Courtes correspondances

15 juillet : Foudatoui! Me voici de retour au pays! Merci de m'avoir suivi tout ce temps, Vous avez été une part importante de ma motivation à écrire sur ce blogue, J'ai hâte de vous revoir ne personne!

vendredi 10 juillet 2009

Le monde du silence

Salut parents et amis!

Les mots me manqueront pour parler de la semaine que nous avons passé à Tabarka, dans le nord de la Tunisie, près de la frontière algérienne. En fait, la ville nous a séduits. Tabarka est une petite ville côtière qui conserve une authenticité magnifique. Un pied dans les montagnes, un pied dans l’eau, les rues sont parsemées de poissonneries qui se ravitaillent de poissons succulents à même la Méditerranée qui leur fait face. Les plages de sable fin invitent touristes, mais surtout locaux à la baignade en eau salée. Les quelques hôtels touristiques donnant sur la mer n’arrivent pas à miner l’authenticité de l’accueil des gens quand on se promène dans les rues.

Le matin, une magnifique scène se met en place au café du coin où l’on sert le thé à la menthe, le café et la chicha (tabac aromatisé fumé dans une pipe à eau). Après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du lever du soleil - le chaud soleil se levant sur l’est - la rue perpendiculaire à la mer se remplit de petites tables à café sur lesquelles les habitants boivent et fument. L’après-midi, après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du zénith, le café a magiquement changé de direction pour suivre l’ombre projetée du bâtiment au sol et c’est la rue parallèle qui se retrouve bondée de petites tables rondes et de chaises occupées par les passants en manque de repos. Ici, on ne va pas cuire au soleil toute la journée comme les stupides touristes font. De tout façon, leur coloration de peau est à rendre jaloux. Ici, on cherche les points d’ombre dès que c’est possible. Mais une nouvelle transformation est à attendre après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du coucher de soleil. Dans la fraîcheur relative du soir, toute la ville s’active et ce sont les deux coins de rues qui se remplissent d’hommes qui ont bien mérité une chicha de repos et un brin de socialisation avec les amis autour d’une partie de cartes traditionnelles ou italiennes ou encore avec une poignée de dominos à la main. Voilà le train de vie au café du coin.

La ville est remplie de ces petites merveilles du quotidien. Au restaurant, sur une autre petite rue, on commande un ojja aux crevettes, une sorte de ragoût tomaté épicé. Pas de problème, le serveur marche un coin de rue vers la poissonnerie du coin pour nous acheter directement les crevettes qui seront servies toutes entières dans notre assiette quelques instants plus tard. De même que la fruiterie sur un autre coin regorge de fruits qui semblent tous aussi sucrés et juteux les uns que les autres. C’est le temps des melons et les grosses pastèques nous font constamment envie. Le seul problème c’est la gestion d’un tel amas de nourriture. Ici, on achète le melon entier uniquement et il coûte trois fois rien, à savoir plus ou moins 2 dollars la pastèque.

Je vous ai déjà donné un bon avant goût des appels à la prière que l’on peut entendre retentir dans toute la ville pendant la journée. Mais sachez que les trois impliquant le soleil sont les moins dérangeantes. Entendre un chant religieux au lever du soleil, à son zénith et à son coucher, ce n’est pas mal. Et même, si on se trouve loin des mosquées, on peut ne pas entendre les chants du tout. Les deux prières manquantes pour compléter les cinq prières quotidiennes d’un bon musulman se font le soir, après que les dernières lueurs soient disparues à l’horizon et avant que les premières lueurs du matin ne percent de l’autre côté. En plein été, le soleil se lève tôt, alors les lueurs arrivent en conséquence. À Tabarka, c’est vers 3h30 du matin que les 2 imams des 2 mosquées annonçaient la première prière de la journée avec deux chants différents chantés en même temps. Une jolie cacophonie qui ne peut faire autrement que nous réveiller et qui durera entre deux et trois minutes. Vous penserez que depuis le temps que nous sommes en terrain islamiste, nous avons eu le temps de nous habituer. C’est vrai. Mais la position peu enviable de notre hôtel à Tabarka a relégué aux oubliettes toute acclimatation possible, à savoir que l’établissement est installé face à la première mosquée de la ville et que la seconde est une rue plus loin à gauche. En gros, les haut-parleurs sont dans ta cour.

Mais toutes ces histoires d’appels à la prière, JP et moi on s’en foutait pas mal, puisque Tabarka nous a simplement retenue dans ses serres. Bravo au père de JP qui a deviné l’allusion faite il y a une semaine sur le blogue de JP, lorsque ce dernier avait déclaré que nous allions découvrir le monde du silence de Tabarka. Et nous l’avons tant exploré ce monde du silence que JP et moi avons appris à communiquer par signes et que nous avons maintenant un diplôme qui atteste notre expérience en la matière. Vous devinez? Pour la fin de notre voyage, nous nous sommes payé un trip formidable en obtenant le premier niveau international de plongée sous-marine. Une nouvelle piqure! Au départ, évidement, c’est seulement l’idée de plonger 2 ou 3 trois fois qui nous a attirés au club nautique municipal. Mais après le baptême de plongée. La discipline nous a tant séduite que nous avons considéré rester un peu plus longtemps à Tabarka que prévu et accumuler les plongées nécessaires à l’obtention du premier niveau de compétence. Après dix plongées étalées sur 6 jours, nous sommes donc désormais aptes à plonger jusqu'à 25 mètres de profondeur accompagné d’un guide.

Mais tout ça, ce n’est que la technique. Rien d’important. L’important c’est la beauté des récifs que nous avons eu la chance de voir à Tabarka. C’est la diversité étonnante des espèces que nous avons pu identifier. C’est l’incomparable sensation de flotter, presque voler dans un monde complètement nouveau. C’est le plaisir de la rigueur du sport, où le cabotinage n’est pas de mise, où la confiance est la clef de la discipline et où les sérieuses précautions excitent le sens du risque. C’est nager à travers des bancs de poissons multicolores qui s’approchent sans gêne à quelques centimètres de toi. C’est la satisfaction d’améliorer sa dextérité au fil des plongées. C’est l’émerveillement de découvrir un univers inconnu que l’on n’imagine pas si riche lorsqu’on regarde l’eau de la surface. C’est le plaisir de plonger dans le monde du silence. C’est une passion que l’on a attrapée.

En plus, l’équipe du club nautique municipal a été d’une immense gentillesse. Au fil des jours, on a vraiment senti qu’on faisait partie de la grande famille des plongeurs de Tabarka. En plus du sentiment sous l’eau, le sentiment d’attachement que nous avons ressenti pour tous ceux que nous avons côtoyés durant cette semaine complète la main.

Nous avons quitté Tabarka pour aller rejoindre Beya, l’amie de JP, une Tunisienne qui a immigré avec son mari et ses trois enfants au Canada et qui nous a invités chez elle pour ses vacances en terre d’origine. Toute la famille est extrêmement gentille et nous sommes reçus comme des rois! Quel plaisir de plonger dans l’univers d’une vraie famille tunisienne au quotidien. C’est une rare opportunité d’expérimenter l’échange interculturel. Si toutes les familles québécoises étaient jumelées à une famille immigrante pour échanger à propos des cultures respectives, bien des choses se mettraient en place d’elles-mêmes. C’est utopique, mais c’est à viser. Mettre un visage sur les gens d’une autre culture, c’est la première étape pour les considérer égaux à soi, comme des êtres humains et pas comme une image virtuelle improbable et stéréotypée.

Ceci est certainement mon dernier message avant mon retour. Ce voyage en aura été un de découvertes sur l’Autre. Je reviens enrichi d’expériences inoubliables, mais avant tout plus conscient des réalités que peuvent contenir notre monde. Part-on pour mieux apprendre à revenir? Peut-être. Je le crois. Si on doit revenir, c’est obligatoirement plus alerte, plus ouvert et plus conscientisé. J’espère que ce blogue vous aura aidé à suivre mes aventures. Je suis persuadé que c’est le meilleur outil pour vous faire un portrait général de mon voyage. Au retour, on n’arrive jamais à résumer un si grand voyage avec les bons mots. J’espère que ce blogue aura l’avantage de devenir un tour d’horizon qui vous aidera à arriver avec des questions encore plus précises, pour que nous puissions aller ensemble plus loin que la seule description de voyage du style carte postale.

Mon retour est toujours prévu pour le 14 juillet. J’ai bien hâte de vous revoir. Pour la dernière parution, je vous dis

Tchüs (ALM-AUT)
Vislad (HON)
Dobri den (SLK)
Dober den (CZ)
Dien dobre (POL)
Dovidenia (UK)
Iki (LIT)
Dober Dan (SLO)
Dobar Dan (CRO-MON)
Calimera (GRE)
Bes-slema (MAR-TUN)

En français, « Bonjour » ou « Au revoir » dans quelques autres pays du monde

jeudi 2 juillet 2009

La finale marocaine

Enfin, je trouve le temps de mettre mon blogue à jour. C’est vrai que les endroits se sont enfilés depuis ma dernière parution, pourtant nous sommes contents d’avoir respecté notre rythme de croisière. Avec des escales de trois nuits à chaque endroit que nous avons fait, nous avons pris le temps d’apprécier la personnalité de chaque ville et nous avons bien rechargé nos batteries!

Je vous quittais aux portes du désert; je vous conduis maintenant en bus local (vous lirez sur les bus locaux dans le message précédent) jusqu’à Ouarzazate. (Appel à tous. Je cherche désespérément le titre de ce classique littéraire dans lequel le personnage principal a un chien qu’il nomme Ouarzazate.) Déjà - comme on vous disait - au sud, les gens sont moins pot-de-colle et plus aimables. Ouarzazate est une ville bien relax où l’on se prélasse sur des terrasses de restaurants à la cuisine pas très goûteuse malheureusement (tout semble plus fade après avoir expérimenté les festins d’Itrane Sahara, notre auberge perdue dans le désert). On trouve un bar qui sert de l’alcool! Yé! On passe deux jolies nuits à siroter une bière et fumer une chicha. La dernière nuit, sur la terrasse arrière du bar, on relaxe au dessus du toit vert de la pergola composée de feuilles de vigne mêlées à de grandes feuilles de palmiers qui pendent partout au dessus de nos yeux. Soudain, un coup de vent se lève. Mais quelque chose dans notre tête nous dit que c’est très anormal d’avoir un coup de vent aussi brusque et aussi localisé, à savoir qu’une seule feuille de palmier à 3 mètres de nous se secoue bruyamment. « Ouin y’a du vent! » commente JP. En effet, mais on sent qu’on vise à côté. Je tente de percer la noirceur puis je m’élance : « Esti, JP, c’est un paon!!! » En effet un immense paon accroché à la pergola se balance la queue dans le vide à 3 mètres de nous. Vous imaginez le choc… Les paons chez nous, ils sont dans les fermes de Pâques de centres d’achats, pas sur les terrasses des bars! Le reste de la soirée s’est déroulée à parler de l’anecdote entre nous et à observer le paon en espérant le revoir bouger. Espoir déçu.

À Ouarzazate, nous avons aussi visité les studios de cinéma Atlas. La région a accueilli plusieurs grandes productions cinématographiques. Mais là vous vous dites : « Sam, j’en ai pas vu moi des films qui se passent au Maroc » Je vous dis : « À chaque fois qu’on pense désert, et village traditionnel à saveur arabe, on doit penser aux paysages et au cheap-labour sud-marocain. » Serez-vous vraiment surpris d’apprendre que des films comme Lawrence Darabie, Kondun, La Momie 1, La Momie 2, Babel, Gladiateur, Alexandre, Kingdom of Heaven, Astérix et Obélix mission Cléopâtre et plusieurs autres ont tourné sur un rayon de quelques kilomètres autour de Ouarzazate? Il y a plein de beautés naturelles ici : des dunes de sable, du désert rocheux, des oasis, des palmeraies, des villages et des kasbahs préservées de la civilisation et qui conservent leurs matériaux de construction traditionnels, à savoir la terre des environs mélangée à de la paille pour seul revêtement extérieur et souvent intérieur aussi. Si on a besoin d’une foule d’Arabes dans le plan on a aussi l’embarras du choix; tous les Marocains et Berbères de la région font des pieds et des mains pour recevoir une paye de figurant. Tu veux 1000 figurants sur ton plateau demain, il s’en présente 4000. Pour en revenir au décor, quand dans la nature on ne trouve pas ce qu’on veut, on va aux studios Atlas et on construit son propre décor en papier mâché (ou plutôt en toile plâtrée) en plein milieu du désert. C’est là que JP et moi nous remémorons les scènes d’Astérix et Obélix mission Cléopâtre en parcourant les décors du palais royal, de la maison toute croche de Numérobis ou de la chambre royale de Clépoâtre. Mais le plus impressionnant de tout, c’est le décor construit pour 35 minutes du film Kingdom of Heaven et qui a pris un an de construction. Un GIGANTESQUE château, détaillé de l’extérieur et de l’intérieur, en plein milieu du désert. Il faut frapper les murs pour comprendre que tout est faux. C’est beau avoir de l’argent pour faire ses films hein? En tout cas, la région cherche constamment à bénéficier de la venue d’une production cinématographique de plus. Il est du coup d’autant plus étonnant d’observer que l’unique salle de cinéma d’Ouarzazate est fermée depuis belle lurette. Ici, les cinémas se font aussi rares que les débits de boisson (ou la marde de Pape), les deux (les trois?!?...) étant condamnés par l’islam. Selon la religion, il n’y a que Dieu qui a le privilège de la création humaine. Toute reproduction figurative de l’être humain par l’Homme est donc proscrite. Vous vous rappelez cette controverse autour de la caricature du prophète Mahomet? C’est ce qui explique que l’art décoratif arabe a pris une place très importante; stucs, céramiques, mosaïques, gravures aux motifs floraux et géométriques répétitifs rendraient fous les plus savants des mathématiciens en géométrie. Comment font-ils pour connecter à l’infini des motifs géométriques aussi complexes?

Nous avons ensuite fêté notre St-Jean à Aït Ben Haddou. C’est un joli petit village où l’on peut visiter une très vieille kasbah qui n’est pas encore datée mais qui daterait selon certains des premiers siècles après J-C. C’est fascinant de voir ces maisons faites de terre se fondre avec la couleur du sol local. La pluie érodant les parois peu à peu constamment, les villageois s’affèrent sans relâche à ajouter de la terre sur leur édifice lorsque la température est clémente. C’est aussi à Aït Ben Haddou que nous attrapons ce sentiment étrange d’être à l’autre bout du monde, dans un trou, mais toujours dans le monde et moins loin qu’on pense. Eh oui. Vous aurez peut-être deviné. C’est là bas que les villageois nous informent un après-midi que notre ami Michael est mort. Comble de hasard, je parlais de lui à JP quelques heures avant d’apprendre la nouvelle : « Ils sont drôles tes cousins Philippe et Olivier. Te rappelles-tu l’été passé le tripp qu’ils avaient à chanter du Michael Jackson à tue-tête? » Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’on parle de Michael Jackson! Nos sujets de discussions bifurquent immanquablement sur cette nouvelle pour le reste de la journée. Nous ne sommes pas fâchés d’être loin de l’univers médiatique pour les semaines à venir, on va peut-être esquiver la période où on ne parlera que de ça... Si vous voulez mon avis sur la nouvelle, maintenant qu’il est mort en icône, on va oublier toutes les conneries qu’il a faites de son vivant. Sa mort subite l’aura en quelque sorte… blanchi!!! Ha! (Y avais-tu pensé à celle-là, Michel?)

Sur la route qui nous mène à Marrakech, on traverse le sinueux Haut-Atlas où les paysages sont littéralement à couper le souffle. (JP prend 42 photos de la fenêtre du bus.) La route en lacets monte vers les sommets (le plus haut de la route à 2660 mètres), avant de redescendre vers les vallées. La hauteur, l’étroitesse de la route et l’escarpement des flancs laisse présager une mort très rapide si notre autobus venait à manquer de freins. Mais le paysage est si incroyable qu’on finit par se dire « Inch Allah », si Dieu le veut, et on tourne nos yeux vers les sommets de 3000 mètres où il reste encore quelques rubans de neige gênée. Pour le diner, l’autobus s’arrête dans un village de montagnards où le seul truc à manger, on va le chercher au comptoir du boucher, qui le donne au restaurateur d’à côté, qui le grille sur le charbon, qui te l’apporte à la table. Ce jour là, chez le boucher on a droit au mouton ou à la chèvre. J’hésite parce que notre œil de citadin occidental ne nous a pas habitués à reconnaître les animaux qu’on mange à l’allure de leur tête coupée, laissée par terre devant le comptoir, par preuve de fraîcheur très certainement. Pour être fraîche, elle est fraîche la viande. Et elle est rouge comme un animal qui a brouté dans les montagnes toute sa vie. On est loin de notre viande colorée et préemballée du supermarché. Et je ne vous parle pas du goût, vous seriez tous jaloux. Nous n’avons jamais été aussi heureux d’être carnivores qu’à cet instant! Le demi-kilo de côtelettes que nous avons eu pour 6 dollars est tendre, goûteux et juteux. Pas de sauce artificielle, pas d’épices, rien. Que de la vraie viande grillée au vrai charbon de bois! Un délice!

Nous terminons donc notre séjour au Maroc par un badtrip à Marrakech et sa place Jema El Fna, une immense trappe à touristes, où on te met de force des serpents sur l’épaule et des singes sur la tête, où on insiste pour que tu prennes une photo, où si tu ne prends pas la maudite photo ils ne t’enlèvent pas les maudites bébites, et où ils te demandent par après de l’argent pour la photo que tu viens de prendre! La place Jema El Fna où le défi est d’avoir un « eye contact » avec quelqu’un sans qu’il te suive pour les 20 prochaines secondes, une place où le plaisir réside dans ta capacité à ignorer les appels des alentours. En quelque langue que ce soit, faites en sorte que ça aie l’air de ne pas être la vôtre. Vraiment, l’amour du Maroc, on l’attrape dans les petites villes et en voyant les paysages époustouflants et si diversifiés, parce que le Maroc des grandes villes est à vomir de rabatteurs qui rendent le séjour tendu.

C’est avec une grande joie qu’on rejoint Casablanca, une ville si peu touristique qu’on peut y marcher pendant des heures sans se faire rabattre une seule fois! Ça fait du bien. On va voir la troisième plus grande mosquée du monde après la Mecque et on goûte à l’ambiance festive des dimanches soirs sur la plage de la ville. Le lendemain, envol pour la Tunisie!

Et nous y voici, dans ce pays qui nous semble si doux par rapport à celui qu’on a quitté. Personne ne nous aborde dans les rues de Tunis. Tout le monde nous souhaite la bienvenue avec un désintérêt monétaire étonnant. Les taxis ne tentent pas de nous avoir et mettent systématiquement le compteur. La dame à la librairie est aussi charmante et attentionnée que le policier au coin de la rue. (Elle va même jusqu’à nous dédicacer le livre de cuisine tunisienne qu’elle nous conseille d’acheter pour qu’on pense à elle chaque fois qu’on l’utilise) (Quand au policier, il prend une minute complète de son temps pour nous indiquer très précisément comment rejoindre l’office de tourisme avec une amabilité qui nous donne envie de dire « Foutez-moi tous les employés du métro de Montréal à la porte, pis remplacez-moi ça par des immigrants tunisiens! »). Non, vraiment, ne pas mettre les « arabes » dans le même panier. Encore moins les Maghrébins!

Afrique ou Europe, les réalités des peuples sont complexes et expliquer toutes nos observations par écrit s’avère impossible. Les impressions divertissantes et parfois choquantes ou déstabilisantes que nous partageons avec vous dans ces chroniques n’a malheureusement pas le réel pouvoir de vous donner l’heure juste pour vous faire un véritable jugement sur les communautés dont on parle. Nous y parvenons à peine nous-mêmes après avoir sillonné une partie des pays concernés. Il vous sera plus enrichissant encore de nous entendre, à notre retour, nuancer les expériences que nous avons vécues par des observations subséquentes ou par un changement d’angle d’approche.

Nous sommes maintenant sur le bord de la mer méditerranée, à Tabarka. Nous prenons les choses tranquillement en attendant que nos corps arrêtent de se prendre pour des usines à gaz naturel. Vous avez deviné; petits troubles des boyaux. Ne me dites pas que ce sont nos côtelettes d’agneau, je ne le croirais pas! Ici le sceau de fraîcheur, c’est la tête coupée!

Le temps file vite. On se revoit bientôt. La date d’atterrissage : le 14 juillet, fête des Français, vol AT-206 de Royal Air Maroc au départ de Casablanca, arrivée à YUL-Montréal-PET à 18h35. S’il vous vient l’envie de suivre l’évolution de notre vol sur le web, je vous conseille d’aller lire le message publié en début mars sur ce même blogue, message intitulé « Suivre un petit avion sur le web... ». Allez pas dire que je vous ai pas avertis!

Ça se peut qu’on prenne du temps à traverser la douane; JP a 2 bagages de 22,9 kg (la limite étant 2 de 23kg) de produits africains potentiellement pleins de méchantes bebites pour les pauvres petits Canadiens qui répandent sans scrupule leur grippe porcine jusqu’au Maroc (nouvelle lue dans un journal marocain : 5 nouveau cas dont 3 ayant voyagé au Canada).

Demain, nous commençons une série de nouvelles avetures qui vous rendront encore plus envieux. Suprise pour la prochaine fois. JP, sur son blogue, donne un indice. C'est suffisant.

Je vous dis à très bientôt.