Courtes correspondances

15 juillet : Foudatoui! Me voici de retour au pays! Merci de m'avoir suivi tout ce temps, Vous avez été une part importante de ma motivation à écrire sur ce blogue, J'ai hâte de vous revoir ne personne!

mardi 16 juin 2009

DOUBLE REGARD : Premiers pas au Maroc OU "I'm not a cash machine"

Aujourd’hui, nous vous proposons la première parution ludique sur nos blogues. Le DOUBLE REGARD. Le concept est fort simple. Nous nous sommes mis d’accord, JP et moi, sur un événement commun à décrire. Chacun à notre façon, nous racontons la même anecdote. Votre plaisir : voir la scène sous deux points de vue et la lire sous deux styles écritures différents. N’oubliez donc pas d’aller aussi jeter un œil sur le blogue de JP au jpenafrique.blogspot.com . Alors on commence. Nous avons décidé cette fois-ci de vous résumer notre journée du 13 juin.

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Tout commence à Meknès. Depuis les quelques jours que nous avons passés en terre marocaine, nous avons déjà constaté l’aspect insistant de certains enquiquineurs touristiques. En gros, si tu es blanc, tout le monde essaie de t’arnaquer, tout le temps. Pas de grosses arnaques, mais des petites piqûres de maringouins incessantes. Vous allez comprendre. Nous, c’est à Meknès qu’on saisit la grandeur du truc.

Après avoir réglé comment on va se rendre à Chefchaouen le lendemain, on décide de sauter dans un taxi pour aller visiter les greniers de Moulay Ismaïl, un immense bâtiment où s’entassaient un stock impressionnant de marchandises et des écuries qui, dit-on, pouvaient contenir 12 000 bêtes.

Arnaque #1 : Bien sûr, le chauffeur se garde de nous aviser que l’accès au site est fermé pour plusieurs mois pour cause de rénovations. Sur le côté du bâtiment où le taxi nous laisse, un ouvrier en bottes de caoutchouc nous montre le chemin de « l’entrée ».

On se rend vite compte qu’il nous promène bien plus lui-même dans les chambres que de nous conduire à l’entrée. Et l’endroit est étrangement désert. C’est louche. JP et moi cherchons un moyen de se sortir de cette situation d’arnaque #2, et dans ces cas, croyez-moi qu’un simple « Merci, on va se débrouiller seul » n’est pas suffisant pour les faire décoller. Soudain, on voit des gens au loin. On se dirige par là. Le « guide » n’a d’autre choix que de suivre, mais il se met étrangement à coller les murs. Il esquive les coins et finalement se cache dans un angle alors que l’on marche à découvert vers ces gardiens qui nous disent que c’est fermé, qu’on n’à rien à faire ici. (Yes!) « C’est un homme qui nous a emmené ici. » « Où il est? » « Il se cache là » (maudits stools que nous faisons). Le « guide » se fait « remercier ». Les gardiens nous raccompagnent vers la sortie. Tentative d’arnaque #3 de la part du gardien : « Il va falloir laisser quelque chose pour celui qui vous a emmené ici. » Le gardien essaie de se graisser la patte. Et c’est toujours accompagné du « Vous êtes canadiens? Nous on aime les canadiens. » (Si, sur la terre, n’y avait plus de connards qui se laissaient attendrir par toutes ces techniques de séduction, peut-être que ça cesserait et maudit qu’on serait bien!) On essaie de casser le pattern de séduction du mieux qu’on peut. On ne réagit pas à la tentative de graissage de patte; le gardien ne revient pas à la charge. (J’imagine déjà ma Raymonde sortir son portefeuille pour payer le « guide » au gardien en demandant un gros « combien je dois laisser? » avec ça!)

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INTERMEDE (version Sam): Pour se reposer de ces émotions et du 42 degrés qu’il fait dehors, dans la chambre, JP et moi fermons à presque totalité les volets et on s’étend côte à côte, dans le lit. Petits becs, mon bras sous sa tête, on jase. Tout à coup, JP saute du lit. « Tabarnak Sam, il y a quelqu’un qui nous regarde par la fenêtre. » En effet, dans une improbable ouverture dans le coin d’une fenêtre barricadée dans l’édifice d’en face, une paire d’yeux s’est glissée. Un raclement de gorge a attiré le regard de JP vers cette ouverture. On s’empresse de fermer les volets complètement. Jamais on aurait pu penser que la petite fente que nous avions laissée pour faire un courant d’air aurait pu laisser un regard indiscret s’immiscer. C’est le commencement d’une série de délires. « La police va arriver et nous arrêter pour atteinte au civisme. » « Vite, trouve le numéro du consulat canadien au cas où. » « Ils vont venir nous mettre à la porte de l’hôtel. » « On va se faire battre dans la rue! »

Pour votre information , le Maroc est un pays où l’homosexualisé est passible d’emprisonnement ou d’une amende salée. Bien sûr, cette loi est certainement plus restrictive envers les Marocains qu’envers les touristes, mais nous ne prendrons pas de chance d’aller vérifier. Nous sommes habituellement la discrétion même ce qui explique cet élan de paranoïa pour cet événement si insolite.

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INTERMEDE (version JP qui est un peu gêné de mettre en ligne cette portion de texte sur son blogue consulté par des gens respectables): Repos bien mérité, on s'étend dans le lit volets fermés, ou presque... Couchés sur le bras de Sam, tout ce qui a de plus décent, j'entends un "hum hum" de l'extérieur. Curieux, je cherche du regard la seule fenêtre visible en diagonal par le pouce d'ouverture de nos volets. TERREUR!!! A travers le 20% de la fenêtre non occupé par des plantes ou un rideau, un regard scrupuleux fixe fixément bien le mien sans le détourner!!! Article 489: tout rapport avec une personne de même sexe entraîne un emprisonnement de 6 à 12 mois ou 1200 Dh d'amende (1700$). Je vais prendre l'amende si possible... On n'a presque plus bougé pendant de longues minutes où nous attendions la police à notre porte. Qu'est-ce qu'un Marocain ne ferait pas pour se faire de l'argent!!

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(Retour à la version de Sam)
Mais ce n’est que l’intermède! La soirée continue! Après que JP aie commandé un sandwich au thon casher parce qu’il trouvait que le mot « casher » sonnait exotique, après qu’il m’ait dit « Ça goûte comme du thon normal, c’est quoi la différence? », je lui apprends qu’il vient tout simplement de payer le double du prix pour manger un thon « bénit par un prêtre ». Oups!

Arnaque #4 : On achète des fruits dans la rue. 1/4 de kilo de bananes à 10 dirhams/kg et 1/4 de kilo de cerises à 16 dirhams/kg. Comptons ça comme on veut, ça fait plus ou moins 6,50-7 dirhams. Sans trop calculer sur le coup on paie 11 dirhams! Il faut tout vérifier partout.

On retourne à l’hôtel en se disant qu’il ne peut au moins rien nous arriver pendant notre sommeil. Faux! À 6h30 du matin, on est réveillés par un drôle de bruit... et de l’eau qui nous asperge. Le tuyau du lavabo vient de péter! JP se jette sur le tuyau avec une couverture de laine alors que j’enfile quelque chose de mon mieux et que je cours avertir le gars à la réception qui coupera l’eau et profitera du fait qu’on est déjà réveillés pour réparer le tout sur le champ. Une job de plomberie à 6h30. Gentil réveil. Le pire, c’est qu’on nous refusera évidement de nous dédommager monétairement pour le dérangement. « Je peux pas, mon ami. C’est pas ma faute! Est-ce que je suis le tuyau? » (Ça me rappelle ce jeune garçon qui était avec Émilie au musée et pour qui il était inconcevable que le mauvais tir qu’il avait fait au jeu des boules soit de son ressort. « Yo madame! C’est quoi c’gazon? ») Dorénavant, le mot d’ordre : payer à la fin du séjour! C’était l’arnaque #5 et je vous épargne les autres détails sur la salubrité de l’hôtel.

On « fuit » (la pognez vous?) la ville en taxi. Mais encore là on tente de nous arnaquer avec un compteur qui part à 2,10 plutôt que 1,40. « C’est à cause des bagages, monsieur. 10 centimes par kilo. »  « On n’a jamais payé pour ça. Les bagages, c’est sur les bus qu’on paie, pas sur les taxis. » Puis, on réalise que le prix monte de 30 centimes à la fois plutôt que de 20 centimes. Le crosseur de chauffeur essaie de nous faire payer au tarif de nuit en pleine matinée! Toujours tout vérifier! C’est épuisant! Et on doit toujours s’obstiner! Comment ne pas devenir paranoïaque? On s’obstine un peu avec le chauffeur. Finalement, « Oui, oui, tu vas payer le tarif normal, t’inquiète pas. » T’inquiète pas, t’inquiète pas! Si on ne s’était pas inquiétés, on aurait payé 9 dirhams de compteur plutôt que les 6 qu’il finit par nous demander et les 5 que ça aurait vraiment dû nous coûter.

Le pire, c’est que quand on relativise 9 dirhams, c’est juste 1 dollar et 15 cents. Comment se plaindre sur des prix qu’on sait aussi bas? Il le faut constamment pourtant, puisqu’on est bien au courant que les locaux paient encore beaucoup moins cher. Au Maroc, il ne suffit donc pas que tu sentes le prix proposé comme très bas, il faut que tu le sentes comme fichtrement ridiculement bas!

Au moins, à Meknès, on aura découvert le jus d’amandes - un délice -, on aura visité l’intérieur d’une mosquée, ce qui n’est possible qu’extrêmement rarement et on aura aiguisé notre sens de la suspicion.

Heureusement pour nous, toutes nos journées ne sont pas aussi foisonnantes en anecdotes. Depuis cette histoire, nous avons bougé sur Chefchaouen, une ville dans les montagnes très agréable. Notre hôtel y est très très confortable pour le 14 dollars que nous payons à deux pour une nuit et, hormis les nombreux vendeurs de haschich - principale culture dans la région - qu’on doit constamment remercier d’un « Oui, oui on est canadiens... Non merci mon ami, on n’a besoin de rien... Non merci mon ami, on ne fume pas... Allez, bonne journée mon ami... Bonne journée là... Non merci mon ami... Bonne journée! », donc hormis eux, les gens sont très très sympathiques.

On pense souvent à vous. J’espère toujours vous amuser autant avec mes messages.

Es-Slama

5 commentaires:

  1. OH MY GOD!! C'est vraiment triste qu'un peuple soit réduit à crosser autant les gens! Et le mec qui vous espionnait...! Wow, c'est pas des belles aventures ça... Comme quoi on est bien au Québec! (euh... du jus d'amandes, ça doit être pâteux, non?)

    J'avoue que je trouve le paysage beaucoup moins intéressant au Maroc (selon tes photos) et avec tes anecdotes, ça confirme que cette destination voyage n'est pas pour moi!

    Mais bon... ''C'est quoi c'gazon?''... J'en pleure encore, c'est trop drôle... ''Est-ce que je suis le tuyau?'' va être ma nouvelle phrase-choc pour boucher mes élèves... :P

    J'aime bien l'idée du message en deux blogues. :)

    Ici, l'été s'est enfin présenté à nos portes, timidement, mais pour de bon (enfin... on se croise les doigts) Je pars cette fin de semaine pour la pêche (3 jours de détente!!) et je penserai à toi, tout petit, étant traumatisé de voir le poisson de ton père remonté à la surface de l'eau... Hihi!!

    Prenez soin de vous et trouvez-vous une destination plus... seine.

    Marie :) xXx

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  2. AH!!!! Je te t'ai pas tout dit Sam sur la vie trépidente de Marie au Québec! hihi!!

    Hier soir, j'ai été voir le concert de Vicky (6e année) et qui y assistait aussi? Lucie Ledoux! Ben viarge, elle m'a jasé cela pendant 10 (trop longues...) minutes! Et mon père en mettait en la tutoyant gros comme le bras! ahah! C'était drôle... et embarassant (j'avoue que ta présence me manquait!)

    De plus, lors d'un souper X chez ma mère, Zoé lui a dit qu'elle s'ennuyait pas mal de son parrain, puis qu'il lui avait expliqué qu'il partait en voyage, mais pas longtemps. Mais bon, étant donné que cette enfant n'a AUCUNE patience (c'est de famille...), elle nous a dit qu'elle touvait ça long t'attendre son parrain... Ahah! T'as pas honte de laisser une enfant pleurée ton absence, parrain ingrat??! AHAHAH! J'ai bien ri en entendant cette histoire, je me suis dis qu'elle te ferait sourire :) (Euh... J'espère que tu as pensé à lui acheter un cadeau, question de te racheter de ton absence... hihihi!!!)

    Sur ces anecdotes pas du tout exotiques, mais quelque peu touchantes, je te dis : Je t'aime!

    Marie :) xXx

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  3. Je vous avais avisé que les marocains sont arrassants et profiteurs. Mais je vois que vous avez vite saisi leur dynamique. Du haschich à profusion quel bonheur pour ceux qui fument dans ce pays sans se faire achaler, les prix doivent aussi être incroyablement bas... Fanny doit revenir ce vendredi pour un petit congé ( partagé avec son Simon et peut-être son père ( moi ) pour le dimanche de la fête des pères. On s'ennuiera de vos aventures tellement bien décritent à votre retour...on a un peu l'impression d'être en voyage nous aussi...
    Beaucoup de bonheur les amoureux...Baci XXX

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  4. En lisant ta version du récit de vos aventures, je reconnais le D.O.P. en Toi.
    Je vois des images, j'imagine des plans séquences, j'entend la bande sonore. Les scénarios se succèdent et les deux comédiens principaux sont tu assez "Cute"
    Mom xx

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  5. SAlut Sami et J-P!

    Comme il est agréable de vous lire- vraiment, aujourd'hui, alors qu'il pleut averse, ça met du soleil dans ma journée! Sam, tu as vraiment la manière de raconter des histoires de façon on ne peut plus distrayante. J'ai hâte de te les entendre raconter de vive voix! Par contre, ce ne sera pas lors de votre party de fête/retour, car j'assiste à un mariage cette journée-là...Et puis, je pense qu'on va se manquer de peu, car la semaine suivante, je pars rejoindre Mélanie en Bretagne (Yé! pour moi!). Enfin, au plus tard il y aura le chalet...

    En attendant, je viens de recevoir 2 boîtes de manuscrits pour m'occuper. ;)

    Bisous clandestins à vous deux! Portez-vous bien!

    Isabelle ;)

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