Salut parents et amis!
Les mots me manqueront pour parler de la semaine que nous avons passé à Tabarka, dans le nord de la Tunisie, près de la frontière algérienne. En fait, la ville nous a séduits. Tabarka est une petite ville côtière qui conserve une authenticité magnifique. Un pied dans les montagnes, un pied dans l’eau, les rues sont parsemées de poissonneries qui se ravitaillent de poissons succulents à même la Méditerranée qui leur fait face. Les plages de sable fin invitent touristes, mais surtout locaux à la baignade en eau salée. Les quelques hôtels touristiques donnant sur la mer n’arrivent pas à miner l’authenticité de l’accueil des gens quand on se promène dans les rues.
Le matin, une magnifique scène se met en place au café du coin où l’on sert le thé à la menthe, le café et la chicha (tabac aromatisé fumé dans une pipe à eau). Après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du lever du soleil - le chaud soleil se levant sur l’est - la rue perpendiculaire à la mer se remplit de petites tables à café sur lesquelles les habitants boivent et fument. L’après-midi, après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du zénith, le café a magiquement changé de direction pour suivre l’ombre projetée du bâtiment au sol et c’est la rue parallèle qui se retrouve bondée de petites tables rondes et de chaises occupées par les passants en manque de repos. Ici, on ne va pas cuire au soleil toute la journée comme les stupides touristes font. De tout façon, leur coloration de peau est à rendre jaloux. Ici, on cherche les points d’ombre dès que c’est possible. Mais une nouvelle transformation est à attendre après le chant de l’imam au minaret de la mosquée invitant à la prière du coucher de soleil. Dans la fraîcheur relative du soir, toute la ville s’active et ce sont les deux coins de rues qui se remplissent d’hommes qui ont bien mérité une chicha de repos et un brin de socialisation avec les amis autour d’une partie de cartes traditionnelles ou italiennes ou encore avec une poignée de dominos à la main. Voilà le train de vie au café du coin.
La ville est remplie de ces petites merveilles du quotidien. Au restaurant, sur une autre petite rue, on commande un ojja aux crevettes, une sorte de ragoût tomaté épicé. Pas de problème, le serveur marche un coin de rue vers la poissonnerie du coin pour nous acheter directement les crevettes qui seront servies toutes entières dans notre assiette quelques instants plus tard. De même que la fruiterie sur un autre coin regorge de fruits qui semblent tous aussi sucrés et juteux les uns que les autres. C’est le temps des melons et les grosses pastèques nous font constamment envie. Le seul problème c’est la gestion d’un tel amas de nourriture. Ici, on achète le melon entier uniquement et il coûte trois fois rien, à savoir plus ou moins 2 dollars la pastèque.
Je vous ai déjà donné un bon avant goût des appels à la prière que l’on peut entendre retentir dans toute la ville pendant la journée. Mais sachez que les trois impliquant le soleil sont les moins dérangeantes. Entendre un chant religieux au lever du soleil, à son zénith et à son coucher, ce n’est pas mal. Et même, si on se trouve loin des mosquées, on peut ne pas entendre les chants du tout. Les deux prières manquantes pour compléter les cinq prières quotidiennes d’un bon musulman se font le soir, après que les dernières lueurs soient disparues à l’horizon et avant que les premières lueurs du matin ne percent de l’autre côté. En plein été, le soleil se lève tôt, alors les lueurs arrivent en conséquence. À Tabarka, c’est vers 3h30 du matin que les 2 imams des 2 mosquées annonçaient la première prière de la journée avec deux chants différents chantés en même temps. Une jolie cacophonie qui ne peut faire autrement que nous réveiller et qui durera entre deux et trois minutes. Vous penserez que depuis le temps que nous sommes en terrain islamiste, nous avons eu le temps de nous habituer. C’est vrai. Mais la position peu enviable de notre hôtel à Tabarka a relégué aux oubliettes toute acclimatation possible, à savoir que l’établissement est installé face à la première mosquée de la ville et que la seconde est une rue plus loin à gauche. En gros, les haut-parleurs sont dans ta cour.
Mais toutes ces histoires d’appels à la prière, JP et moi on s’en foutait pas mal, puisque Tabarka nous a simplement retenue dans ses serres. Bravo au père de JP qui a deviné l’allusion faite il y a une semaine sur le blogue de JP, lorsque ce dernier avait déclaré que nous allions découvrir le monde du silence de Tabarka. Et nous l’avons tant exploré ce monde du silence que JP et moi avons appris à communiquer par signes et que nous avons maintenant un diplôme qui atteste notre expérience en la matière. Vous devinez? Pour la fin de notre voyage, nous nous sommes payé un trip formidable en obtenant le premier niveau international de plongée sous-marine. Une nouvelle piqure! Au départ, évidement, c’est seulement l’idée de plonger 2 ou 3 trois fois qui nous a attirés au club nautique municipal. Mais après le baptême de plongée. La discipline nous a tant séduite que nous avons considéré rester un peu plus longtemps à Tabarka que prévu et accumuler les plongées nécessaires à l’obtention du premier niveau de compétence. Après dix plongées étalées sur 6 jours, nous sommes donc désormais aptes à plonger jusqu'à 25 mètres de profondeur accompagné d’un guide.
Mais tout ça, ce n’est que la technique. Rien d’important. L’important c’est la beauté des récifs que nous avons eu la chance de voir à Tabarka. C’est la diversité étonnante des espèces que nous avons pu identifier. C’est l’incomparable sensation de flotter, presque voler dans un monde complètement nouveau. C’est le plaisir de la rigueur du sport, où le cabotinage n’est pas de mise, où la confiance est la clef de la discipline et où les sérieuses précautions excitent le sens du risque. C’est nager à travers des bancs de poissons multicolores qui s’approchent sans gêne à quelques centimètres de toi. C’est la satisfaction d’améliorer sa dextérité au fil des plongées. C’est l’émerveillement de découvrir un univers inconnu que l’on n’imagine pas si riche lorsqu’on regarde l’eau de la surface. C’est le plaisir de plonger dans le monde du silence. C’est une passion que l’on a attrapée.
En plus, l’équipe du club nautique municipal a été d’une immense gentillesse. Au fil des jours, on a vraiment senti qu’on faisait partie de la grande famille des plongeurs de Tabarka. En plus du sentiment sous l’eau, le sentiment d’attachement que nous avons ressenti pour tous ceux que nous avons côtoyés durant cette semaine complète la main.
Nous avons quitté Tabarka pour aller rejoindre Beya, l’amie de JP, une Tunisienne qui a immigré avec son mari et ses trois enfants au Canada et qui nous a invités chez elle pour ses vacances en terre d’origine. Toute la famille est extrêmement gentille et nous sommes reçus comme des rois! Quel plaisir de plonger dans l’univers d’une vraie famille tunisienne au quotidien. C’est une rare opportunité d’expérimenter l’échange interculturel. Si toutes les familles québécoises étaient jumelées à une famille immigrante pour échanger à propos des cultures respectives, bien des choses se mettraient en place d’elles-mêmes. C’est utopique, mais c’est à viser. Mettre un visage sur les gens d’une autre culture, c’est la première étape pour les considérer égaux à soi, comme des êtres humains et pas comme une image virtuelle improbable et stéréotypée.
Ceci est certainement mon dernier message avant mon retour. Ce voyage en aura été un de découvertes sur l’Autre. Je reviens enrichi d’expériences inoubliables, mais avant tout plus conscient des réalités que peuvent contenir notre monde. Part-on pour mieux apprendre à revenir? Peut-être. Je le crois. Si on doit revenir, c’est obligatoirement plus alerte, plus ouvert et plus conscientisé. J’espère que ce blogue vous aura aidé à suivre mes aventures. Je suis persuadé que c’est le meilleur outil pour vous faire un portrait général de mon voyage. Au retour, on n’arrive jamais à résumer un si grand voyage avec les bons mots. J’espère que ce blogue aura l’avantage de devenir un tour d’horizon qui vous aidera à arriver avec des questions encore plus précises, pour que nous puissions aller ensemble plus loin que la seule description de voyage du style carte postale.
Mon retour est toujours prévu pour le 14 juillet. J’ai bien hâte de vous revoir. Pour la dernière parution, je vous dis
Tchüs (ALM-AUT)
Vislad (HON)
Dobri den (SLK)
Dober den (CZ)
Dien dobre (POL)
Dovidenia (UK)
Iki (LIT)
Dober Dan (SLO)
Dobar Dan (CRO-MON)
Calimera (GRE)
Bes-slema (MAR-TUN)
En français, « Bonjour » ou « Au revoir » dans quelques autres pays du monde
Courtes correspondances
15 juillet : Foudatoui! Me voici de retour au pays! Merci de m'avoir suivi tout ce temps, Vous avez été une part importante de ma motivation à écrire sur ce blogue, J'ai hâte de vous revoir ne personne!
vendredi 10 juillet 2009
jeudi 2 juillet 2009
La finale marocaine
Enfin, je trouve le temps de mettre mon blogue à jour. C’est vrai que les endroits se sont enfilés depuis ma dernière parution, pourtant nous sommes contents d’avoir respecté notre rythme de croisière. Avec des escales de trois nuits à chaque endroit que nous avons fait, nous avons pris le temps d’apprécier la personnalité de chaque ville et nous avons bien rechargé nos batteries!
Je vous quittais aux portes du désert; je vous conduis maintenant en bus local (vous lirez sur les bus locaux dans le message précédent) jusqu’à Ouarzazate. (Appel à tous. Je cherche désespérément le titre de ce classique littéraire dans lequel le personnage principal a un chien qu’il nomme Ouarzazate.) Déjà - comme on vous disait - au sud, les gens sont moins pot-de-colle et plus aimables. Ouarzazate est une ville bien relax où l’on se prélasse sur des terrasses de restaurants à la cuisine pas très goûteuse malheureusement (tout semble plus fade après avoir expérimenté les festins d’Itrane Sahara, notre auberge perdue dans le désert). On trouve un bar qui sert de l’alcool! Yé! On passe deux jolies nuits à siroter une bière et fumer une chicha. La dernière nuit, sur la terrasse arrière du bar, on relaxe au dessus du toit vert de la pergola composée de feuilles de vigne mêlées à de grandes feuilles de palmiers qui pendent partout au dessus de nos yeux. Soudain, un coup de vent se lève. Mais quelque chose dans notre tête nous dit que c’est très anormal d’avoir un coup de vent aussi brusque et aussi localisé, à savoir qu’une seule feuille de palmier à 3 mètres de nous se secoue bruyamment. « Ouin y’a du vent! » commente JP. En effet, mais on sent qu’on vise à côté. Je tente de percer la noirceur puis je m’élance : « Esti, JP, c’est un paon!!! » En effet un immense paon accroché à la pergola se balance la queue dans le vide à 3 mètres de nous. Vous imaginez le choc… Les paons chez nous, ils sont dans les fermes de Pâques de centres d’achats, pas sur les terrasses des bars! Le reste de la soirée s’est déroulée à parler de l’anecdote entre nous et à observer le paon en espérant le revoir bouger. Espoir déçu.
À Ouarzazate, nous avons aussi visité les studios de cinéma Atlas. La région a accueilli plusieurs grandes productions cinématographiques. Mais là vous vous dites : « Sam, j’en ai pas vu moi des films qui se passent au Maroc » Je vous dis : « À chaque fois qu’on pense désert, et village traditionnel à saveur arabe, on doit penser aux paysages et au cheap-labour sud-marocain. » Serez-vous vraiment surpris d’apprendre que des films comme Lawrence Darabie, Kondun, La Momie 1, La Momie 2, Babel, Gladiateur, Alexandre, Kingdom of Heaven, Astérix et Obélix mission Cléopâtre et plusieurs autres ont tourné sur un rayon de quelques kilomètres autour de Ouarzazate? Il y a plein de beautés naturelles ici : des dunes de sable, du désert rocheux, des oasis, des palmeraies, des villages et des kasbahs préservées de la civilisation et qui conservent leurs matériaux de construction traditionnels, à savoir la terre des environs mélangée à de la paille pour seul revêtement extérieur et souvent intérieur aussi. Si on a besoin d’une foule d’Arabes dans le plan on a aussi l’embarras du choix; tous les Marocains et Berbères de la région font des pieds et des mains pour recevoir une paye de figurant. Tu veux 1000 figurants sur ton plateau demain, il s’en présente 4000. Pour en revenir au décor, quand dans la nature on ne trouve pas ce qu’on veut, on va aux studios Atlas et on construit son propre décor en papier mâché (ou plutôt en toile plâtrée) en plein milieu du désert. C’est là que JP et moi nous remémorons les scènes d’Astérix et Obélix mission Cléopâtre en parcourant les décors du palais royal, de la maison toute croche de Numérobis ou de la chambre royale de Clépoâtre. Mais le plus impressionnant de tout, c’est le décor construit pour 35 minutes du film Kingdom of Heaven et qui a pris un an de construction. Un GIGANTESQUE château, détaillé de l’extérieur et de l’intérieur, en plein milieu du désert. Il faut frapper les murs pour comprendre que tout est faux. C’est beau avoir de l’argent pour faire ses films hein? En tout cas, la région cherche constamment à bénéficier de la venue d’une production cinématographique de plus. Il est du coup d’autant plus étonnant d’observer que l’unique salle de cinéma d’Ouarzazate est fermée depuis belle lurette. Ici, les cinémas se font aussi rares que les débits de boisson (ou la marde de Pape), les deux (les trois?!?...) étant condamnés par l’islam. Selon la religion, il n’y a que Dieu qui a le privilège de la création humaine. Toute reproduction figurative de l’être humain par l’Homme est donc proscrite. Vous vous rappelez cette controverse autour de la caricature du prophète Mahomet? C’est ce qui explique que l’art décoratif arabe a pris une place très importante; stucs, céramiques, mosaïques, gravures aux motifs floraux et géométriques répétitifs rendraient fous les plus savants des mathématiciens en géométrie. Comment font-ils pour connecter à l’infini des motifs géométriques aussi complexes?
Nous avons ensuite fêté notre St-Jean à Aït Ben Haddou. C’est un joli petit village où l’on peut visiter une très vieille kasbah qui n’est pas encore datée mais qui daterait selon certains des premiers siècles après J-C. C’est fascinant de voir ces maisons faites de terre se fondre avec la couleur du sol local. La pluie érodant les parois peu à peu constamment, les villageois s’affèrent sans relâche à ajouter de la terre sur leur édifice lorsque la température est clémente. C’est aussi à Aït Ben Haddou que nous attrapons ce sentiment étrange d’être à l’autre bout du monde, dans un trou, mais toujours dans le monde et moins loin qu’on pense. Eh oui. Vous aurez peut-être deviné. C’est là bas que les villageois nous informent un après-midi que notre ami Michael est mort. Comble de hasard, je parlais de lui à JP quelques heures avant d’apprendre la nouvelle : « Ils sont drôles tes cousins Philippe et Olivier. Te rappelles-tu l’été passé le tripp qu’ils avaient à chanter du Michael Jackson à tue-tête? » Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’on parle de Michael Jackson! Nos sujets de discussions bifurquent immanquablement sur cette nouvelle pour le reste de la journée. Nous ne sommes pas fâchés d’être loin de l’univers médiatique pour les semaines à venir, on va peut-être esquiver la période où on ne parlera que de ça... Si vous voulez mon avis sur la nouvelle, maintenant qu’il est mort en icône, on va oublier toutes les conneries qu’il a faites de son vivant. Sa mort subite l’aura en quelque sorte… blanchi!!! Ha! (Y avais-tu pensé à celle-là, Michel?)
Sur la route qui nous mène à Marrakech, on traverse le sinueux Haut-Atlas où les paysages sont littéralement à couper le souffle. (JP prend 42 photos de la fenêtre du bus.) La route en lacets monte vers les sommets (le plus haut de la route à 2660 mètres), avant de redescendre vers les vallées. La hauteur, l’étroitesse de la route et l’escarpement des flancs laisse présager une mort très rapide si notre autobus venait à manquer de freins. Mais le paysage est si incroyable qu’on finit par se dire « Inch Allah », si Dieu le veut, et on tourne nos yeux vers les sommets de 3000 mètres où il reste encore quelques rubans de neige gênée. Pour le diner, l’autobus s’arrête dans un village de montagnards où le seul truc à manger, on va le chercher au comptoir du boucher, qui le donne au restaurateur d’à côté, qui le grille sur le charbon, qui te l’apporte à la table. Ce jour là, chez le boucher on a droit au mouton ou à la chèvre. J’hésite parce que notre œil de citadin occidental ne nous a pas habitués à reconnaître les animaux qu’on mange à l’allure de leur tête coupée, laissée par terre devant le comptoir, par preuve de fraîcheur très certainement. Pour être fraîche, elle est fraîche la viande. Et elle est rouge comme un animal qui a brouté dans les montagnes toute sa vie. On est loin de notre viande colorée et préemballée du supermarché. Et je ne vous parle pas du goût, vous seriez tous jaloux. Nous n’avons jamais été aussi heureux d’être carnivores qu’à cet instant! Le demi-kilo de côtelettes que nous avons eu pour 6 dollars est tendre, goûteux et juteux. Pas de sauce artificielle, pas d’épices, rien. Que de la vraie viande grillée au vrai charbon de bois! Un délice!
Nous terminons donc notre séjour au Maroc par un badtrip à Marrakech et sa place Jema El Fna, une immense trappe à touristes, où on te met de force des serpents sur l’épaule et des singes sur la tête, où on insiste pour que tu prennes une photo, où si tu ne prends pas la maudite photo ils ne t’enlèvent pas les maudites bébites, et où ils te demandent par après de l’argent pour la photo que tu viens de prendre! La place Jema El Fna où le défi est d’avoir un « eye contact » avec quelqu’un sans qu’il te suive pour les 20 prochaines secondes, une place où le plaisir réside dans ta capacité à ignorer les appels des alentours. En quelque langue que ce soit, faites en sorte que ça aie l’air de ne pas être la vôtre. Vraiment, l’amour du Maroc, on l’attrape dans les petites villes et en voyant les paysages époustouflants et si diversifiés, parce que le Maroc des grandes villes est à vomir de rabatteurs qui rendent le séjour tendu.
C’est avec une grande joie qu’on rejoint Casablanca, une ville si peu touristique qu’on peut y marcher pendant des heures sans se faire rabattre une seule fois! Ça fait du bien. On va voir la troisième plus grande mosquée du monde après la Mecque et on goûte à l’ambiance festive des dimanches soirs sur la plage de la ville. Le lendemain, envol pour la Tunisie!
Et nous y voici, dans ce pays qui nous semble si doux par rapport à celui qu’on a quitté. Personne ne nous aborde dans les rues de Tunis. Tout le monde nous souhaite la bienvenue avec un désintérêt monétaire étonnant. Les taxis ne tentent pas de nous avoir et mettent systématiquement le compteur. La dame à la librairie est aussi charmante et attentionnée que le policier au coin de la rue. (Elle va même jusqu’à nous dédicacer le livre de cuisine tunisienne qu’elle nous conseille d’acheter pour qu’on pense à elle chaque fois qu’on l’utilise) (Quand au policier, il prend une minute complète de son temps pour nous indiquer très précisément comment rejoindre l’office de tourisme avec une amabilité qui nous donne envie de dire « Foutez-moi tous les employés du métro de Montréal à la porte, pis remplacez-moi ça par des immigrants tunisiens! »). Non, vraiment, ne pas mettre les « arabes » dans le même panier. Encore moins les Maghrébins!
Afrique ou Europe, les réalités des peuples sont complexes et expliquer toutes nos observations par écrit s’avère impossible. Les impressions divertissantes et parfois choquantes ou déstabilisantes que nous partageons avec vous dans ces chroniques n’a malheureusement pas le réel pouvoir de vous donner l’heure juste pour vous faire un véritable jugement sur les communautés dont on parle. Nous y parvenons à peine nous-mêmes après avoir sillonné une partie des pays concernés. Il vous sera plus enrichissant encore de nous entendre, à notre retour, nuancer les expériences que nous avons vécues par des observations subséquentes ou par un changement d’angle d’approche.
Nous sommes maintenant sur le bord de la mer méditerranée, à Tabarka. Nous prenons les choses tranquillement en attendant que nos corps arrêtent de se prendre pour des usines à gaz naturel. Vous avez deviné; petits troubles des boyaux. Ne me dites pas que ce sont nos côtelettes d’agneau, je ne le croirais pas! Ici le sceau de fraîcheur, c’est la tête coupée!
Le temps file vite. On se revoit bientôt. La date d’atterrissage : le 14 juillet, fête des Français, vol AT-206 de Royal Air Maroc au départ de Casablanca, arrivée à YUL-Montréal-PET à 18h35. S’il vous vient l’envie de suivre l’évolution de notre vol sur le web, je vous conseille d’aller lire le message publié en début mars sur ce même blogue, message intitulé « Suivre un petit avion sur le web... ». Allez pas dire que je vous ai pas avertis!
Ça se peut qu’on prenne du temps à traverser la douane; JP a 2 bagages de 22,9 kg (la limite étant 2 de 23kg) de produits africains potentiellement pleins de méchantes bebites pour les pauvres petits Canadiens qui répandent sans scrupule leur grippe porcine jusqu’au Maroc (nouvelle lue dans un journal marocain : 5 nouveau cas dont 3 ayant voyagé au Canada).
Demain, nous commençons une série de nouvelles avetures qui vous rendront encore plus envieux. Suprise pour la prochaine fois. JP, sur son blogue, donne un indice. C'est suffisant.
Je vous dis à très bientôt.
Je vous quittais aux portes du désert; je vous conduis maintenant en bus local (vous lirez sur les bus locaux dans le message précédent) jusqu’à Ouarzazate. (Appel à tous. Je cherche désespérément le titre de ce classique littéraire dans lequel le personnage principal a un chien qu’il nomme Ouarzazate.) Déjà - comme on vous disait - au sud, les gens sont moins pot-de-colle et plus aimables. Ouarzazate est une ville bien relax où l’on se prélasse sur des terrasses de restaurants à la cuisine pas très goûteuse malheureusement (tout semble plus fade après avoir expérimenté les festins d’Itrane Sahara, notre auberge perdue dans le désert). On trouve un bar qui sert de l’alcool! Yé! On passe deux jolies nuits à siroter une bière et fumer une chicha. La dernière nuit, sur la terrasse arrière du bar, on relaxe au dessus du toit vert de la pergola composée de feuilles de vigne mêlées à de grandes feuilles de palmiers qui pendent partout au dessus de nos yeux. Soudain, un coup de vent se lève. Mais quelque chose dans notre tête nous dit que c’est très anormal d’avoir un coup de vent aussi brusque et aussi localisé, à savoir qu’une seule feuille de palmier à 3 mètres de nous se secoue bruyamment. « Ouin y’a du vent! » commente JP. En effet, mais on sent qu’on vise à côté. Je tente de percer la noirceur puis je m’élance : « Esti, JP, c’est un paon!!! » En effet un immense paon accroché à la pergola se balance la queue dans le vide à 3 mètres de nous. Vous imaginez le choc… Les paons chez nous, ils sont dans les fermes de Pâques de centres d’achats, pas sur les terrasses des bars! Le reste de la soirée s’est déroulée à parler de l’anecdote entre nous et à observer le paon en espérant le revoir bouger. Espoir déçu.
À Ouarzazate, nous avons aussi visité les studios de cinéma Atlas. La région a accueilli plusieurs grandes productions cinématographiques. Mais là vous vous dites : « Sam, j’en ai pas vu moi des films qui se passent au Maroc » Je vous dis : « À chaque fois qu’on pense désert, et village traditionnel à saveur arabe, on doit penser aux paysages et au cheap-labour sud-marocain. » Serez-vous vraiment surpris d’apprendre que des films comme Lawrence Darabie, Kondun, La Momie 1, La Momie 2, Babel, Gladiateur, Alexandre, Kingdom of Heaven, Astérix et Obélix mission Cléopâtre et plusieurs autres ont tourné sur un rayon de quelques kilomètres autour de Ouarzazate? Il y a plein de beautés naturelles ici : des dunes de sable, du désert rocheux, des oasis, des palmeraies, des villages et des kasbahs préservées de la civilisation et qui conservent leurs matériaux de construction traditionnels, à savoir la terre des environs mélangée à de la paille pour seul revêtement extérieur et souvent intérieur aussi. Si on a besoin d’une foule d’Arabes dans le plan on a aussi l’embarras du choix; tous les Marocains et Berbères de la région font des pieds et des mains pour recevoir une paye de figurant. Tu veux 1000 figurants sur ton plateau demain, il s’en présente 4000. Pour en revenir au décor, quand dans la nature on ne trouve pas ce qu’on veut, on va aux studios Atlas et on construit son propre décor en papier mâché (ou plutôt en toile plâtrée) en plein milieu du désert. C’est là que JP et moi nous remémorons les scènes d’Astérix et Obélix mission Cléopâtre en parcourant les décors du palais royal, de la maison toute croche de Numérobis ou de la chambre royale de Clépoâtre. Mais le plus impressionnant de tout, c’est le décor construit pour 35 minutes du film Kingdom of Heaven et qui a pris un an de construction. Un GIGANTESQUE château, détaillé de l’extérieur et de l’intérieur, en plein milieu du désert. Il faut frapper les murs pour comprendre que tout est faux. C’est beau avoir de l’argent pour faire ses films hein? En tout cas, la région cherche constamment à bénéficier de la venue d’une production cinématographique de plus. Il est du coup d’autant plus étonnant d’observer que l’unique salle de cinéma d’Ouarzazate est fermée depuis belle lurette. Ici, les cinémas se font aussi rares que les débits de boisson (ou la marde de Pape), les deux (les trois?!?...) étant condamnés par l’islam. Selon la religion, il n’y a que Dieu qui a le privilège de la création humaine. Toute reproduction figurative de l’être humain par l’Homme est donc proscrite. Vous vous rappelez cette controverse autour de la caricature du prophète Mahomet? C’est ce qui explique que l’art décoratif arabe a pris une place très importante; stucs, céramiques, mosaïques, gravures aux motifs floraux et géométriques répétitifs rendraient fous les plus savants des mathématiciens en géométrie. Comment font-ils pour connecter à l’infini des motifs géométriques aussi complexes?
Nous avons ensuite fêté notre St-Jean à Aït Ben Haddou. C’est un joli petit village où l’on peut visiter une très vieille kasbah qui n’est pas encore datée mais qui daterait selon certains des premiers siècles après J-C. C’est fascinant de voir ces maisons faites de terre se fondre avec la couleur du sol local. La pluie érodant les parois peu à peu constamment, les villageois s’affèrent sans relâche à ajouter de la terre sur leur édifice lorsque la température est clémente. C’est aussi à Aït Ben Haddou que nous attrapons ce sentiment étrange d’être à l’autre bout du monde, dans un trou, mais toujours dans le monde et moins loin qu’on pense. Eh oui. Vous aurez peut-être deviné. C’est là bas que les villageois nous informent un après-midi que notre ami Michael est mort. Comble de hasard, je parlais de lui à JP quelques heures avant d’apprendre la nouvelle : « Ils sont drôles tes cousins Philippe et Olivier. Te rappelles-tu l’été passé le tripp qu’ils avaient à chanter du Michael Jackson à tue-tête? » Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’on parle de Michael Jackson! Nos sujets de discussions bifurquent immanquablement sur cette nouvelle pour le reste de la journée. Nous ne sommes pas fâchés d’être loin de l’univers médiatique pour les semaines à venir, on va peut-être esquiver la période où on ne parlera que de ça... Si vous voulez mon avis sur la nouvelle, maintenant qu’il est mort en icône, on va oublier toutes les conneries qu’il a faites de son vivant. Sa mort subite l’aura en quelque sorte… blanchi!!! Ha! (Y avais-tu pensé à celle-là, Michel?)
Sur la route qui nous mène à Marrakech, on traverse le sinueux Haut-Atlas où les paysages sont littéralement à couper le souffle. (JP prend 42 photos de la fenêtre du bus.) La route en lacets monte vers les sommets (le plus haut de la route à 2660 mètres), avant de redescendre vers les vallées. La hauteur, l’étroitesse de la route et l’escarpement des flancs laisse présager une mort très rapide si notre autobus venait à manquer de freins. Mais le paysage est si incroyable qu’on finit par se dire « Inch Allah », si Dieu le veut, et on tourne nos yeux vers les sommets de 3000 mètres où il reste encore quelques rubans de neige gênée. Pour le diner, l’autobus s’arrête dans un village de montagnards où le seul truc à manger, on va le chercher au comptoir du boucher, qui le donne au restaurateur d’à côté, qui le grille sur le charbon, qui te l’apporte à la table. Ce jour là, chez le boucher on a droit au mouton ou à la chèvre. J’hésite parce que notre œil de citadin occidental ne nous a pas habitués à reconnaître les animaux qu’on mange à l’allure de leur tête coupée, laissée par terre devant le comptoir, par preuve de fraîcheur très certainement. Pour être fraîche, elle est fraîche la viande. Et elle est rouge comme un animal qui a brouté dans les montagnes toute sa vie. On est loin de notre viande colorée et préemballée du supermarché. Et je ne vous parle pas du goût, vous seriez tous jaloux. Nous n’avons jamais été aussi heureux d’être carnivores qu’à cet instant! Le demi-kilo de côtelettes que nous avons eu pour 6 dollars est tendre, goûteux et juteux. Pas de sauce artificielle, pas d’épices, rien. Que de la vraie viande grillée au vrai charbon de bois! Un délice!
Nous terminons donc notre séjour au Maroc par un badtrip à Marrakech et sa place Jema El Fna, une immense trappe à touristes, où on te met de force des serpents sur l’épaule et des singes sur la tête, où on insiste pour que tu prennes une photo, où si tu ne prends pas la maudite photo ils ne t’enlèvent pas les maudites bébites, et où ils te demandent par après de l’argent pour la photo que tu viens de prendre! La place Jema El Fna où le défi est d’avoir un « eye contact » avec quelqu’un sans qu’il te suive pour les 20 prochaines secondes, une place où le plaisir réside dans ta capacité à ignorer les appels des alentours. En quelque langue que ce soit, faites en sorte que ça aie l’air de ne pas être la vôtre. Vraiment, l’amour du Maroc, on l’attrape dans les petites villes et en voyant les paysages époustouflants et si diversifiés, parce que le Maroc des grandes villes est à vomir de rabatteurs qui rendent le séjour tendu.
C’est avec une grande joie qu’on rejoint Casablanca, une ville si peu touristique qu’on peut y marcher pendant des heures sans se faire rabattre une seule fois! Ça fait du bien. On va voir la troisième plus grande mosquée du monde après la Mecque et on goûte à l’ambiance festive des dimanches soirs sur la plage de la ville. Le lendemain, envol pour la Tunisie!
Et nous y voici, dans ce pays qui nous semble si doux par rapport à celui qu’on a quitté. Personne ne nous aborde dans les rues de Tunis. Tout le monde nous souhaite la bienvenue avec un désintérêt monétaire étonnant. Les taxis ne tentent pas de nous avoir et mettent systématiquement le compteur. La dame à la librairie est aussi charmante et attentionnée que le policier au coin de la rue. (Elle va même jusqu’à nous dédicacer le livre de cuisine tunisienne qu’elle nous conseille d’acheter pour qu’on pense à elle chaque fois qu’on l’utilise) (Quand au policier, il prend une minute complète de son temps pour nous indiquer très précisément comment rejoindre l’office de tourisme avec une amabilité qui nous donne envie de dire « Foutez-moi tous les employés du métro de Montréal à la porte, pis remplacez-moi ça par des immigrants tunisiens! »). Non, vraiment, ne pas mettre les « arabes » dans le même panier. Encore moins les Maghrébins!
Afrique ou Europe, les réalités des peuples sont complexes et expliquer toutes nos observations par écrit s’avère impossible. Les impressions divertissantes et parfois choquantes ou déstabilisantes que nous partageons avec vous dans ces chroniques n’a malheureusement pas le réel pouvoir de vous donner l’heure juste pour vous faire un véritable jugement sur les communautés dont on parle. Nous y parvenons à peine nous-mêmes après avoir sillonné une partie des pays concernés. Il vous sera plus enrichissant encore de nous entendre, à notre retour, nuancer les expériences que nous avons vécues par des observations subséquentes ou par un changement d’angle d’approche.
Nous sommes maintenant sur le bord de la mer méditerranée, à Tabarka. Nous prenons les choses tranquillement en attendant que nos corps arrêtent de se prendre pour des usines à gaz naturel. Vous avez deviné; petits troubles des boyaux. Ne me dites pas que ce sont nos côtelettes d’agneau, je ne le croirais pas! Ici le sceau de fraîcheur, c’est la tête coupée!
Le temps file vite. On se revoit bientôt. La date d’atterrissage : le 14 juillet, fête des Français, vol AT-206 de Royal Air Maroc au départ de Casablanca, arrivée à YUL-Montréal-PET à 18h35. S’il vous vient l’envie de suivre l’évolution de notre vol sur le web, je vous conseille d’aller lire le message publié en début mars sur ce même blogue, message intitulé « Suivre un petit avion sur le web... ». Allez pas dire que je vous ai pas avertis!
Ça se peut qu’on prenne du temps à traverser la douane; JP a 2 bagages de 22,9 kg (la limite étant 2 de 23kg) de produits africains potentiellement pleins de méchantes bebites pour les pauvres petits Canadiens qui répandent sans scrupule leur grippe porcine jusqu’au Maroc (nouvelle lue dans un journal marocain : 5 nouveau cas dont 3 ayant voyagé au Canada).
Demain, nous commençons une série de nouvelles avetures qui vous rendront encore plus envieux. Suprise pour la prochaine fois. JP, sur son blogue, donne un indice. C'est suffisant.
Je vous dis à très bientôt.
lundi 22 juin 2009
Nord-Sud
Bonjour à tous!
J’espère que tout va bien de votre côté du monde. Pour notre part, nous faisons des découvertes époustouflantes alors que nous continuons de visiter une petite partie de ce que peut nous offrir le Maroc. La santé va toujours très bien et le moral est à son meilleur.
Aujourd’hui, je vous convie à suivre notre traversée du pays du nord au sud. Notre dernière parution vous a certainement laissé une image peu reluisante du Maroc et de ses habitants. Je vous ferez maintenant voir que le pays regorge de magnifiques trésors, photos à l’appui.
Notre épopée commence au nord, alors que nous quittons Meknès, la ville aux mille arnaques, pour une petite ville cachée dans les montagnes du Rif oriental, toujours au nord du pays, Chefchaouen. Dans le pays, quand le train cesse de desservir les villes, trois solutions s’offrent à nous.
1)Les grands taxis. Ils n’ont de grands que le nom. Ce sont des voitures 4 portes qui font des liaisons entre les villes. Le prix est très bas, mais avant de partir à destination, ils attendent d’être remplis. Et rempli dans ce cas, ça veux dire 2 passagers en avant plus le chauffeur et 4 personnes sur le siège arrière. 7 personnes dans une voiture normale (les enfants sur les genoux sont en sus)! Pas chouette pour les grandes distances. Et si tu veux avoir ton grand taxi à toi seul, sors le porte-feuille, car tu devras payer pour l’équivalent chaque place non-occupée.
2)Les bus locaux. Ils sont comme des tagines. Pas trop chers; on y est tassés et on y cuit lentement à feu doux pendant des heures. Ici, franchir 2 km sur la route sans s’arrêter pour ramasser du monde relève de l’exploit. Le tarif pour mettre un bagage en soute semble relever de l’état d’esprit du chauffeur et les pause cigarette que ce dernier prend se font n’importe où et durent le temps qu’il faut. Pas difficile de perdre sa journée en transport dans ces coinditions.
3)Les bus CTM. C’est la compagnie nationale. Les billets sont plus chers, mais les bus sont climatisés et le trajet est direct. On peut aussi être sûr d’avoir une place assise. Face à tous ces choix, il n’est pas difficile d’opter pour la CTM le plus souvent possible.
Revenons à notre épopée. Nous prenons donc notre bus CTM vers Chefchaouen. Au détour d’un lacet de la route, la ville nous apparaît, blanche et bleue, toute tassée sur elle-même au creux d’une vallée. Au sortir du bus, c’est le manège des rabatteurs qui commencent. Ici, ils sont plus insistants qu’ailleurs. Normal, ils sont complètement gelés et ne cherchent qu’à te vendre du « kif ». La région est un grand producteur de cannabis, puisque sa culture dans les environs a été autorisée par l’ancien roi Mohammed V. Résultat, pas possible de marcher dans la medina (la vieille ville) sans te faire proposer du haschisch à chaque coin de rue. Heureusement, dans la medina, un simple « Non merci, mon ami, on ne fume pas » avec un beau sourire leur suffit pour nous laisser tranquille : la brigade touristique veille au grain pour éviter les excès. Mais à la gare routière CTM, il n’y a pas de brigade touristique et notre arrivée dans la ville est brutale alors que nous ne savons pas nous orienter pour rejoindre la medina et que nous sommes suivis pas 3 hommes gelés qui prétendent nous montrer le chemin sans pour autant qu’ils nous inspirent confiance. On accoste un premier taxi qui nous mène à l’entrée de la medina (les rues sont beaucoup trop étroites pour rouler dans la medina) pour 20 dirhams. On sait que c’est de l’arnaque. On tente de marchander, ça échoue. On continue de marche avec nos 3 pots de colle. À un moment, on n’y tient plus et accostons un second taxi que nous réussissons à avoir pour 10 dirhams. Ni une ni deux, on est sur le siège arrière. Ouf sauvés! ... Sauvés?... Pas si vite. Un des pots de colle se précipite sur le siège avant du taxi dans la ferme intention de faire le voyage avec nous. Que faire? Vite une idée! Mon cerveau se retourne sur un dix cennes, ma face devient sévère, je regarde le chauffeur en pointant le pot de colle d’un doigt qui ne laisse aucune équivoque. « Lui, s’il vient avec nous, je te JURE, je ne te donne que 5 dirhams pour nous deux. » Laissez-moi vous dire que le pot de colle est sorti assez vite.
Une fois la medina atteinte commence notre coup-de-foudre avec le Maroc! Nous découvrons pour les 3 prochains jours une ville tranquille et authentique, où on voit des gens sympathiques, des marchands de fruits qui te vendent à un prix fort raisonnable (jamais le prix des locaux, mais ça il faut faire une croix dessus. L’essentiel, c’est qu’on sente que le prix touriste est le plus bas possible.), de vieux locaux en tunique de laine locale qui se rassemblent sur la place publique pour manger une soupe d’escargots (un vrai délice) ou une purée de pois chiches, des bergers qui font paître leur moutons dans les montagnes environnantes, des femmes qui lavent d’immenses tapis tissés dans la source d’eau de la ville et pleins d’enfants déjà conditionnés à cerner le touriste-plein-de-cash « Monsieur, donne-moi un dirham. » et à qu’il faut leur refuser pour éviter que ce comportement spontané souvent induit par les touristes eux-mêmes ne se transforme en harcèlement qui devient un véritable problème dans le pays. Il faut les comprendre d’une autre part, quand on n’a rien et que l’emploi est si difficile à obtenir, la vue d’un touriste est rapidement associée à la possibilité de recueillir un peu d’argent très facilement.
La ville est belle. Le bruyant et populeux souk du lundi, avec vue sur la montagne, a de quoi charmer et dépayser. Partout les scènes de la vie quotidienne sont palpables. En bon nordiques, nous achetons des tuques d’hiver traditionnelles (dans la région des montagnes, il peut faire assez froid l’hiver) à une jolie coopérative qui fait travailler les personnes aveugles de la ville. Comme ici, les aveugles se retrouvent souvent à mendier dans les rues, c’est un vrai plaisir d’encourager ceux qui les font travailler malgré leur handicap. On voit beaucoup d’handicapés visuels ici, souvent des personnes très agées. La plupart semblent souffrir de cataractes qu’ils n’ont pas le luxe de se faire retirer, leur cornée est toute brouillée.
Après la douce expérience de Chefchaouen, une autre expérience hors du commun. Un bus CTM de nuit nous amène dans le sud du pays, près de la frontière algérienne, aux portes du Sahara. Le vrai désert du Sahara, comme on voit dans les films. Mais, vous nous connaissez sûrement, on ne se contente pas du désert touristique nous. Quand on veut un désert, on le veut bien désert. Il faut dire qu’on a eu de la chance avec l’auberge que l’on a réservée. Le 4 par 4 de l’auberge Itrane Sahara vient nous chercher à l’arrêt de bus. Quel n’est pas notre bonheur de voir que le véhicule dépasser tous les hôtels cordés le long de la route goudronnée face aux dunes de l’Erg Choubi. On va jusqu’à Taouz, le Natashquan du désert, la fin de la route et on voit un panneau planté devant deux traces de roues qui s’éloignent vers l’infini « Itrane Sahara, 16 km ». En plein milieu du vide désertique (plutôt truffé d’arbustes rabougris), notre auberge se dresse, trempée dans le 50 degrés du soleil de midi franchement plus supportable dans la sécheresse de l’air que notre humide 30 degrés québécois. Le paradis. Le désert. Le soir, à l’abri de toute lumière parasite, se dresse la voûte céleste la plus claire qui nous ait été possible de voir! Le jour, la grande chaleur nous invite à la sieste, à boire le thé en compagnie de Mohamed et de Amed, les deux frères propriétaires ou à manger les succulents et copieux repas que la famille nous prépare.
Bien sûr notre expérience n’aurait été complète sans une promenade à dos de dromadaire et une nuit passée à la belle-étoile dans les dunes de sable rosées. C’est quétaine et touristique, mais incontournable lorsqu’on est à l’emplacement. Les photos parleront certainement beaucoup mieux que moi sur cette excursion. Nous nous ferons un plaisir de vous exposer notre enthousiasme part rapport à notre séjour dans le désert de vive voix à notre retour.
Depuis que nous sommes au sud; notre opinion des Marocains a bien changé. Les gens y sont plus aimmables et un peu plus désintéressés. On rencontre plusieurs personnes généreuses qui nous ravissent. C'est un peuple complexe qu'il faut du temps pour apprivoiser. On n'a pas la prétention de tout comprendre de leurs moeurs, mais le peuple nous enchante beaucoup plus que lors de notre passage à Meknès!
Nous reprenons présentement des forces à Ouarzazate après l’avoir atteint en « tagine roulante ». Le séjour au Maroc s’achève déjà bientôt. Nous aurons certainement le temps de vous écrire sur deux autres villes avant de s’envoler pour la Tunisie. L’Algérie est disparue de nos plans après avoir constaté qu’il est impossible de traverser la frontière entre le Maroc et l’Algérie par la terre. Elle est fermée depuis plusieurs années. Qu’à cela ne tienne, on volera au-dessus de l’Algérie pour aller voir le pays de notre chère amie Beya qu’on aura l’occasion de rencontrer sur place durant notre séjour.
Je vous embrasse très fort. Allez voir les nouvelles photos. Il y en a du Maroc, mais j’ai aussi finalement mis en ligne les photos de la Croatie, du Montenegro, de la Grèce et de la France. Mieux vaut tard que jamais.
Ciao
J’espère que tout va bien de votre côté du monde. Pour notre part, nous faisons des découvertes époustouflantes alors que nous continuons de visiter une petite partie de ce que peut nous offrir le Maroc. La santé va toujours très bien et le moral est à son meilleur.
Aujourd’hui, je vous convie à suivre notre traversée du pays du nord au sud. Notre dernière parution vous a certainement laissé une image peu reluisante du Maroc et de ses habitants. Je vous ferez maintenant voir que le pays regorge de magnifiques trésors, photos à l’appui.
Notre épopée commence au nord, alors que nous quittons Meknès, la ville aux mille arnaques, pour une petite ville cachée dans les montagnes du Rif oriental, toujours au nord du pays, Chefchaouen. Dans le pays, quand le train cesse de desservir les villes, trois solutions s’offrent à nous.
1)Les grands taxis. Ils n’ont de grands que le nom. Ce sont des voitures 4 portes qui font des liaisons entre les villes. Le prix est très bas, mais avant de partir à destination, ils attendent d’être remplis. Et rempli dans ce cas, ça veux dire 2 passagers en avant plus le chauffeur et 4 personnes sur le siège arrière. 7 personnes dans une voiture normale (les enfants sur les genoux sont en sus)! Pas chouette pour les grandes distances. Et si tu veux avoir ton grand taxi à toi seul, sors le porte-feuille, car tu devras payer pour l’équivalent chaque place non-occupée.
2)Les bus locaux. Ils sont comme des tagines. Pas trop chers; on y est tassés et on y cuit lentement à feu doux pendant des heures. Ici, franchir 2 km sur la route sans s’arrêter pour ramasser du monde relève de l’exploit. Le tarif pour mettre un bagage en soute semble relever de l’état d’esprit du chauffeur et les pause cigarette que ce dernier prend se font n’importe où et durent le temps qu’il faut. Pas difficile de perdre sa journée en transport dans ces coinditions.
3)Les bus CTM. C’est la compagnie nationale. Les billets sont plus chers, mais les bus sont climatisés et le trajet est direct. On peut aussi être sûr d’avoir une place assise. Face à tous ces choix, il n’est pas difficile d’opter pour la CTM le plus souvent possible.
Revenons à notre épopée. Nous prenons donc notre bus CTM vers Chefchaouen. Au détour d’un lacet de la route, la ville nous apparaît, blanche et bleue, toute tassée sur elle-même au creux d’une vallée. Au sortir du bus, c’est le manège des rabatteurs qui commencent. Ici, ils sont plus insistants qu’ailleurs. Normal, ils sont complètement gelés et ne cherchent qu’à te vendre du « kif ». La région est un grand producteur de cannabis, puisque sa culture dans les environs a été autorisée par l’ancien roi Mohammed V. Résultat, pas possible de marcher dans la medina (la vieille ville) sans te faire proposer du haschisch à chaque coin de rue. Heureusement, dans la medina, un simple « Non merci, mon ami, on ne fume pas » avec un beau sourire leur suffit pour nous laisser tranquille : la brigade touristique veille au grain pour éviter les excès. Mais à la gare routière CTM, il n’y a pas de brigade touristique et notre arrivée dans la ville est brutale alors que nous ne savons pas nous orienter pour rejoindre la medina et que nous sommes suivis pas 3 hommes gelés qui prétendent nous montrer le chemin sans pour autant qu’ils nous inspirent confiance. On accoste un premier taxi qui nous mène à l’entrée de la medina (les rues sont beaucoup trop étroites pour rouler dans la medina) pour 20 dirhams. On sait que c’est de l’arnaque. On tente de marchander, ça échoue. On continue de marche avec nos 3 pots de colle. À un moment, on n’y tient plus et accostons un second taxi que nous réussissons à avoir pour 10 dirhams. Ni une ni deux, on est sur le siège arrière. Ouf sauvés! ... Sauvés?... Pas si vite. Un des pots de colle se précipite sur le siège avant du taxi dans la ferme intention de faire le voyage avec nous. Que faire? Vite une idée! Mon cerveau se retourne sur un dix cennes, ma face devient sévère, je regarde le chauffeur en pointant le pot de colle d’un doigt qui ne laisse aucune équivoque. « Lui, s’il vient avec nous, je te JURE, je ne te donne que 5 dirhams pour nous deux. » Laissez-moi vous dire que le pot de colle est sorti assez vite.
Une fois la medina atteinte commence notre coup-de-foudre avec le Maroc! Nous découvrons pour les 3 prochains jours une ville tranquille et authentique, où on voit des gens sympathiques, des marchands de fruits qui te vendent à un prix fort raisonnable (jamais le prix des locaux, mais ça il faut faire une croix dessus. L’essentiel, c’est qu’on sente que le prix touriste est le plus bas possible.), de vieux locaux en tunique de laine locale qui se rassemblent sur la place publique pour manger une soupe d’escargots (un vrai délice) ou une purée de pois chiches, des bergers qui font paître leur moutons dans les montagnes environnantes, des femmes qui lavent d’immenses tapis tissés dans la source d’eau de la ville et pleins d’enfants déjà conditionnés à cerner le touriste-plein-de-cash « Monsieur, donne-moi un dirham. » et à qu’il faut leur refuser pour éviter que ce comportement spontané souvent induit par les touristes eux-mêmes ne se transforme en harcèlement qui devient un véritable problème dans le pays. Il faut les comprendre d’une autre part, quand on n’a rien et que l’emploi est si difficile à obtenir, la vue d’un touriste est rapidement associée à la possibilité de recueillir un peu d’argent très facilement.
La ville est belle. Le bruyant et populeux souk du lundi, avec vue sur la montagne, a de quoi charmer et dépayser. Partout les scènes de la vie quotidienne sont palpables. En bon nordiques, nous achetons des tuques d’hiver traditionnelles (dans la région des montagnes, il peut faire assez froid l’hiver) à une jolie coopérative qui fait travailler les personnes aveugles de la ville. Comme ici, les aveugles se retrouvent souvent à mendier dans les rues, c’est un vrai plaisir d’encourager ceux qui les font travailler malgré leur handicap. On voit beaucoup d’handicapés visuels ici, souvent des personnes très agées. La plupart semblent souffrir de cataractes qu’ils n’ont pas le luxe de se faire retirer, leur cornée est toute brouillée.
Après la douce expérience de Chefchaouen, une autre expérience hors du commun. Un bus CTM de nuit nous amène dans le sud du pays, près de la frontière algérienne, aux portes du Sahara. Le vrai désert du Sahara, comme on voit dans les films. Mais, vous nous connaissez sûrement, on ne se contente pas du désert touristique nous. Quand on veut un désert, on le veut bien désert. Il faut dire qu’on a eu de la chance avec l’auberge que l’on a réservée. Le 4 par 4 de l’auberge Itrane Sahara vient nous chercher à l’arrêt de bus. Quel n’est pas notre bonheur de voir que le véhicule dépasser tous les hôtels cordés le long de la route goudronnée face aux dunes de l’Erg Choubi. On va jusqu’à Taouz, le Natashquan du désert, la fin de la route et on voit un panneau planté devant deux traces de roues qui s’éloignent vers l’infini « Itrane Sahara, 16 km ». En plein milieu du vide désertique (plutôt truffé d’arbustes rabougris), notre auberge se dresse, trempée dans le 50 degrés du soleil de midi franchement plus supportable dans la sécheresse de l’air que notre humide 30 degrés québécois. Le paradis. Le désert. Le soir, à l’abri de toute lumière parasite, se dresse la voûte céleste la plus claire qui nous ait été possible de voir! Le jour, la grande chaleur nous invite à la sieste, à boire le thé en compagnie de Mohamed et de Amed, les deux frères propriétaires ou à manger les succulents et copieux repas que la famille nous prépare.
Bien sûr notre expérience n’aurait été complète sans une promenade à dos de dromadaire et une nuit passée à la belle-étoile dans les dunes de sable rosées. C’est quétaine et touristique, mais incontournable lorsqu’on est à l’emplacement. Les photos parleront certainement beaucoup mieux que moi sur cette excursion. Nous nous ferons un plaisir de vous exposer notre enthousiasme part rapport à notre séjour dans le désert de vive voix à notre retour.
Depuis que nous sommes au sud; notre opinion des Marocains a bien changé. Les gens y sont plus aimmables et un peu plus désintéressés. On rencontre plusieurs personnes généreuses qui nous ravissent. C'est un peuple complexe qu'il faut du temps pour apprivoiser. On n'a pas la prétention de tout comprendre de leurs moeurs, mais le peuple nous enchante beaucoup plus que lors de notre passage à Meknès!
Nous reprenons présentement des forces à Ouarzazate après l’avoir atteint en « tagine roulante ». Le séjour au Maroc s’achève déjà bientôt. Nous aurons certainement le temps de vous écrire sur deux autres villes avant de s’envoler pour la Tunisie. L’Algérie est disparue de nos plans après avoir constaté qu’il est impossible de traverser la frontière entre le Maroc et l’Algérie par la terre. Elle est fermée depuis plusieurs années. Qu’à cela ne tienne, on volera au-dessus de l’Algérie pour aller voir le pays de notre chère amie Beya qu’on aura l’occasion de rencontrer sur place durant notre séjour.
Je vous embrasse très fort. Allez voir les nouvelles photos. Il y en a du Maroc, mais j’ai aussi finalement mis en ligne les photos de la Croatie, du Montenegro, de la Grèce et de la France. Mieux vaut tard que jamais.
Ciao
mardi 16 juin 2009
DOUBLE REGARD : Premiers pas au Maroc OU "I'm not a cash machine"
Aujourd’hui, nous vous proposons la première parution ludique sur nos blogues. Le DOUBLE REGARD. Le concept est fort simple. Nous nous sommes mis d’accord, JP et moi, sur un événement commun à décrire. Chacun à notre façon, nous racontons la même anecdote. Votre plaisir : voir la scène sous deux points de vue et la lire sous deux styles écritures différents. N’oubliez donc pas d’aller aussi jeter un œil sur le blogue de JP au jpenafrique.blogspot.com . Alors on commence. Nous avons décidé cette fois-ci de vous résumer notre journée du 13 juin.
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Tout commence à Meknès. Depuis les quelques jours que nous avons passés en terre marocaine, nous avons déjà constaté l’aspect insistant de certains enquiquineurs touristiques. En gros, si tu es blanc, tout le monde essaie de t’arnaquer, tout le temps. Pas de grosses arnaques, mais des petites piqûres de maringouins incessantes. Vous allez comprendre. Nous, c’est à Meknès qu’on saisit la grandeur du truc.
Après avoir réglé comment on va se rendre à Chefchaouen le lendemain, on décide de sauter dans un taxi pour aller visiter les greniers de Moulay Ismaïl, un immense bâtiment où s’entassaient un stock impressionnant de marchandises et des écuries qui, dit-on, pouvaient contenir 12 000 bêtes.
Arnaque #1 : Bien sûr, le chauffeur se garde de nous aviser que l’accès au site est fermé pour plusieurs mois pour cause de rénovations. Sur le côté du bâtiment où le taxi nous laisse, un ouvrier en bottes de caoutchouc nous montre le chemin de « l’entrée ».
On se rend vite compte qu’il nous promène bien plus lui-même dans les chambres que de nous conduire à l’entrée. Et l’endroit est étrangement désert. C’est louche. JP et moi cherchons un moyen de se sortir de cette situation d’arnaque #2, et dans ces cas, croyez-moi qu’un simple « Merci, on va se débrouiller seul » n’est pas suffisant pour les faire décoller. Soudain, on voit des gens au loin. On se dirige par là. Le « guide » n’a d’autre choix que de suivre, mais il se met étrangement à coller les murs. Il esquive les coins et finalement se cache dans un angle alors que l’on marche à découvert vers ces gardiens qui nous disent que c’est fermé, qu’on n’à rien à faire ici. (Yes!) « C’est un homme qui nous a emmené ici. » « Où il est? » « Il se cache là » (maudits stools que nous faisons). Le « guide » se fait « remercier ». Les gardiens nous raccompagnent vers la sortie. Tentative d’arnaque #3 de la part du gardien : « Il va falloir laisser quelque chose pour celui qui vous a emmené ici. » Le gardien essaie de se graisser la patte. Et c’est toujours accompagné du « Vous êtes canadiens? Nous on aime les canadiens. » (Si, sur la terre, n’y avait plus de connards qui se laissaient attendrir par toutes ces techniques de séduction, peut-être que ça cesserait et maudit qu’on serait bien!) On essaie de casser le pattern de séduction du mieux qu’on peut. On ne réagit pas à la tentative de graissage de patte; le gardien ne revient pas à la charge. (J’imagine déjà ma Raymonde sortir son portefeuille pour payer le « guide » au gardien en demandant un gros « combien je dois laisser? » avec ça!)
***
INTERMEDE (version Sam): Pour se reposer de ces émotions et du 42 degrés qu’il fait dehors, dans la chambre, JP et moi fermons à presque totalité les volets et on s’étend côte à côte, dans le lit. Petits becs, mon bras sous sa tête, on jase. Tout à coup, JP saute du lit. « Tabarnak Sam, il y a quelqu’un qui nous regarde par la fenêtre. » En effet, dans une improbable ouverture dans le coin d’une fenêtre barricadée dans l’édifice d’en face, une paire d’yeux s’est glissée. Un raclement de gorge a attiré le regard de JP vers cette ouverture. On s’empresse de fermer les volets complètement. Jamais on aurait pu penser que la petite fente que nous avions laissée pour faire un courant d’air aurait pu laisser un regard indiscret s’immiscer. C’est le commencement d’une série de délires. « La police va arriver et nous arrêter pour atteinte au civisme. » « Vite, trouve le numéro du consulat canadien au cas où. » « Ils vont venir nous mettre à la porte de l’hôtel. » « On va se faire battre dans la rue! »
Pour votre information , le Maroc est un pays où l’homosexualisé est passible d’emprisonnement ou d’une amende salée. Bien sûr, cette loi est certainement plus restrictive envers les Marocains qu’envers les touristes, mais nous ne prendrons pas de chance d’aller vérifier. Nous sommes habituellement la discrétion même ce qui explique cet élan de paranoïa pour cet événement si insolite.
***
INTERMEDE (version JP qui est un peu gêné de mettre en ligne cette portion de texte sur son blogue consulté par des gens respectables): Repos bien mérité, on s'étend dans le lit volets fermés, ou presque... Couchés sur le bras de Sam, tout ce qui a de plus décent, j'entends un "hum hum" de l'extérieur. Curieux, je cherche du regard la seule fenêtre visible en diagonal par le pouce d'ouverture de nos volets. TERREUR!!! A travers le 20% de la fenêtre non occupé par des plantes ou un rideau, un regard scrupuleux fixe fixément bien le mien sans le détourner!!! Article 489: tout rapport avec une personne de même sexe entraîne un emprisonnement de 6 à 12 mois ou 1200 Dh d'amende (1700$). Je vais prendre l'amende si possible... On n'a presque plus bougé pendant de longues minutes où nous attendions la police à notre porte. Qu'est-ce qu'un Marocain ne ferait pas pour se faire de l'argent!!
***
(Retour à la version de Sam)
Mais ce n’est que l’intermède! La soirée continue! Après que JP aie commandé un sandwich au thon casher parce qu’il trouvait que le mot « casher » sonnait exotique, après qu’il m’ait dit « Ça goûte comme du thon normal, c’est quoi la différence? », je lui apprends qu’il vient tout simplement de payer le double du prix pour manger un thon « bénit par un prêtre ». Oups!
Arnaque #4 : On achète des fruits dans la rue. 1/4 de kilo de bananes à 10 dirhams/kg et 1/4 de kilo de cerises à 16 dirhams/kg. Comptons ça comme on veut, ça fait plus ou moins 6,50-7 dirhams. Sans trop calculer sur le coup on paie 11 dirhams! Il faut tout vérifier partout.
On retourne à l’hôtel en se disant qu’il ne peut au moins rien nous arriver pendant notre sommeil. Faux! À 6h30 du matin, on est réveillés par un drôle de bruit... et de l’eau qui nous asperge. Le tuyau du lavabo vient de péter! JP se jette sur le tuyau avec une couverture de laine alors que j’enfile quelque chose de mon mieux et que je cours avertir le gars à la réception qui coupera l’eau et profitera du fait qu’on est déjà réveillés pour réparer le tout sur le champ. Une job de plomberie à 6h30. Gentil réveil. Le pire, c’est qu’on nous refusera évidement de nous dédommager monétairement pour le dérangement. « Je peux pas, mon ami. C’est pas ma faute! Est-ce que je suis le tuyau? » (Ça me rappelle ce jeune garçon qui était avec Émilie au musée et pour qui il était inconcevable que le mauvais tir qu’il avait fait au jeu des boules soit de son ressort. « Yo madame! C’est quoi c’gazon? ») Dorénavant, le mot d’ordre : payer à la fin du séjour! C’était l’arnaque #5 et je vous épargne les autres détails sur la salubrité de l’hôtel.
On « fuit » (la pognez vous?) la ville en taxi. Mais encore là on tente de nous arnaquer avec un compteur qui part à 2,10 plutôt que 1,40. « C’est à cause des bagages, monsieur. 10 centimes par kilo. » « On n’a jamais payé pour ça. Les bagages, c’est sur les bus qu’on paie, pas sur les taxis. » Puis, on réalise que le prix monte de 30 centimes à la fois plutôt que de 20 centimes. Le crosseur de chauffeur essaie de nous faire payer au tarif de nuit en pleine matinée! Toujours tout vérifier! C’est épuisant! Et on doit toujours s’obstiner! Comment ne pas devenir paranoïaque? On s’obstine un peu avec le chauffeur. Finalement, « Oui, oui, tu vas payer le tarif normal, t’inquiète pas. » T’inquiète pas, t’inquiète pas! Si on ne s’était pas inquiétés, on aurait payé 9 dirhams de compteur plutôt que les 6 qu’il finit par nous demander et les 5 que ça aurait vraiment dû nous coûter.
Le pire, c’est que quand on relativise 9 dirhams, c’est juste 1 dollar et 15 cents. Comment se plaindre sur des prix qu’on sait aussi bas? Il le faut constamment pourtant, puisqu’on est bien au courant que les locaux paient encore beaucoup moins cher. Au Maroc, il ne suffit donc pas que tu sentes le prix proposé comme très bas, il faut que tu le sentes comme fichtrement ridiculement bas!
Au moins, à Meknès, on aura découvert le jus d’amandes - un délice -, on aura visité l’intérieur d’une mosquée, ce qui n’est possible qu’extrêmement rarement et on aura aiguisé notre sens de la suspicion.
Heureusement pour nous, toutes nos journées ne sont pas aussi foisonnantes en anecdotes. Depuis cette histoire, nous avons bougé sur Chefchaouen, une ville dans les montagnes très agréable. Notre hôtel y est très très confortable pour le 14 dollars que nous payons à deux pour une nuit et, hormis les nombreux vendeurs de haschich - principale culture dans la région - qu’on doit constamment remercier d’un « Oui, oui on est canadiens... Non merci mon ami, on n’a besoin de rien... Non merci mon ami, on ne fume pas... Allez, bonne journée mon ami... Bonne journée là... Non merci mon ami... Bonne journée! », donc hormis eux, les gens sont très très sympathiques.
On pense souvent à vous. J’espère toujours vous amuser autant avec mes messages.
Es-Slama
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Tout commence à Meknès. Depuis les quelques jours que nous avons passés en terre marocaine, nous avons déjà constaté l’aspect insistant de certains enquiquineurs touristiques. En gros, si tu es blanc, tout le monde essaie de t’arnaquer, tout le temps. Pas de grosses arnaques, mais des petites piqûres de maringouins incessantes. Vous allez comprendre. Nous, c’est à Meknès qu’on saisit la grandeur du truc.
Après avoir réglé comment on va se rendre à Chefchaouen le lendemain, on décide de sauter dans un taxi pour aller visiter les greniers de Moulay Ismaïl, un immense bâtiment où s’entassaient un stock impressionnant de marchandises et des écuries qui, dit-on, pouvaient contenir 12 000 bêtes.
Arnaque #1 : Bien sûr, le chauffeur se garde de nous aviser que l’accès au site est fermé pour plusieurs mois pour cause de rénovations. Sur le côté du bâtiment où le taxi nous laisse, un ouvrier en bottes de caoutchouc nous montre le chemin de « l’entrée ».
On se rend vite compte qu’il nous promène bien plus lui-même dans les chambres que de nous conduire à l’entrée. Et l’endroit est étrangement désert. C’est louche. JP et moi cherchons un moyen de se sortir de cette situation d’arnaque #2, et dans ces cas, croyez-moi qu’un simple « Merci, on va se débrouiller seul » n’est pas suffisant pour les faire décoller. Soudain, on voit des gens au loin. On se dirige par là. Le « guide » n’a d’autre choix que de suivre, mais il se met étrangement à coller les murs. Il esquive les coins et finalement se cache dans un angle alors que l’on marche à découvert vers ces gardiens qui nous disent que c’est fermé, qu’on n’à rien à faire ici. (Yes!) « C’est un homme qui nous a emmené ici. » « Où il est? » « Il se cache là » (maudits stools que nous faisons). Le « guide » se fait « remercier ». Les gardiens nous raccompagnent vers la sortie. Tentative d’arnaque #3 de la part du gardien : « Il va falloir laisser quelque chose pour celui qui vous a emmené ici. » Le gardien essaie de se graisser la patte. Et c’est toujours accompagné du « Vous êtes canadiens? Nous on aime les canadiens. » (Si, sur la terre, n’y avait plus de connards qui se laissaient attendrir par toutes ces techniques de séduction, peut-être que ça cesserait et maudit qu’on serait bien!) On essaie de casser le pattern de séduction du mieux qu’on peut. On ne réagit pas à la tentative de graissage de patte; le gardien ne revient pas à la charge. (J’imagine déjà ma Raymonde sortir son portefeuille pour payer le « guide » au gardien en demandant un gros « combien je dois laisser? » avec ça!)
***
INTERMEDE (version Sam): Pour se reposer de ces émotions et du 42 degrés qu’il fait dehors, dans la chambre, JP et moi fermons à presque totalité les volets et on s’étend côte à côte, dans le lit. Petits becs, mon bras sous sa tête, on jase. Tout à coup, JP saute du lit. « Tabarnak Sam, il y a quelqu’un qui nous regarde par la fenêtre. » En effet, dans une improbable ouverture dans le coin d’une fenêtre barricadée dans l’édifice d’en face, une paire d’yeux s’est glissée. Un raclement de gorge a attiré le regard de JP vers cette ouverture. On s’empresse de fermer les volets complètement. Jamais on aurait pu penser que la petite fente que nous avions laissée pour faire un courant d’air aurait pu laisser un regard indiscret s’immiscer. C’est le commencement d’une série de délires. « La police va arriver et nous arrêter pour atteinte au civisme. » « Vite, trouve le numéro du consulat canadien au cas où. » « Ils vont venir nous mettre à la porte de l’hôtel. » « On va se faire battre dans la rue! »
Pour votre information , le Maroc est un pays où l’homosexualisé est passible d’emprisonnement ou d’une amende salée. Bien sûr, cette loi est certainement plus restrictive envers les Marocains qu’envers les touristes, mais nous ne prendrons pas de chance d’aller vérifier. Nous sommes habituellement la discrétion même ce qui explique cet élan de paranoïa pour cet événement si insolite.
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INTERMEDE (version JP qui est un peu gêné de mettre en ligne cette portion de texte sur son blogue consulté par des gens respectables): Repos bien mérité, on s'étend dans le lit volets fermés, ou presque... Couchés sur le bras de Sam, tout ce qui a de plus décent, j'entends un "hum hum" de l'extérieur. Curieux, je cherche du regard la seule fenêtre visible en diagonal par le pouce d'ouverture de nos volets. TERREUR!!! A travers le 20% de la fenêtre non occupé par des plantes ou un rideau, un regard scrupuleux fixe fixément bien le mien sans le détourner!!! Article 489: tout rapport avec une personne de même sexe entraîne un emprisonnement de 6 à 12 mois ou 1200 Dh d'amende (1700$). Je vais prendre l'amende si possible... On n'a presque plus bougé pendant de longues minutes où nous attendions la police à notre porte. Qu'est-ce qu'un Marocain ne ferait pas pour se faire de l'argent!!
***
(Retour à la version de Sam)
Mais ce n’est que l’intermède! La soirée continue! Après que JP aie commandé un sandwich au thon casher parce qu’il trouvait que le mot « casher » sonnait exotique, après qu’il m’ait dit « Ça goûte comme du thon normal, c’est quoi la différence? », je lui apprends qu’il vient tout simplement de payer le double du prix pour manger un thon « bénit par un prêtre ». Oups!
Arnaque #4 : On achète des fruits dans la rue. 1/4 de kilo de bananes à 10 dirhams/kg et 1/4 de kilo de cerises à 16 dirhams/kg. Comptons ça comme on veut, ça fait plus ou moins 6,50-7 dirhams. Sans trop calculer sur le coup on paie 11 dirhams! Il faut tout vérifier partout.
On retourne à l’hôtel en se disant qu’il ne peut au moins rien nous arriver pendant notre sommeil. Faux! À 6h30 du matin, on est réveillés par un drôle de bruit... et de l’eau qui nous asperge. Le tuyau du lavabo vient de péter! JP se jette sur le tuyau avec une couverture de laine alors que j’enfile quelque chose de mon mieux et que je cours avertir le gars à la réception qui coupera l’eau et profitera du fait qu’on est déjà réveillés pour réparer le tout sur le champ. Une job de plomberie à 6h30. Gentil réveil. Le pire, c’est qu’on nous refusera évidement de nous dédommager monétairement pour le dérangement. « Je peux pas, mon ami. C’est pas ma faute! Est-ce que je suis le tuyau? » (Ça me rappelle ce jeune garçon qui était avec Émilie au musée et pour qui il était inconcevable que le mauvais tir qu’il avait fait au jeu des boules soit de son ressort. « Yo madame! C’est quoi c’gazon? ») Dorénavant, le mot d’ordre : payer à la fin du séjour! C’était l’arnaque #5 et je vous épargne les autres détails sur la salubrité de l’hôtel.
On « fuit » (la pognez vous?) la ville en taxi. Mais encore là on tente de nous arnaquer avec un compteur qui part à 2,10 plutôt que 1,40. « C’est à cause des bagages, monsieur. 10 centimes par kilo. » « On n’a jamais payé pour ça. Les bagages, c’est sur les bus qu’on paie, pas sur les taxis. » Puis, on réalise que le prix monte de 30 centimes à la fois plutôt que de 20 centimes. Le crosseur de chauffeur essaie de nous faire payer au tarif de nuit en pleine matinée! Toujours tout vérifier! C’est épuisant! Et on doit toujours s’obstiner! Comment ne pas devenir paranoïaque? On s’obstine un peu avec le chauffeur. Finalement, « Oui, oui, tu vas payer le tarif normal, t’inquiète pas. » T’inquiète pas, t’inquiète pas! Si on ne s’était pas inquiétés, on aurait payé 9 dirhams de compteur plutôt que les 6 qu’il finit par nous demander et les 5 que ça aurait vraiment dû nous coûter.
Le pire, c’est que quand on relativise 9 dirhams, c’est juste 1 dollar et 15 cents. Comment se plaindre sur des prix qu’on sait aussi bas? Il le faut constamment pourtant, puisqu’on est bien au courant que les locaux paient encore beaucoup moins cher. Au Maroc, il ne suffit donc pas que tu sentes le prix proposé comme très bas, il faut que tu le sentes comme fichtrement ridiculement bas!
Au moins, à Meknès, on aura découvert le jus d’amandes - un délice -, on aura visité l’intérieur d’une mosquée, ce qui n’est possible qu’extrêmement rarement et on aura aiguisé notre sens de la suspicion.
Heureusement pour nous, toutes nos journées ne sont pas aussi foisonnantes en anecdotes. Depuis cette histoire, nous avons bougé sur Chefchaouen, une ville dans les montagnes très agréable. Notre hôtel y est très très confortable pour le 14 dollars que nous payons à deux pour une nuit et, hormis les nombreux vendeurs de haschich - principale culture dans la région - qu’on doit constamment remercier d’un « Oui, oui on est canadiens... Non merci mon ami, on n’a besoin de rien... Non merci mon ami, on ne fume pas... Allez, bonne journée mon ami... Bonne journée là... Non merci mon ami... Bonne journée! », donc hormis eux, les gens sont très très sympathiques.
On pense souvent à vous. J’espère toujours vous amuser autant avec mes messages.
Es-Slama
vendredi 12 juin 2009
Le parfum de la Provence; La frénésie du Maroc
Eh oui, les retrouvailles sont derrière nous et il y a déjà plus d'une semaine que j'ai retrouvé Jean-Philippe. Vous m'excuserez de ne pas donner des nouvelles régulièrement. Les choses s'enchâinent si vite ici. Pour avoir de nos nouvelles, il ne faut pas oublier d'aller voir sur le blogue de JP aussi. Parfois, il écrit sans que j'en fasse de meme.
Aussi, je ne veux pas répéter ce qu'il a déjà écrit. Je me contenterai de vous parler brièvement de notre escapade en Provence. C'est un JP sous le choc de replonger dans le monde occidentalisé que j'ai retrouvé à l'aéroport de Marseille. Un JP amaigri aussi (tout comme moi d'ailleurs), mais toujours plus joli. Lui, me cherchais des yeux avec une pointe d'inquiétude. Quand il m'a vu, lumière dans ses yeux. On s'est serrés en silence et versé quelques lqrmes de joie en se disant de courtes phrases de réjouissances d'une voix fragile et tremblottante.
C'est un JP émerveillé que j'ai vu se prélasser dans une calanque sur l'archipel du frioul alors que nous étions si seuls que nous aurions meme pu nous baigner complètement nus. (l'avons-nous seulement fait ?...?)
C'est un JP sous le choc que j'ai vu reprendre connexion avec un monde occidentalisé ou les rapports à l'autre sont asceptisés et ou le culte de l'apparence et de l'avoir se ressent partout.
C'est un JP amusé que j'ai entendu chanter "SUS le pont d'avignon" à la manière du vieux francais, alors que nous marchions devant le mythique batiment en question.
C'est un JP un peu sauvage qur j'ai découvert dans cette auberge de jeunesse alors que nous n'avions pas du tout envie de socialiser avec les autres, tous les deux dans notre bulle, avec notre fromage à 2 euros et notre bouteille de vin à 3 euros.
Et c'est finalement un JP bouche-bée que j'ai vu alors que nous arrivions dans cette si bucolique et chaleureuse auberge de Fontaine de Vaucluse, ou le temps s'arrete (comme à Natashquan), ou les odeurs de jasmin, de romarin et de thym se fondent dans le vallon rocheux et aride dans lequel nous avons marché si longuement. Nous en sommes arrivés à cette conclusion : La provence, c'est d'abbord l'auberge de Fontaine de Vaucluse.
Et nous voici maintenant dans le monde arabe. Le Maroc. De ce que nous avons vu depuis 2 jours, la frénésie est partout, le touriste est la pièce de viande et le prix gonflé est chose courante. Pour ma part, je trouve ça moins pire qu'en Egypte. Au moins, l'affichage se fait aussi en français et les gens sont somme toute moins insistants. Le vol ne semble pas plus problématique que les autres pays que j'ai traversés. Les précautions usuelles feront l'affaire. On se conditionne tranquillement à devoir négocier tout ce qu'on achète. Mais nous sommes réjouis du bas prix des choses et nous profitions de la gastronomie de rue. Jus de canne à sucre, nougat, figues, soupe d'escargots, olives par centaines, coucous, tagines, fruits frais et magnifiques, à des prix dérisoires dans des marchés serrés et compacts, bondés de monde et qui sentent un heureux mélange d'épices, de patisseries et de parfums exotiques.
Continuez de nous écrire de joyeux commentaires, on adore vous lire et avoir de vos nouvelles. Allez voir nos photos! En attendant d'etre réveillés à 5 heures du matin par la voix du chanteur de la mosquée qui résonne dans toute la ville par des hauts-parleurs de mauvaise qualité, je vous dis à la prochaine!
Aussi, je ne veux pas répéter ce qu'il a déjà écrit. Je me contenterai de vous parler brièvement de notre escapade en Provence. C'est un JP sous le choc de replonger dans le monde occidentalisé que j'ai retrouvé à l'aéroport de Marseille. Un JP amaigri aussi (tout comme moi d'ailleurs), mais toujours plus joli. Lui, me cherchais des yeux avec une pointe d'inquiétude. Quand il m'a vu, lumière dans ses yeux. On s'est serrés en silence et versé quelques lqrmes de joie en se disant de courtes phrases de réjouissances d'une voix fragile et tremblottante.
C'est un JP émerveillé que j'ai vu se prélasser dans une calanque sur l'archipel du frioul alors que nous étions si seuls que nous aurions meme pu nous baigner complètement nus. (l'avons-nous seulement fait ?...?)
C'est un JP sous le choc que j'ai vu reprendre connexion avec un monde occidentalisé ou les rapports à l'autre sont asceptisés et ou le culte de l'apparence et de l'avoir se ressent partout.
C'est un JP amusé que j'ai entendu chanter "SUS le pont d'avignon" à la manière du vieux francais, alors que nous marchions devant le mythique batiment en question.
C'est un JP un peu sauvage qur j'ai découvert dans cette auberge de jeunesse alors que nous n'avions pas du tout envie de socialiser avec les autres, tous les deux dans notre bulle, avec notre fromage à 2 euros et notre bouteille de vin à 3 euros.
Et c'est finalement un JP bouche-bée que j'ai vu alors que nous arrivions dans cette si bucolique et chaleureuse auberge de Fontaine de Vaucluse, ou le temps s'arrete (comme à Natashquan), ou les odeurs de jasmin, de romarin et de thym se fondent dans le vallon rocheux et aride dans lequel nous avons marché si longuement. Nous en sommes arrivés à cette conclusion : La provence, c'est d'abbord l'auberge de Fontaine de Vaucluse.
Et nous voici maintenant dans le monde arabe. Le Maroc. De ce que nous avons vu depuis 2 jours, la frénésie est partout, le touriste est la pièce de viande et le prix gonflé est chose courante. Pour ma part, je trouve ça moins pire qu'en Egypte. Au moins, l'affichage se fait aussi en français et les gens sont somme toute moins insistants. Le vol ne semble pas plus problématique que les autres pays que j'ai traversés. Les précautions usuelles feront l'affaire. On se conditionne tranquillement à devoir négocier tout ce qu'on achète. Mais nous sommes réjouis du bas prix des choses et nous profitions de la gastronomie de rue. Jus de canne à sucre, nougat, figues, soupe d'escargots, olives par centaines, coucous, tagines, fruits frais et magnifiques, à des prix dérisoires dans des marchés serrés et compacts, bondés de monde et qui sentent un heureux mélange d'épices, de patisseries et de parfums exotiques.
Continuez de nous écrire de joyeux commentaires, on adore vous lire et avoir de vos nouvelles. Allez voir nos photos! En attendant d'etre réveillés à 5 heures du matin par la voix du chanteur de la mosquée qui résonne dans toute la ville par des hauts-parleurs de mauvaise qualité, je vous dis à la prochaine!
dimanche 31 mai 2009
Chaque question a sa bonne réponse.
Bien le bonjour tout le monde! Me voici pris cette fois-ci pris avec un clavier AZERTY francais... les accents existent, mais sont batards à faire... je ne garantis pas qu'ils soient tous là. De plus à certains moments, le Q peut se substituer au A, le W au Z et le M au ?...
Depuis la dernière parution, bien des choses se sont passées. D'abord la double traversée de la mer Adriatique du Montenegro à l'Italie du sud (Bari), un après-midi en Italie avant de retraverser vers Patras, Grèce. 21 heures de traversier! La mer était calme et les bateaux spacieux et divertissants. La traversée s'est en gros très bien déroulée en compagnie de backpackers américains qui ont insisté pour qu'on fasse des "drinking games" toute la nuit. Ca me semble culturel aux anglos-saxons: boire une petite biere tranquille en jasant et écoutant de la musique, ce n'est pas assez. Il faut plus de divertissement et il faut boire plus, le plus vite possible! Alors ils sortent un paquet de cartes et inventent des jeux débiles ou la punition est immanquablement une grogée d'alcool de plus. Moi je trouve ça ordinaire. Ca te fais pas boire relax, mais stressé et plus personne ne se parle que du jeu.
Mon escapade de quelques heures en sol italien m'a rendu nostalgique du pays. Depuis ma dernière visite dans ce pays, je ne comprend pas ce qui s'est tant transformé en moi ou dans quel creux de mon cerveau je suis allé chercher tout ca, mais je me suis surpris à etre capable de ne me débrouiller qu'en italien pour demander mon chemin, commander des trucs, et meme parler avec une vieille dame sur le coin d'une rue! La puissance du mental m'a rattrapé. Il m'en faudrait certainement peu pour devenir trilingue. Là j'exagère un peu, n'empeche que ma débrouillardise polyglotte m'a étonnée tout le long du voyage.
Puis ce fut quelques jours à Athènes, ville mythique, ville poussiéreuse, ville cuisante, ville vivante. Le petit bijou d'auberge ou je suis resté avait un espace commun magnifique ou a chaque soir, une petite soirée de socialisation s'improvisait. Entre les ruines et les petites rues qui entourent l'acropole; j'ai aussi fait une escapade d'une journée dans une ile non loin de là. Et j'ai surtout profité de la Tsatsiki, des Spanacopitas et des Gyros!
En Croatie, lorsque je suis sorti du traversier qui m'amenait à Dubrovnik, le manège du magasinage de la chambre privée a commencé. Toute les offres plus centrales, plus abordable et plus confortables les une que les autres. Finalement, apres quelques changements d'idée qui n'ont pas manquer de faire raler les propriétaires que j'abandonnais pour un meilleur, mon choix s'arrete, on embarque dqns l'auto et on s'en va a la chambre. C'est dans cette voiture que je fais la rencontre de deux Français en voyage qui habitent Paris; Emmanuel et Stéphanie. En l'espace de 5 petites minutes de route, les présentations semblent assez faites à leurs yeux pour me proposer de venir dormir chez eux pendant mon court séjour à Paris. Donc, sorti de l'avion EasyJet Athènes-Paris Orly, c'est tout droit vers le 15e arrondissement que je me dirige!
Durant ces deux jours, j'y serai reçu comme un roi! En plus d'avoir un lit gratuit, Emmanuel et Stéphanie font office de guides privés et je découvre Paris de l'intérieur. Après une première soirée bien arrosée au Picon-bière (je vous expliquerai...), un peu gueule de bois le lendemain, on part en expédition. A pied, en bus, en métro (bien sur, on insiste pour m'offrir les billets gratuitement), ou sur ces petits vélos public qu'on récupère et qu'on abandonne dans ces aires de distribution qui truffent la ville (vivement l'agrandissement de ce système chez nous!). Je ne peux vous dire tout ce qu'on voit, de toute façon ici, partout ou tes yeux s'arretent, il y a un mémoire de maitrise à rédiger, mais je peux tout de meme dire a mes fidèles lecteurs du musée Stewart que j'ai maintenant suffisamment d'informations pour planter la célèbre phrase de notre cher directeur, M.Vadeboncoeur qui, nous faisant visiter cette nouvelle exposition, a répondu face une tapisserie de haute-lisse des Gobelins à la question d'un guide: "M.Vadeboncoeur, c'est quoi au juste de la haute-lisse" "... ben de la haute-lisse... c'est de la haute-lisse!". Après avoir vu des chefs-d'oeuvre de tapisseries à l'atelier des Gobelins, je pourrai maintenant démystifier cette question. A suivre en personne.
Me voici a Marseille pour mes dernières heures en solitaire avant de retrouver mon petit amour! Je ne peux vous dire a quel point je suis excité. J'ai tout de meme bien profité des mes journées avec Julie, une copine marseillaise dans une veillée barbecue à 10 personnes dans les calanques du sud, gros party; et un après-midi escalade sur les falaises des calanques du nord.
Les histoires de nos retrouvailles dans une autre parution. Pour l'instant, les réponses à vos questions.
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HABITUDES ALIMENTAIRES
Pour sauver de l'argent, évidement cuisiner ses propres choses est important. Mon sac à dos contient donc souvent un sac de pates toujours pretes a etre ébouillantées, des biscuits secs pour les fringales, du pain noir comme le diable et bourratif comme un repas de jour de l'an, pommes ou oranges, et un pot de Nutella, aussi bon pour tartiner sur le pain le matin que pour un boost d'énergie en milieu de journée. Sinon, selon les régions et les trucs disponibles, les menus peuvent varier. Thon, tomates, paprika, tsatsiki, sauce bolognaise, formages, patés, saucices et salamis, viandes froides de toute sortes, yogourt à boire...
Dans les pays au nord, ils mangent beaucoup de viande. En Slovaquie, j'ai gouté les Halushki, des petis gnochis servis avec du fromage de brebis. Délicieux. Jw rapporte aussi au Québec la recette de Goulash de la famille Bezak, Slovaquie. Le goulash prend plusieurs formes selon les pays, de soupe à bouilli ou ragout selon les régions, il est composé généralement d'une pièce de porce en dés, de patates, d'oignons et de beaucoup, beaucoup de paprika comme c'est leur habitude. Un vrai délice.
Dans le plus étrange, j'ai gouté en Lithuanie l'équivalent de notre bouffe de taverne, genre oeufs dans le vinaigre et langue de porc. Ici, ils mangent les oreilles de porcs et les groins de porcs fumés avec la bière. Surprenant. Plus une expérience qu'un délice, ceux que croquer un cartilage rebute doivent oublier ça.
Plus au sud, les poissons prennent plus de place et ils sont soit apprêtés grillés tout entier sur un feu de bois ou alors en bouillis, ou alors en filet. Les calmars, poulpes et seiches sont aussi très prisées et très bien apprêtées. J'ai aussi eu le plaisir de goûter au Montenegro un bouillis... d'ortie! Oui oui cette plante urticaire qu'on traite comme de la mauvaise herbe chez nous est ici utilisée en cuisine et considérée comme un des légumes les meilleurs pour la santé. On est un peu à côté de la track.
Les expériences culinaires ne sont pas finie, il y aura encore beaucoup à dire au Maghreb.
FRONTIÈRES
Jusqu'à maintenant, j'ai traversé les frontières ukrainiennes, lithuaniennes, croates et montenégrines. Vous connaissez déjà mon aventure entre la Pologne et l'Ukraine. En général cependant tout se passe très vite et très bien avec mon passeport canadien quoiqu'il est vrai que les douanier s'arrêtent un peu plus longtemps pour tenter de remettre de l'ordre dans tous ces tampons datés et éparpillés et comprendre l'itinéraire hors-schengen, in-schengen que j'ai suivi.
Une seule mésaventure au sortir de la Croatie pour le Montenegro. Notre bus s'arrête et il est clair dans le visage de la douanière qu'elle doit remplir son quota. Ici le quota, c'est deux personnes dans l'autobus qui devront ouvrir leur sac en entier. Elle garde mon passeport canadien avec elle avec ce petit air de «tiens un canadien, pourquoi pas, ça va faire changement». Moi et un autre français devons donc descendre de l'autobus et aller chercher nos sacs au fin fond de la soute a bagages de l'autobus. Mais pas de danger que les chauffeurs nous aident à sortir les sacs qui ne nous appartiennent pas et à les remettre en place une fois nos sacs trouvés. Tout l'autobus nous regarde, les deux malchanceux, suer comme des mongols à trimballer des sacs qui ne sont même pas les nôtre. Et ensuite, c'est la fouille complète du sac, et quand je dis complète, c'est complète.
Défaire les paires bas pour s'assurer qu'il n'y a pas de drogue de caché. Ouvrir chaque tube de dentifrice et de shampoing du kit de toilette, fouiller chaque enveloppe de papier contenant cartes postales souvenirs ou notes de voyage, etc. Il faut voir la tête du douanier quand il ouvre ce petit pot de plastique blanc remplit de feuilles séchées de thé du labrador cueillies par moi et JP l'été dernier sur la Côte-Nord et que j'avais cru bon amener avec moi pour faire gouter a ceux que je rencontrais. Petites feuilles vertes reniflées et examinées par le douanier. Moi qui dit tout sûr de moi «This is tea.». Il faut aussi voir sa tête quand il ouvre le compartiment à médicaments de mon kit de toilette et qu'il tombe sur des Benadryl pour les allergies. Je lui dit «This is Benadryl, for allergies.» il me regarde «No this is not», je dis «Yes it's Benadryl» et il me montre les pilules où il est inscrit «Enadryl», sans le B. Je dois dire que j'achète des marques générique, mais comment expliquer à un douanier croate qui sait même pas c'est quoi un Benadryl que «Enadryl» c'est surement le nom pour une marque générique. Comment on dit ça une marque générique en anglais... Ah pis fuck «Yes this is what I said Enadryl» «...» «...» Je ne me suis jamais senti aussi coupable d'avoir le rhume des foins.
Au sortir du schengen, tout peut arriver, dépendamment de quel pays tu veux entrer dans le territoire et les relations politique qu'entretiennent le pays hôte avec ledit pays voisin. À l'intérieur du Schengen, aucun problème, jamais. C'est un charme!
GUERRE DANS LE QUOTIDIEN
Oui les résidus de la guerre est encore partout ici, surtout en ex-Yougloslavie ou le conflit est tout jeune, en 1992, nous étions tous là, à peu près. Mais les gens ne parlent pas de la guerre ouvertement ou automatiquement, il faut leur poser des questions. Et quand on leur explique qu'on s'intéresse à leur réponse pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé et pourquoi s'en est arrivé là, ils n'arrivent pas à comprendre notre intérêt curieux. Eux ont vécu la guerre ou ont entendu parler de la guerre et vivent presque tous encore dans une société influencée par les relents des guerres, pour eux la guerre, c'est terrible et c'est tout. Ce n'est ni une curiosité et ça ne s'explique pas. Ou si ça s'explique, il n'y voient aucun intéret pusiqu'ils ont été trop proche de la souffrance concrète de la guerre.
On voit des gens décus, puisque conscients du retard qu'ils ont accumulé durant ces années de conflits par rapport au reste des pays occidentaux. Des gens blessés, mais surtout des gens qui veulent oublier qui veulent vivre dans le présent et qui veulent qu'on les reconnaissent pour ce qu'ils sont aujourd'hui.
LE PETIT JÉSUS DE PARGUE
Jamais entendu parler. Si j'avais sû avant, je me serais fait un plaisir de courir à travers Prague en Sherlock Holmes pour trouver une fois de plus réponse à une énigme historique proposée par Mamie!
ENFANTS
L'enfance est partout pareille. Les plus jeunes attendrissants et toujours avec cette même vivacité universelle. À comprendre qu'au départ, sans référents culturels, on est instinctivement vraiment tous les mêmes, d'un bout à l'autre de la planète.
Quelques expériences où de jeunes enfants mandient, la pitié dans le regard, mais la ruse d'un travail bien maitrisé mais bien ingrat derrière la pupille.
Joueurs, rieurs et taquins, les enfants sont partout les mêmes. En pays désormais pacifiques les histoires des jeux de guerre influencés par le quotidien ou d'enfants-soldats n'existent plus. Que des enfants qui grandissent en assimilant les schèmes de leur société respective.
LE VOYAGE ME CHANGE
Bien sûr. Je le sens. Mon caractère se renforce, ma débrouillardise s'intensifie, mais surtout à voyager en solitaire, on apprend à se connaître sous des facette mal connues de notre personnalité. On est seul avec nous-même, ici plus possible de se mentir à soi-même ou prétendre être quelqu'un d'autre. Les vrais consats sur ce que ce voyage m'a apporté se manifesteront à mon retour, dans ma façon de réintégrer ma vie plus quotidienne. Pour l'instant, je ne vois que moi qui voyage. Mais je sens que j'ai bougé de l'intérieur sans vraiment pouvoir mettre des mots ou des images pour l'instant.
LE VOYAGE EN UN MOT
J'ai le mot, mais ne sait à quel temps le mettre. Je mets les deux.
RENCONTRE au singulier : Pour la grande rencontre avec l'inconnu, moi même et une partie de la terre.
RENCONTRES au pluriel : Pour toute l'hospitalité dont j'ai profité, les amitiés-minutes que j'ai partagées et les gens authentiques que je souhaiterais revoir ne serait-ce qu'une fois dans me vie, de tout mon coeur.
Et comme j'écris ce mot, deux autres me viennent en tête.. Et puis je triche.. je suis incapable de sélectionner l'un plus que l'autre. De toute façon c'est une liaison covalente, l'un ne va pas sans l'autre.
ÉCHANGE et GÉNÉROSITÉ
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Voilà. demain je retrouve JP. Une page va bientôt se tourner. Mon voyage est à un carrefour. J'emprunte maintenant un nouveau sentier. J'espère que vous continuerez de le suivre avec moi... avec nous.
À la revoyure.
Depuis la dernière parution, bien des choses se sont passées. D'abord la double traversée de la mer Adriatique du Montenegro à l'Italie du sud (Bari), un après-midi en Italie avant de retraverser vers Patras, Grèce. 21 heures de traversier! La mer était calme et les bateaux spacieux et divertissants. La traversée s'est en gros très bien déroulée en compagnie de backpackers américains qui ont insisté pour qu'on fasse des "drinking games" toute la nuit. Ca me semble culturel aux anglos-saxons: boire une petite biere tranquille en jasant et écoutant de la musique, ce n'est pas assez. Il faut plus de divertissement et il faut boire plus, le plus vite possible! Alors ils sortent un paquet de cartes et inventent des jeux débiles ou la punition est immanquablement une grogée d'alcool de plus. Moi je trouve ça ordinaire. Ca te fais pas boire relax, mais stressé et plus personne ne se parle que du jeu.
Mon escapade de quelques heures en sol italien m'a rendu nostalgique du pays. Depuis ma dernière visite dans ce pays, je ne comprend pas ce qui s'est tant transformé en moi ou dans quel creux de mon cerveau je suis allé chercher tout ca, mais je me suis surpris à etre capable de ne me débrouiller qu'en italien pour demander mon chemin, commander des trucs, et meme parler avec une vieille dame sur le coin d'une rue! La puissance du mental m'a rattrapé. Il m'en faudrait certainement peu pour devenir trilingue. Là j'exagère un peu, n'empeche que ma débrouillardise polyglotte m'a étonnée tout le long du voyage.
Puis ce fut quelques jours à Athènes, ville mythique, ville poussiéreuse, ville cuisante, ville vivante. Le petit bijou d'auberge ou je suis resté avait un espace commun magnifique ou a chaque soir, une petite soirée de socialisation s'improvisait. Entre les ruines et les petites rues qui entourent l'acropole; j'ai aussi fait une escapade d'une journée dans une ile non loin de là. Et j'ai surtout profité de la Tsatsiki, des Spanacopitas et des Gyros!
En Croatie, lorsque je suis sorti du traversier qui m'amenait à Dubrovnik, le manège du magasinage de la chambre privée a commencé. Toute les offres plus centrales, plus abordable et plus confortables les une que les autres. Finalement, apres quelques changements d'idée qui n'ont pas manquer de faire raler les propriétaires que j'abandonnais pour un meilleur, mon choix s'arrete, on embarque dqns l'auto et on s'en va a la chambre. C'est dans cette voiture que je fais la rencontre de deux Français en voyage qui habitent Paris; Emmanuel et Stéphanie. En l'espace de 5 petites minutes de route, les présentations semblent assez faites à leurs yeux pour me proposer de venir dormir chez eux pendant mon court séjour à Paris. Donc, sorti de l'avion EasyJet Athènes-Paris Orly, c'est tout droit vers le 15e arrondissement que je me dirige!
Durant ces deux jours, j'y serai reçu comme un roi! En plus d'avoir un lit gratuit, Emmanuel et Stéphanie font office de guides privés et je découvre Paris de l'intérieur. Après une première soirée bien arrosée au Picon-bière (je vous expliquerai...), un peu gueule de bois le lendemain, on part en expédition. A pied, en bus, en métro (bien sur, on insiste pour m'offrir les billets gratuitement), ou sur ces petits vélos public qu'on récupère et qu'on abandonne dans ces aires de distribution qui truffent la ville (vivement l'agrandissement de ce système chez nous!). Je ne peux vous dire tout ce qu'on voit, de toute façon ici, partout ou tes yeux s'arretent, il y a un mémoire de maitrise à rédiger, mais je peux tout de meme dire a mes fidèles lecteurs du musée Stewart que j'ai maintenant suffisamment d'informations pour planter la célèbre phrase de notre cher directeur, M.Vadeboncoeur qui, nous faisant visiter cette nouvelle exposition, a répondu face une tapisserie de haute-lisse des Gobelins à la question d'un guide: "M.Vadeboncoeur, c'est quoi au juste de la haute-lisse" "... ben de la haute-lisse... c'est de la haute-lisse!". Après avoir vu des chefs-d'oeuvre de tapisseries à l'atelier des Gobelins, je pourrai maintenant démystifier cette question. A suivre en personne.
Me voici a Marseille pour mes dernières heures en solitaire avant de retrouver mon petit amour! Je ne peux vous dire a quel point je suis excité. J'ai tout de meme bien profité des mes journées avec Julie, une copine marseillaise dans une veillée barbecue à 10 personnes dans les calanques du sud, gros party; et un après-midi escalade sur les falaises des calanques du nord.
Les histoires de nos retrouvailles dans une autre parution. Pour l'instant, les réponses à vos questions.
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HABITUDES ALIMENTAIRES
Pour sauver de l'argent, évidement cuisiner ses propres choses est important. Mon sac à dos contient donc souvent un sac de pates toujours pretes a etre ébouillantées, des biscuits secs pour les fringales, du pain noir comme le diable et bourratif comme un repas de jour de l'an, pommes ou oranges, et un pot de Nutella, aussi bon pour tartiner sur le pain le matin que pour un boost d'énergie en milieu de journée. Sinon, selon les régions et les trucs disponibles, les menus peuvent varier. Thon, tomates, paprika, tsatsiki, sauce bolognaise, formages, patés, saucices et salamis, viandes froides de toute sortes, yogourt à boire...
Dans les pays au nord, ils mangent beaucoup de viande. En Slovaquie, j'ai gouté les Halushki, des petis gnochis servis avec du fromage de brebis. Délicieux. Jw rapporte aussi au Québec la recette de Goulash de la famille Bezak, Slovaquie. Le goulash prend plusieurs formes selon les pays, de soupe à bouilli ou ragout selon les régions, il est composé généralement d'une pièce de porce en dés, de patates, d'oignons et de beaucoup, beaucoup de paprika comme c'est leur habitude. Un vrai délice.
Dans le plus étrange, j'ai gouté en Lithuanie l'équivalent de notre bouffe de taverne, genre oeufs dans le vinaigre et langue de porc. Ici, ils mangent les oreilles de porcs et les groins de porcs fumés avec la bière. Surprenant. Plus une expérience qu'un délice, ceux que croquer un cartilage rebute doivent oublier ça.
Plus au sud, les poissons prennent plus de place et ils sont soit apprêtés grillés tout entier sur un feu de bois ou alors en bouillis, ou alors en filet. Les calmars, poulpes et seiches sont aussi très prisées et très bien apprêtées. J'ai aussi eu le plaisir de goûter au Montenegro un bouillis... d'ortie! Oui oui cette plante urticaire qu'on traite comme de la mauvaise herbe chez nous est ici utilisée en cuisine et considérée comme un des légumes les meilleurs pour la santé. On est un peu à côté de la track.
Les expériences culinaires ne sont pas finie, il y aura encore beaucoup à dire au Maghreb.
FRONTIÈRES
Jusqu'à maintenant, j'ai traversé les frontières ukrainiennes, lithuaniennes, croates et montenégrines. Vous connaissez déjà mon aventure entre la Pologne et l'Ukraine. En général cependant tout se passe très vite et très bien avec mon passeport canadien quoiqu'il est vrai que les douanier s'arrêtent un peu plus longtemps pour tenter de remettre de l'ordre dans tous ces tampons datés et éparpillés et comprendre l'itinéraire hors-schengen, in-schengen que j'ai suivi.
Une seule mésaventure au sortir de la Croatie pour le Montenegro. Notre bus s'arrête et il est clair dans le visage de la douanière qu'elle doit remplir son quota. Ici le quota, c'est deux personnes dans l'autobus qui devront ouvrir leur sac en entier. Elle garde mon passeport canadien avec elle avec ce petit air de «tiens un canadien, pourquoi pas, ça va faire changement». Moi et un autre français devons donc descendre de l'autobus et aller chercher nos sacs au fin fond de la soute a bagages de l'autobus. Mais pas de danger que les chauffeurs nous aident à sortir les sacs qui ne nous appartiennent pas et à les remettre en place une fois nos sacs trouvés. Tout l'autobus nous regarde, les deux malchanceux, suer comme des mongols à trimballer des sacs qui ne sont même pas les nôtre. Et ensuite, c'est la fouille complète du sac, et quand je dis complète, c'est complète.
Défaire les paires bas pour s'assurer qu'il n'y a pas de drogue de caché. Ouvrir chaque tube de dentifrice et de shampoing du kit de toilette, fouiller chaque enveloppe de papier contenant cartes postales souvenirs ou notes de voyage, etc. Il faut voir la tête du douanier quand il ouvre ce petit pot de plastique blanc remplit de feuilles séchées de thé du labrador cueillies par moi et JP l'été dernier sur la Côte-Nord et que j'avais cru bon amener avec moi pour faire gouter a ceux que je rencontrais. Petites feuilles vertes reniflées et examinées par le douanier. Moi qui dit tout sûr de moi «This is tea.». Il faut aussi voir sa tête quand il ouvre le compartiment à médicaments de mon kit de toilette et qu'il tombe sur des Benadryl pour les allergies. Je lui dit «This is Benadryl, for allergies.» il me regarde «No this is not», je dis «Yes it's Benadryl» et il me montre les pilules où il est inscrit «Enadryl», sans le B. Je dois dire que j'achète des marques générique, mais comment expliquer à un douanier croate qui sait même pas c'est quoi un Benadryl que «Enadryl» c'est surement le nom pour une marque générique. Comment on dit ça une marque générique en anglais... Ah pis fuck «Yes this is what I said Enadryl» «...» «...» Je ne me suis jamais senti aussi coupable d'avoir le rhume des foins.
Au sortir du schengen, tout peut arriver, dépendamment de quel pays tu veux entrer dans le territoire et les relations politique qu'entretiennent le pays hôte avec ledit pays voisin. À l'intérieur du Schengen, aucun problème, jamais. C'est un charme!
GUERRE DANS LE QUOTIDIEN
Oui les résidus de la guerre est encore partout ici, surtout en ex-Yougloslavie ou le conflit est tout jeune, en 1992, nous étions tous là, à peu près. Mais les gens ne parlent pas de la guerre ouvertement ou automatiquement, il faut leur poser des questions. Et quand on leur explique qu'on s'intéresse à leur réponse pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé et pourquoi s'en est arrivé là, ils n'arrivent pas à comprendre notre intérêt curieux. Eux ont vécu la guerre ou ont entendu parler de la guerre et vivent presque tous encore dans une société influencée par les relents des guerres, pour eux la guerre, c'est terrible et c'est tout. Ce n'est ni une curiosité et ça ne s'explique pas. Ou si ça s'explique, il n'y voient aucun intéret pusiqu'ils ont été trop proche de la souffrance concrète de la guerre.
On voit des gens décus, puisque conscients du retard qu'ils ont accumulé durant ces années de conflits par rapport au reste des pays occidentaux. Des gens blessés, mais surtout des gens qui veulent oublier qui veulent vivre dans le présent et qui veulent qu'on les reconnaissent pour ce qu'ils sont aujourd'hui.
LE PETIT JÉSUS DE PARGUE
Jamais entendu parler. Si j'avais sû avant, je me serais fait un plaisir de courir à travers Prague en Sherlock Holmes pour trouver une fois de plus réponse à une énigme historique proposée par Mamie!
ENFANTS
L'enfance est partout pareille. Les plus jeunes attendrissants et toujours avec cette même vivacité universelle. À comprendre qu'au départ, sans référents culturels, on est instinctivement vraiment tous les mêmes, d'un bout à l'autre de la planète.
Quelques expériences où de jeunes enfants mandient, la pitié dans le regard, mais la ruse d'un travail bien maitrisé mais bien ingrat derrière la pupille.
Joueurs, rieurs et taquins, les enfants sont partout les mêmes. En pays désormais pacifiques les histoires des jeux de guerre influencés par le quotidien ou d'enfants-soldats n'existent plus. Que des enfants qui grandissent en assimilant les schèmes de leur société respective.
LE VOYAGE ME CHANGE
Bien sûr. Je le sens. Mon caractère se renforce, ma débrouillardise s'intensifie, mais surtout à voyager en solitaire, on apprend à se connaître sous des facette mal connues de notre personnalité. On est seul avec nous-même, ici plus possible de se mentir à soi-même ou prétendre être quelqu'un d'autre. Les vrais consats sur ce que ce voyage m'a apporté se manifesteront à mon retour, dans ma façon de réintégrer ma vie plus quotidienne. Pour l'instant, je ne vois que moi qui voyage. Mais je sens que j'ai bougé de l'intérieur sans vraiment pouvoir mettre des mots ou des images pour l'instant.
LE VOYAGE EN UN MOT
J'ai le mot, mais ne sait à quel temps le mettre. Je mets les deux.
RENCONTRE au singulier : Pour la grande rencontre avec l'inconnu, moi même et une partie de la terre.
RENCONTRES au pluriel : Pour toute l'hospitalité dont j'ai profité, les amitiés-minutes que j'ai partagées et les gens authentiques que je souhaiterais revoir ne serait-ce qu'une fois dans me vie, de tout mon coeur.
Et comme j'écris ce mot, deux autres me viennent en tête.. Et puis je triche.. je suis incapable de sélectionner l'un plus que l'autre. De toute façon c'est une liaison covalente, l'un ne va pas sans l'autre.
ÉCHANGE et GÉNÉROSITÉ
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Voilà. demain je retrouve JP. Une page va bientôt se tourner. Mon voyage est à un carrefour. J'emprunte maintenant un nouveau sentier. J'espère que vous continuerez de le suivre avec moi... avec nous.
À la revoyure.
mardi 19 mai 2009
La semaine bleue
Bonjour tout le monde.
Aujourd'hui, c'est un clavier anglais qui se presente a moi, alors aucun accent dans la missive. Je vous remercie d'ailleurs de faire fi de ces accents pas toujours presents ou parfois un peu difformes. Vous aurez aussi devine qu'il ne m'est pas toujours possible de me relire, donc excusez-moi pour le coquilles et les redondances.
Ceci dit, belle semaine que je viens de passer! J'ai debute a Split Crotaie, jolie ville deja, mais rien compare a Hvar (hhh-var), une ile croate absoluement emballante. Ensuite, ce fut la magnifique ville fortifiee de Dubrovnik et j'ai traverse au Montenegro ou je passe trois jours sur Kotor. J'ai meme reussi a vous trouver un theme cette semaine. Le bleu! Alors allons-y pour les nouvelles bleues!
BLEU CIEL
Partout sur la cote de la mer Adriatique, le ciel est bleu toute la journee, le soleil est chaud comme lors de nos plus grandes canicules de juillet et on n'est qu'en mai! Mon corps de nordique a de la misere a s'y faire. Je me demeande ce que ce sera en plein mois de juillet au beau milieu de la Tunisie!!! On traversera le pont quand on y sera rendu... N'ayez pas peur, je me protege toujours avec de la creme, je dois meme en avoir l'air freak, parce que ca ne semble pas trop a la mode par ici.
A chaque jour ou presque donc, ce soleil si chaud en journee evapore tellement d'eau de la mer qu'il couvre miraculeusement le ciel vers 17h pour nous donner un repit et parfois meme faire tomber quelques gouttes de pluie liberatrice. Ici, les jours sont deja tres longs, le soleil se leve a 6h et se couche vers 20h.
BATEAU BLEU
Toutes les villes qui longent la cote ont leur petit port. Et icim on trouve de tout genre de bateau, des petites chaloupes de pecheurs avec un moteur deux temps a l'arriere jusqu'au gros traversiers de la Jadrolinija (ya-dro-lin-ya), la compagnie croate des traverses. Mais evidement les plus beaux, ce sont les gros voiliers qui s'en vont majestueusement et qui me font toujours penser a Mario (il faut vraiment s'organiser pour aller faire de la voile en famille cet ete) et ces luxueux bateau a moteurs de reve qui me font toujours penser a ma belle-mere, Louise. (Cet ete, on vient vous voir au lac Champlain, Loulou)
BLEU LAVANDE
Sur Hvar, il y a de majestueux sentiers le long de la cote qui m'ont fait beaucoup penser aux magnifiques calanques de Marseille qu'on a explorees Marjorie et moi, il y a 4 ans de cela. Et partout aux alentours des escarpements de calcaire poussent de la lavande, du romarin et une fleur jaune qui sent le jasmin a s'y meprendre. L'air salin est bon, le temps n'a pas la meme densite tout est lent.
Je m'arrete dans une baie pour me baigner un peu et m'etendre au soleil. Je repars. Je bois scrupuleusement de petites grogees d'eau que la poche d'hydratation cachee au creux de mon sac me fournit. Et je bifurque dans les terres pour arriver dans un paysage qui ressemble aux collines de Marcel Pagnol. Et au bout du sentier, la recompense; un village abandonne il y a de cela plusieurs annees qui se tient enconre sous le soleil cuisant. Un vrai village avec des disaines et des disaines de maisons aux toits et aux planchers defonces, un boulanger ou on peut encore tourner la vieille meule du moulin, une citerne d'eau de pluie abandonnee, des rues que la nature se reapproprie et la petite eglise sur la colline encore scrupuleusement fermee a clef et preservee. On ne dadine pas avec dieu.
Voila mon escapade au pays qui sent la lavande!
LES YEUX BLEUS
Je parle des miens qui me rendent bien des services. J'explique. Depuis la Slovenie, je ne suis pas souvent reste dans des auberges de jeunesse. Il s'avere plus economique et beaucoup plus interessant de se trouver une SOBE, une chambre privee chez l'habitant. Et ce n'est pas bien difficile, au sortir du traversier ou de l'autobus, ils sont la comme des mouches a te proposer leur maison. On a l'embarras du choix et si c'est trop cher, on va voir l'autre a cote et c'est souvent suffisant pour faire baisser les prix de maniere importante. On se retrouve avec une chambre privee et on experimente la vie des locaux qui, pour la plupart, ne parlent pas un mot d'anglais.
C'est ici que mes aptitudes de mimes, mes 10 mots serbes, quelques mot italiens et sutout mes jolis yeux sympathiques et inofensifs sont a meme de seduire les vieilles dames qui m'accueuillent chez elles et m'attirent toutes sortes de faveurs, allant des becs a pincettes comme Madame coucou jusqu'a un souper traditionnel gratuit, ou un RESET au lavage a la machine. Les rencontres que j'ai faites dans ces residences sont innoubliable et tres precieuses et prouvent bien que quand deux personnes veulent communiquer, elles trouvent toujours un moyen d'y parvenir. Je pourrais vous raconter le passe de ces dames sans aucun probleme. Le temps pour parvenir a se comprendre est plus long, mais le resultat est surprenant!
UN GARCON, CA S'HABILLE EN BLEU
Parlant de faveurs, sur Hvar, la propretaire de la sobe ou je restait m'a gentiement offert de faire ma lessive dans sa machine et de me l'etendre pendant que je visitais la ville fantome. Seul probleme, je crois qu'elle a lave mes trucs avec de l'eau bouillante! Il va sans dire qu'en voyage on separe pas le pale des couleurs, on met tout ce qu'on peut dans la machine, on lave a l'eau froide et on n'a pas de problemes. Vous devinez ce qui s'est passe, a mon retour, je me suis retrouve, devant la corde a linge, face a une nouvelle garde-robe toute assortie en bleu! Je sais pas quel morceau a deteint, mais je peux vous dire que je n'ai plus de piece blanche dans mon sac, que des pieces bleu-pale! Heureusement, mon t-shirt vert ne faisait pas partie de la brassee. Je ne m'imagine pas la couleur qu'il aurait aujourd'hui. Donc, c'est pas complique... "Qu'est-ce que je mets aujourd'hui.. Pourquoi pas du bleu!"
INTERLUDE ROUGE
Rouge comme la fusee eclairante solitaire que les habitants de Hvar allument en ma derniere nuit sur l'ile. Rouge comme tout ces visages de villageois qui regardent, tristes, la lueur de la piece pyrotechnique. Hier un garcon de 22 ans est mort subitement d'une crise cardiaque. L'ile est en deuil. Tout s'est arrete. Toute l'ile s'est donne rendez-vous au port et dans les embrasures des portes. Tous regardent, silencieux et attirstes, la procession de ces disaines de chanteurs qui recitent des chants religieux serbes et qui allument des lampions devant l'eglise de la place publique. Un drame insulaire.
Si touchant que j'en ai moi-meme pleure. Le lendemain, quand je partirai de l'ile, tout le village sera encore sous le choc de la procession de la veille; chaque habitant endeuille pour ce garcon que tous connaissent de tres pres.
BLEU COMME LA MER
Dans les pays que j'ai vus, le transport est tres different. Alors que dans le nord, les autobus sont plus efficaces et meilleur marche que les trains, en Slovenie, c'est tout le contraire et le train coute trois fois rien compare a l'autobus. Et ici, dans ces pays cotiers, il est plus economique de se deplacer par la mer que par la terre. Ainsi, la solution la plus avantageuse se trouve souvent a etre le traversier. C'est ainsi que je relie Hvar a Dubrovnik. C'est aussi de cette maniere que je relierai dans 2 jours le Montenegro avec l'Italie, puis l'Italie avec la Grece.
Vous rappelez-vous du Questron quand on etait petits. C'etait une sorte de crayon electronique avec des cahiers d'activites et en selectionnant la bonne reponse parmi les images dans les chaiers, le questron allumait une lumiere verte ou rouge... Oui.. Non... De toute facon, le seul lien que je veux faire avec le Questron, c'est que j'avais un cahier d'activites sur les moyens de transports qui s'appelait AUTO BATEAU TRAIN AVION. Eh bien, avec la semaine de bateau presente, j'ai fait le tour des moyens de transports proposes par le questron.
BLEU COMME LA COUVERTURE DE MON LIVRE DE CHEVET
Decidement, je suis bien tombe pendant ce voyage. Alors que je visitais le nord, j'avais un livre sur la Seconde Guerre Mondiale dont je vous ai deja parle et maintenant que je vis dans le monde des bateaux et des iles rocheuses, je lis le Comte de Monte-Cristo avec ses iles, ses bateaux et ses pays cotiers. Lecture ideale que je savoure a petites doses!
La semaine a ete parfaite et mon temps passe dans des chambres privee m'a aide a reprendre de la bonne energie. Meme si le soleil tape, je suis en pleine forme!
EN GUISE DE CONSLUSION
La prochaine fois que je vous ecrierai, je serai certainement a Athenes et comme la plupart m'ont deja un peu entendu parler de cette ville comme j'y suis deja alle (et aussi pour stimuler l'aspect interactif du blogue), je vous propose quelque chose.
Je vous invite donc, comme vous le faites toujours, a laisser un commentaire sous ce message, mais je vous porpose aussi d'assouvir votre curiosite en me posant des questions sur un aspect ou un autre de mon voyage. Un retour sur une ville en particulier, sur une experience que vous voulez plus detaillee, un rapport sur les plus beau peuples d'Europe de l'est, un eclaircissement sur la vie quotidienne du voyageur, sur les moeurs etrangeres... donnez-vous en a coeur joie. J'en ai deja une a laquelle de devrai repondre qui vient de papa et que je n'ai pas oublie: Qu'est-ce que je mange habituellement. Sinon innondez-moi de vos interrogations. Je vais essayer de repondre a chacune d'entre elles, mais s'il y en a trop, je ferai une selection.
Alors, allez-y. J'attends vos question pour la prochaine parution! Je compte sur vous.
Hvala lepa (hhh-wa-la "lait"-pa), Merci beaucoup
Ciao
Aujourd'hui, c'est un clavier anglais qui se presente a moi, alors aucun accent dans la missive. Je vous remercie d'ailleurs de faire fi de ces accents pas toujours presents ou parfois un peu difformes. Vous aurez aussi devine qu'il ne m'est pas toujours possible de me relire, donc excusez-moi pour le coquilles et les redondances.
Ceci dit, belle semaine que je viens de passer! J'ai debute a Split Crotaie, jolie ville deja, mais rien compare a Hvar (hhh-var), une ile croate absoluement emballante. Ensuite, ce fut la magnifique ville fortifiee de Dubrovnik et j'ai traverse au Montenegro ou je passe trois jours sur Kotor. J'ai meme reussi a vous trouver un theme cette semaine. Le bleu! Alors allons-y pour les nouvelles bleues!
BLEU CIEL
Partout sur la cote de la mer Adriatique, le ciel est bleu toute la journee, le soleil est chaud comme lors de nos plus grandes canicules de juillet et on n'est qu'en mai! Mon corps de nordique a de la misere a s'y faire. Je me demeande ce que ce sera en plein mois de juillet au beau milieu de la Tunisie!!! On traversera le pont quand on y sera rendu... N'ayez pas peur, je me protege toujours avec de la creme, je dois meme en avoir l'air freak, parce que ca ne semble pas trop a la mode par ici.
A chaque jour ou presque donc, ce soleil si chaud en journee evapore tellement d'eau de la mer qu'il couvre miraculeusement le ciel vers 17h pour nous donner un repit et parfois meme faire tomber quelques gouttes de pluie liberatrice. Ici, les jours sont deja tres longs, le soleil se leve a 6h et se couche vers 20h.
BATEAU BLEU
Toutes les villes qui longent la cote ont leur petit port. Et icim on trouve de tout genre de bateau, des petites chaloupes de pecheurs avec un moteur deux temps a l'arriere jusqu'au gros traversiers de la Jadrolinija (ya-dro-lin-ya), la compagnie croate des traverses. Mais evidement les plus beaux, ce sont les gros voiliers qui s'en vont majestueusement et qui me font toujours penser a Mario (il faut vraiment s'organiser pour aller faire de la voile en famille cet ete) et ces luxueux bateau a moteurs de reve qui me font toujours penser a ma belle-mere, Louise. (Cet ete, on vient vous voir au lac Champlain, Loulou)
BLEU LAVANDE
Sur Hvar, il y a de majestueux sentiers le long de la cote qui m'ont fait beaucoup penser aux magnifiques calanques de Marseille qu'on a explorees Marjorie et moi, il y a 4 ans de cela. Et partout aux alentours des escarpements de calcaire poussent de la lavande, du romarin et une fleur jaune qui sent le jasmin a s'y meprendre. L'air salin est bon, le temps n'a pas la meme densite tout est lent.
Je m'arrete dans une baie pour me baigner un peu et m'etendre au soleil. Je repars. Je bois scrupuleusement de petites grogees d'eau que la poche d'hydratation cachee au creux de mon sac me fournit. Et je bifurque dans les terres pour arriver dans un paysage qui ressemble aux collines de Marcel Pagnol. Et au bout du sentier, la recompense; un village abandonne il y a de cela plusieurs annees qui se tient enconre sous le soleil cuisant. Un vrai village avec des disaines et des disaines de maisons aux toits et aux planchers defonces, un boulanger ou on peut encore tourner la vieille meule du moulin, une citerne d'eau de pluie abandonnee, des rues que la nature se reapproprie et la petite eglise sur la colline encore scrupuleusement fermee a clef et preservee. On ne dadine pas avec dieu.
Voila mon escapade au pays qui sent la lavande!
LES YEUX BLEUS
Je parle des miens qui me rendent bien des services. J'explique. Depuis la Slovenie, je ne suis pas souvent reste dans des auberges de jeunesse. Il s'avere plus economique et beaucoup plus interessant de se trouver une SOBE, une chambre privee chez l'habitant. Et ce n'est pas bien difficile, au sortir du traversier ou de l'autobus, ils sont la comme des mouches a te proposer leur maison. On a l'embarras du choix et si c'est trop cher, on va voir l'autre a cote et c'est souvent suffisant pour faire baisser les prix de maniere importante. On se retrouve avec une chambre privee et on experimente la vie des locaux qui, pour la plupart, ne parlent pas un mot d'anglais.
C'est ici que mes aptitudes de mimes, mes 10 mots serbes, quelques mot italiens et sutout mes jolis yeux sympathiques et inofensifs sont a meme de seduire les vieilles dames qui m'accueuillent chez elles et m'attirent toutes sortes de faveurs, allant des becs a pincettes comme Madame coucou jusqu'a un souper traditionnel gratuit, ou un RESET au lavage a la machine. Les rencontres que j'ai faites dans ces residences sont innoubliable et tres precieuses et prouvent bien que quand deux personnes veulent communiquer, elles trouvent toujours un moyen d'y parvenir. Je pourrais vous raconter le passe de ces dames sans aucun probleme. Le temps pour parvenir a se comprendre est plus long, mais le resultat est surprenant!
UN GARCON, CA S'HABILLE EN BLEU
Parlant de faveurs, sur Hvar, la propretaire de la sobe ou je restait m'a gentiement offert de faire ma lessive dans sa machine et de me l'etendre pendant que je visitais la ville fantome. Seul probleme, je crois qu'elle a lave mes trucs avec de l'eau bouillante! Il va sans dire qu'en voyage on separe pas le pale des couleurs, on met tout ce qu'on peut dans la machine, on lave a l'eau froide et on n'a pas de problemes. Vous devinez ce qui s'est passe, a mon retour, je me suis retrouve, devant la corde a linge, face a une nouvelle garde-robe toute assortie en bleu! Je sais pas quel morceau a deteint, mais je peux vous dire que je n'ai plus de piece blanche dans mon sac, que des pieces bleu-pale! Heureusement, mon t-shirt vert ne faisait pas partie de la brassee. Je ne m'imagine pas la couleur qu'il aurait aujourd'hui. Donc, c'est pas complique... "Qu'est-ce que je mets aujourd'hui.. Pourquoi pas du bleu!"
INTERLUDE ROUGE
Rouge comme la fusee eclairante solitaire que les habitants de Hvar allument en ma derniere nuit sur l'ile. Rouge comme tout ces visages de villageois qui regardent, tristes, la lueur de la piece pyrotechnique. Hier un garcon de 22 ans est mort subitement d'une crise cardiaque. L'ile est en deuil. Tout s'est arrete. Toute l'ile s'est donne rendez-vous au port et dans les embrasures des portes. Tous regardent, silencieux et attirstes, la procession de ces disaines de chanteurs qui recitent des chants religieux serbes et qui allument des lampions devant l'eglise de la place publique. Un drame insulaire.
Si touchant que j'en ai moi-meme pleure. Le lendemain, quand je partirai de l'ile, tout le village sera encore sous le choc de la procession de la veille; chaque habitant endeuille pour ce garcon que tous connaissent de tres pres.
BLEU COMME LA MER
Dans les pays que j'ai vus, le transport est tres different. Alors que dans le nord, les autobus sont plus efficaces et meilleur marche que les trains, en Slovenie, c'est tout le contraire et le train coute trois fois rien compare a l'autobus. Et ici, dans ces pays cotiers, il est plus economique de se deplacer par la mer que par la terre. Ainsi, la solution la plus avantageuse se trouve souvent a etre le traversier. C'est ainsi que je relie Hvar a Dubrovnik. C'est aussi de cette maniere que je relierai dans 2 jours le Montenegro avec l'Italie, puis l'Italie avec la Grece.
Vous rappelez-vous du Questron quand on etait petits. C'etait une sorte de crayon electronique avec des cahiers d'activites et en selectionnant la bonne reponse parmi les images dans les chaiers, le questron allumait une lumiere verte ou rouge... Oui.. Non... De toute facon, le seul lien que je veux faire avec le Questron, c'est que j'avais un cahier d'activites sur les moyens de transports qui s'appelait AUTO BATEAU TRAIN AVION. Eh bien, avec la semaine de bateau presente, j'ai fait le tour des moyens de transports proposes par le questron.
BLEU COMME LA COUVERTURE DE MON LIVRE DE CHEVET
Decidement, je suis bien tombe pendant ce voyage. Alors que je visitais le nord, j'avais un livre sur la Seconde Guerre Mondiale dont je vous ai deja parle et maintenant que je vis dans le monde des bateaux et des iles rocheuses, je lis le Comte de Monte-Cristo avec ses iles, ses bateaux et ses pays cotiers. Lecture ideale que je savoure a petites doses!
La semaine a ete parfaite et mon temps passe dans des chambres privee m'a aide a reprendre de la bonne energie. Meme si le soleil tape, je suis en pleine forme!
EN GUISE DE CONSLUSION
La prochaine fois que je vous ecrierai, je serai certainement a Athenes et comme la plupart m'ont deja un peu entendu parler de cette ville comme j'y suis deja alle (et aussi pour stimuler l'aspect interactif du blogue), je vous propose quelque chose.
Je vous invite donc, comme vous le faites toujours, a laisser un commentaire sous ce message, mais je vous porpose aussi d'assouvir votre curiosite en me posant des questions sur un aspect ou un autre de mon voyage. Un retour sur une ville en particulier, sur une experience que vous voulez plus detaillee, un rapport sur les plus beau peuples d'Europe de l'est, un eclaircissement sur la vie quotidienne du voyageur, sur les moeurs etrangeres... donnez-vous en a coeur joie. J'en ai deja une a laquelle de devrai repondre qui vient de papa et que je n'ai pas oublie: Qu'est-ce que je mange habituellement. Sinon innondez-moi de vos interrogations. Je vais essayer de repondre a chacune d'entre elles, mais s'il y en a trop, je ferai une selection.
Alors, allez-y. J'attends vos question pour la prochaine parution! Je compte sur vous.
Hvala lepa (hhh-wa-la "lait"-pa), Merci beaucoup
Ciao
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