas vraiemnt (J'ai rencontré un japonais qui était en vacances pour une semaine et qui voulait relier Istambul et Dublin!!! Je ne les comprendrai jamais, quand tu n'as qu'une semaine tu te concentres sur un zone bonyenne!). 2: Descendre la cote adriatique au Montenegro et en Albanie avant de rejoindre la Grece. Mais avec aucune connexions internationales disponible en Albanie, les correspondances s'annoncaient épicées. Je dois vous avouer que je deviens un peu pantoufflard. Je ne veux pas m'épuiser dans un sprint inhumain. Mais demeurait ce probleme qu'il me fallait rejoindre Athenes. Et la Grece se trouve moins accessible qu'il n'y parrait. J'ai finalement fait mon choix de pantoufflard : le bateau. C'est ainsi que je relierai l'ex-Yougoslavie a la Grece. Ainsi, la prochaine semaine se passe sur la cote croate, dans les iles, jusqu'au Montenegro ou je prendrai un traversier vers l'Italie. Sitot arrivé, j'en prendrai un second qui me menera en Grece. deux nuits sur l'eau m'épuiseront certes un peu, mais ensuite, j'aurai quelques jours pour récupérer a Athenes, le timing est donc parfait.

C'est donc ainsi que ce terminera cette portion du périple. Je ne manquerai pas de vous décrire les odeurs de mer et la douce chaleur des cotes balkanes dans un prochain message.

Il y a maintenant plein de nouvelle photos a voir. Pologne, Ukraine, Lithuanie, Slovénie et un autre que j'ai nommé "des affiches qui ont de la gueule", petite compilation de l'amusant affichage qu'on croise dans les pays de langue et de moeurs différentes.

Je vous dis a la prochaine

dimanche 3 mai 2009

Prise 2

Ce dimanche, je commence en m'excusant pour le message précédent qui n'avait ni queue ni tete et qui avait l'air garoché. Je vous explique de suite le pourquoi du comment et ensuite je reviendrai sur les parties que j'ai escamotées mercredi dernier.

GÉRER LE DÉPLACEMENT

Lorsque j'ai composé le dernier message, j'étais en Lithuanie, tout le monde s'en souviendra. Par contre, ce jour là, je n'étais pas complètement présent d'esprit puisque j'avais des décisions importantes à prendre. Comme vous savez, avec un petit mois restant pour mon exploration de l'Europe de l'est, le temps de trancher vient rapidement. Et ceux qui suivent mon périple sur une mappemonde seront à meme de constater que la Lithuanie, c'est un peu loin de la Grèce d'ou je dois m'envoler le 28 mai pour la France.

Lorsque je vous ai écrit la dernière fois, je venais de passer 3 heures sur internet à trouver les possibilités pour me rapprocher de ma destination finale. Concillier désir personnel, dates, distance et argent s'est avéré très pénible, d'où mon message un peu botché.

Je vous dresse le tableau de ce qui se déreoulait dans ma tete lorsque j'écrivais.

Deux choix s'offraient à moi.
1- Continuer de monter au Nord, à Riga en Lettonie, à Thallin en Estonie et prendre le traversier pour Helsinki en Finlande d'ou un vol à 300 dollars pouvait me ramener mi-mai en Croatie pour le 12 mai. Intéressant, mais un peu cher et, de la Croatie, c'est un peu serré pour rejoindre Athènes.
2- S'en tenir à la Lettonie et prendre un bus qui me ramène un peu plus tot vers le sud et qui me donne encore du jeu pour visiter quelques un des pays qui me sépare encore d'Athènes. Solution moins chère et plus sécurisante.

Deux compagnies de Bus font la connexion internationale avec la Lithuanie: Écolines et Eurolines (Écolines étant la compagnie offrant les tarifs les plus avantageux "ah, ben oui! Le nom le dit..."). Sur le web, Écolines affiche une connexion Vilnius-Budapest à 90 euros tous les mardis. Je vais au bureau de la compagnie pour réserver une place pour retourner à Budapest le mardi 5 mai. J'ai du jeu pour me reposer à Vilnius et encore bien du temps pour descendre vers la Grèce. Pour une raison que j'ignore (en fait la raison c'est que c'était juste pour que j'aie quelque chose à raconter) le bus ne passe exceptionnellement pas le 5 mai. La vraie raison, la dame bete comme ses pieds est incapable de me l'expliquer. Le prochain départ est le mardi suivant, le 12 mai. Panique!

Panique, mais pas panique hystérique quand meme. Il reste Eurolines de l'autre coté de la rue. La jeune fille pas plus sympathique m'explique qu'ils offrent une connexion Vilnius-Vienne à 60 euros tous les samedis. Parfait. Alors, je partirai ce samedi le 2 mai vers Vienne, moins de temps en Lithuanie, mais je n'en aurai que plus pour profiter des plages de la Croatie!

"One ticket for this saturday, please" La fille pitonne avec une lenteur interminable et une indescriptible exaspération de m'avoir dans sa face. Il faut savoir que j'embellis un peu les choses parce que, en vérité, je suis retourné trois fois au comptoir en 5 minutes pour avoir des précisions qui m'aidaient à faire le meilleur choix. Appelons ca le yoyo. Vous savez quand vous vous faites servir quelque part et vous avez l'impression d'oublier de poser une question importante; vous ne voyez vraiment pas ce que ca pourrait etre; vous dites merci; commencez à marcher; puis au coin de la rue, la question vous saute aux yeux. Et c'est toujours une information basique et cruciale qu'on oublie. "Ben là je peux pas retourner la voir maintenant, je vais avoir l'air d'un maudit teteux!" Ben votre petit Sam il a vraiemnt eu l'air teteux lorsqu'il s'est repointé la quatrième fois pour demander finalement le billet pour-la-destination-que-tu-dois-savoir-laquelle-à-force-de-me-voir-la-face.

"I'm sorry, the bus is full. The next one is ont the 9th." L'autobus complet. PANIQUE HYSTÉRIQUE "You're not serious?" "Yes. I'm sorry." Je vais pas etre pogné ici une semaine complète pour attendre un stupide autobus! "Not only one place?" "No. I'm sorry." "The bus is completely full?" "Yes. I'm sorry." Elle me regarde avec des yeux de criss-moé-ton-camp. Je colle là parce que c'est mon dernier recours. "Do some people cancel at the last minute sometimes?" "Not usually. I'm sorry." Je la sens se refermer comme une huitre. Je tente une dernière manoeuvre. "Don't you have any other connexion with some other southern countries?" "No. I'm sorry". "Do some other companies travel to a southern destination?" "I don't know. I'm sory". Je me prends la tete à deux mains. Coincé une semaine en Lithuanie... ou payer un avion hors de prix. Voilà à quoi j'en suis réduit. J'esquisse un "Thank You" pas convaincant du tout et sors dehors.

Que pensez-vous qu'il se passe une fois que je suis au coin de la rue? Le yoyo! Dans ma tete, ca fait ni une ni deux. Je suis venu à Vilnius avec un Eurolines Varsovie-Vilnius qui déssert quotidiennement les deux villes. Dernier recours, retourner à Varsovie pour trouver une connexion de là bas. La pologne doit forcément etre mieux désservie que les pays blates pour ce qui est des connexions avec l'Autriche ou la Hongrie. Je me dis que je ne peux pas faire le yoyo une cinquième fois. En plus je suis à bout de nerfs et déprimé, je devrais aller dormir et m'occuper de ca demain. Ah pis non! T'es là, là. Règle donc ca maintenant. On s'en fout de la fille tu le reverras jamais.

Je retourne une cinquième fois voir ma meilleure amie que je trouve franchement niaiseuse de ne pas m'avoir proposé la connexion avec Varsovie plus tot. Mais je la trouve plus niaiseuse encore quand elle m'explique que la connexion dont je parle n'est pas desservie par sa compagnie. Eurolines n'est pas une compagnie à part entière. C'est une communauté de grossistes qui gèrent leur propres destinations sous une bannière commune. Depuis tout à l'heure je fais affaire avec Eurolines-Baltic, mais juste à coté dans le terminus d'autobus, il y a les bureaux de Eurolines-Toks qui désservent Varsovie. Pas de danger qu'elle m'ait redirigé vers eux plus tot, maudtie niaiseuse!

Ni une ni deux, je traverse vers Euroline-Toks qui, à mon grand étonnement proposent une connexion Vilnius-Vienne les samedi, comme Eurolines-Baltic, mais pour un peu plus cher 91 euros. Pas le temps de faire le yoyo "One ticket for this saturday, please"! Je saute de joie à l'intérieur lorsqu'elle me demande mon passeport pour l'enregistrement. Aurais-je une place? Je m'en assure en lui soulevant que c'est bizarre que de l'autre coté de la rue on m'ait dit que tout était plein pour cette date. Elle m'explique qu'un seul autobus fait le trajet, mais que chaque compagnie réserve un nombre de siège qu'elle offre à la vente sous sa banière spécifique. Pas de danger que ma niaiseuse de l'autre bord de la rue me renvoie chez le concurrent par exemple. Elle aime bien meux voire ma face déconfite. Je me dis que c'est peut-etre sa seuls source d'excitation dans sa vie de voire des face panniquées de voyageur désespérés... La femme de Toks m'ajoute que cette fois-ci c'est vrai, elle me vend vraiment le dernier billet. Un peu plus cher, mais vous vous doutez bien que je m'en fous à ce moment là. Et le "thank you" pas convainquant du tout a laissé sa place au plus honnete des "ačiū". (C'est le "merci" en Lithuanien et ca se prononce "Atchou". Je suis incapable de le dire sans avoir le sourire au coin de la bouche. C'est trop absurde de dire ATCHOU à quelqu'un qui te remet ton change à l'épicerie!)

Le lecon de l'histoire: ne jamais hésiter à faire le yoyo des dizaines de fois si vous croyez que ca peut jouer en votre faveur. Ma belle-maman, Louise est excellente dans cette technique et je viens ici de l'expérimenter pour mon plus grand bonheur. Allez mes teteux, faites vos teteux!

PIS QUOI APRÈS AUSCHWITZ?

Après Auschwitz, donc, je suis parti pour l'Ukraine. Ce fut le pays le plus dépaysant depuis le début de mon voyage. L'alphabet cyrillique y est pour quelque chose. Meme les lettres que l'on connait n'ont généralement pas le meme son. POur ce qui est des lettre qu'on ne connait pas... Je vous laisse taper "alphabet cyrillique" sur google et on en reparlera.

L'Ukraine est un pays très pauvre. Lviv (L'veuv) est une ville très poussiéreuse qui regorge d'activités quotidiennes qui nous donnent l'impression d'etre au beau milieu de la semi-désorganisation d'une ville sud-américaine. Il y a un marché d'artisans où on trouve de tout ce qui est magnifique pour trois fois rien. Bonne chance pour trouver quelqu'un qui parle anglais ici. Les signes corporels et les quelques mots appris sur le tar sont les seuls moyens de communiquer ou de demander son chemin. Ainsi, demander où se trouve l'autobus qui nous ramènera à la frontière se résume à ces quelques mots dits sur un ton interrogatif "Kordon? Medyka? Polska?" (Frontière? Medika? [nom de la ville frontalière] Pologne?)

Et j'espère que vous faites confiance au chauffeur parce qu'il conduit sur des routes de campagne truffés de nids de poules, double par la voie qui va en sens inverse et ne te dis pas quand tu es rendu. Heureusement que j'ai rencontré un groupe de jeunes voyageure polonais qui peuvent se faire comprendre dans cette partie occidentale de l'Ukraine. Et pour traverser la frontière de l'union europénne (L'Ukraine ne fait pas partie de l'union europénne, mais la Pologne oui, vous vous rappelez cette vieille histoire de l'espace de Schengen?) c'est encor pire. On dirait une distribution de ration de nourriture. Tout le monde est entassé dans deux files d'attentes parallèles, mais la loi du premier arrivé, premier servi serait trop simple. Je n'ai toujours pas compris le principe et l'anglais aproximatif de mes compagnons de traverse polonais ne m'a pas aidé sur ce point, mais en gros, je crois que si tu es étudiant ou en groupe ou détenteur d'un passeport européen, tu passes plus vite.

À toutes les dix minutes, un gardien vient vers les files d'attentes. À ce moment, tout le monde se met à tendre son passeport en l'air en hurlant sa nationalité, son statut, son état d'esprit, le temps qu'il attendu jusqu'à maintenant et tout autre argument qui serait sensible de convaincre le gardien de les laisser passer. Le processus est lent. Les douaniers fouillent toutes les valises. Après une heure d'attente sans succès, sans rien vraiment comprendre ce que mes compagnons polonais se disent, je comprends que ces derniers, impatientés par l'attente et inquiets de rater l'unique train de la journée vers Varsovie, trament un coup de persuasion et que j'en suis la pièce maitresse. Une fille du groupe polonais me dis dans un anglais aproximatif "You. Just follow him. Always." ... Le gardien arrive. Mes polonais se mettent à crier par dessus la foule. En gros ca devait surement aller comme suit "SVP, on est des étudiants. On est Polonais. On est avec un touriste canadien. Il va manquer son train." En deux temps trois mouvements, sans trop que j'aie pu comprendre ce qui se passait, un compagnon polonais me prends la main et, en file indienne, notre groupe double tous les vieux ukrainiens qui attendaient depuis bien plus longtemps que nous dans la file. Je me retrouve devant le douanier et me fait donner une belle étampe pour l'effort. Heureusement qu'il y avait ces polonais, sinon je crois que j'attendrais encore à ce jour mon tour pour passer. La fin de l'histoire veut que tout ce beau monde parvienne à prendre le train pour Varsovie la journée meme.

Quant à Warsaw (Var-cha) ou Varsovie en francais, c'est une grande métropole peu invitante pour le touriste. La vieille ville est très petite et se visite en 30 minutes. Le reste de la ville a complètement été détruit par les nazis. La reconstruction de la ville se fait sous le règne socialiste soviétique autour des années 50, 60, 70. C'est donc une ville très moderne ou tout est reconstruit à la sauce soviétique. Ca, ca veut dire beaucoup de rectangles et beaucoup de béton. Bien sur, il y a des exception, comme cette magnifique tour de la culture, un de plus haut batiments d'Europe à ce jour entouré de 4 salles de théatre à sa base et orné de statues magnifiant l'ouvrier musclé et puissant aux cotés de l'artiste visionnaire et créateur. Heureusement, si on n'a pas peur de marcher, il y a aussi de beaux grands parcs dans la ville où il fait bon lire. J'avais justement un livre à finir. Il tombait pile dans les cordes des pays que j'ai faits jusque à maintenant puisque c'est un roman sur le 2e guerre mondiale. Très dur roman ou l'on suit la guerre du point de vue d'un officier allemand avec qui on comprend comment des humain peuvent arriver à tuer par simple obéissance aux ordres suppérieurs. Très dur, mais très bon, savament écrit, prenant. Un petit chef d'oeuvre de littérature sur un sujet pas joyeux du tout. Prix Goncourt 2007, je vous le recommande plus que fortement, LES BIENVEILLANTES de JONATHAN LITTELL.

ÉPELLE-MOI CA

En pologne, on atteint le sommet des sons déformés et il devient difficile de savoir comment prononcer les mots. Un petit exemple. Il y a une ville polonaise qui s'appelle Łódź. Oui oui. L barré / O accent aigu / D / Z accent aigu. Comment pensez-vous que tout ca se prononce? Peut-etre LODZ comme au patinage artistique "Triple Lodz... réussi!" Ce serait trop facile bien sur. Łódź se prononce donc "Wou-dj'". Voilà avec quoi je dois concillier tous les jour par ici...

ET LA LITHUANIE

De la Lithuanie, j'ai vu Vilnius, la capitale, et Traqai (Tra-ké) une joile ville au bord d'un lac aux allures des campagnes laurentiennes melées à des tourbières de la Cote-Nord. Les maison en bois typique sont partout.

Comme je vous disais, j'ai habité chez Romain, un francais qui travaille là bas et que j'ai rencontré à Budapest. Cette année, Vilnius est la capitale culturelle européenne - Romain travaille d'ailleurs pour les comms de l'évènement. Ce qui fait que la ville se réveillant d'un long hiver a des allures des petite Montréal truffée de vernissages, de musique et d'art. J'ai retrouvé là le tempérament de nous, Québécois, quand le printemps arrive. Tout le monde est dehors, prend un bain de soleil et est heureux de vivre. C'est comme ca que j'ai découvert Vilnius. En plus des nombrezx amis francophone de Romain, je fais la connaissance de se colocs dont la plupart sont Lithuaniens. Avec tout ce joli monde, on sort dans les bars, on s'oganise des bouffes, on va écouter de la musique à la journée de la musique de rue et on va à Europos Parkas, un parc créé par un sculpteur Lithuanien en plein milieu d'une foret. On se promène dans les sentiers et à chaque détour de chemin, on appercoit des sculptures de dizaines de sculpteurs renommés dans le monde. C'est un musée à ciel ouvert de plusieurs hectares absolument magnifique. Certaines créations sont intégrées aux arbres, dissimulées dans la nature alors que d'autres jouent sur le contre-point ou d'autre encore sollicitent notre participation, comme cette roue pour souris géante que l'on peut essyer. C'est assez spéciale de se sentir comme une souris...

La Lithuanie aura donc été le pays le plus nordique que j'aurai visité lors de ce voyage puisque me voici, au terme de 21 heures consécutives d'autobus Eurolines (!!!), au coeur de Vienne, point pivot,avant de mettre le cap sur la Slovénie (ne pas confondre avec Slovaquie) et la Croatie. Je passe quelques jours de congé auprès de Marie-Noel, la fille de pont rouge, que je profite pour revoir.

J'essaie de vous poster des photos sous peu. Donnez-moi des nouvelles.

Iki (à bientot en Lithuanien)