Courtes correspondances

15 juillet : Foudatoui! Me voici de retour au pays! Merci de m'avoir suivi tout ce temps, Vous avez été une part importante de ma motivation à écrire sur ce blogue, J'ai hâte de vous revoir ne personne!

lundi 22 juin 2009

Nord-Sud

Bonjour à tous!

J’espère que tout va bien de votre côté du monde. Pour notre part, nous faisons des découvertes époustouflantes alors que nous continuons de visiter une petite partie de ce que peut nous offrir le Maroc. La santé va toujours très bien et le moral est à son meilleur.

Aujourd’hui, je vous convie à suivre notre traversée du pays du nord au sud. Notre dernière parution vous a certainement laissé une image peu reluisante du Maroc et de ses habitants. Je vous ferez maintenant voir que le pays regorge de magnifiques trésors, photos à l’appui.

Notre épopée commence au nord, alors que nous quittons Meknès, la ville aux mille arnaques, pour une petite ville cachée dans les montagnes du Rif oriental, toujours au nord du pays, Chefchaouen. Dans le pays, quand le train cesse de desservir les villes, trois solutions s’offrent à nous.

1)Les grands taxis. Ils n’ont de grands que le nom. Ce sont des voitures 4 portes qui font des liaisons entre les villes. Le prix est très bas, mais avant de partir à destination, ils attendent d’être remplis. Et rempli dans ce cas, ça veux dire 2 passagers en avant plus le chauffeur et 4 personnes sur le siège arrière. 7 personnes dans une voiture normale (les enfants sur les genoux sont en sus)! Pas chouette pour les grandes distances. Et si tu veux avoir ton grand taxi à toi seul, sors le porte-feuille, car tu devras payer pour l’équivalent chaque place non-occupée.

2)Les bus locaux. Ils sont comme des tagines. Pas trop chers; on y est tassés et on y cuit lentement à feu doux pendant des heures. Ici, franchir 2 km sur la route sans s’arrêter pour ramasser du monde relève de l’exploit. Le tarif pour mettre un bagage en soute semble relever de l’état d’esprit du chauffeur et les pause cigarette que ce dernier prend se font n’importe où et durent le temps qu’il faut. Pas difficile de perdre sa journée en transport dans ces coinditions.

3)Les bus CTM. C’est la compagnie nationale. Les billets sont plus chers, mais les bus sont climatisés et le trajet est direct. On peut aussi être sûr d’avoir une place assise. Face à tous ces choix, il n’est pas difficile d’opter pour la CTM le plus souvent possible.

Revenons à notre épopée. Nous prenons donc notre bus CTM vers Chefchaouen. Au détour d’un lacet de la route, la ville nous apparaît, blanche et bleue, toute tassée sur elle-même au creux d’une vallée. Au sortir du bus, c’est le manège des rabatteurs qui commencent. Ici, ils sont plus insistants qu’ailleurs. Normal, ils sont complètement gelés et ne cherchent qu’à te vendre du « kif ». La région est un grand producteur de cannabis, puisque sa culture dans les environs a été autorisée par l’ancien roi Mohammed V. Résultat, pas possible de marcher dans la medina (la vieille ville) sans te faire proposer du haschisch à chaque coin de rue. Heureusement, dans la medina, un simple « Non merci, mon ami, on ne fume pas » avec un beau sourire leur suffit pour nous laisser tranquille : la brigade touristique veille au grain pour éviter les excès. Mais à la gare routière CTM, il n’y a pas de brigade touristique et notre arrivée dans la ville est brutale alors que nous ne savons pas nous orienter pour rejoindre la medina et que nous sommes suivis pas 3 hommes gelés qui prétendent nous montrer le chemin sans pour autant qu’ils nous inspirent confiance. On accoste un premier taxi qui nous mène à l’entrée de la medina (les rues sont beaucoup trop étroites pour rouler dans la medina) pour 20 dirhams. On sait que c’est de l’arnaque. On tente de marchander, ça échoue. On continue de marche avec nos 3 pots de colle. À un moment, on n’y tient plus et accostons un second taxi que nous réussissons à avoir pour 10 dirhams. Ni une ni deux, on est sur le siège arrière. Ouf sauvés! ... Sauvés?... Pas si vite. Un des pots de colle se précipite sur le siège avant du taxi dans la ferme intention de faire le voyage avec nous. Que faire? Vite une idée! Mon cerveau se retourne sur un dix cennes, ma face devient sévère, je regarde le chauffeur en pointant le pot de colle d’un doigt qui ne laisse aucune équivoque. « Lui, s’il vient avec nous, je te JURE, je ne te donne que 5 dirhams pour nous deux. » Laissez-moi vous dire que le pot de colle est sorti assez vite.

Une fois la medina atteinte commence notre coup-de-foudre avec le Maroc! Nous découvrons pour les 3 prochains jours une ville tranquille et authentique, où on voit des gens sympathiques, des marchands de fruits qui te vendent à un prix fort raisonnable (jamais le prix des locaux, mais ça il faut faire une croix dessus. L’essentiel, c’est qu’on sente que le prix touriste est le plus bas possible.), de vieux locaux en tunique de laine locale qui se rassemblent sur la place publique pour manger une soupe d’escargots (un vrai délice) ou une purée de pois chiches, des bergers qui font paître leur moutons dans les montagnes environnantes, des femmes qui lavent d’immenses tapis tissés dans la source d’eau de la ville et pleins d’enfants déjà conditionnés à cerner le touriste-plein-de-cash « Monsieur, donne-moi un dirham. » et à qu’il faut leur refuser pour éviter que ce comportement spontané souvent induit par les touristes eux-mêmes ne se transforme en harcèlement qui devient un véritable problème dans le pays. Il faut les comprendre d’une autre part, quand on n’a rien et que l’emploi est si difficile à obtenir, la vue d’un touriste est rapidement associée à la possibilité de recueillir un peu d’argent très facilement.

La ville est belle. Le bruyant et populeux souk du lundi, avec vue sur la montagne, a de quoi charmer et dépayser. Partout les scènes de la vie quotidienne sont palpables. En bon nordiques, nous achetons des tuques d’hiver traditionnelles (dans la région des montagnes, il peut faire assez froid l’hiver) à une jolie coopérative qui fait travailler les personnes aveugles de la ville. Comme ici, les aveugles se retrouvent souvent à mendier dans les rues, c’est un vrai plaisir d’encourager ceux qui les font travailler malgré leur handicap. On voit beaucoup d’handicapés visuels ici, souvent des personnes très agées. La plupart semblent souffrir de cataractes qu’ils n’ont pas le luxe de se faire retirer, leur cornée est toute brouillée.

Après la douce expérience de Chefchaouen, une autre expérience hors du commun. Un bus CTM de nuit nous amène dans le sud du pays, près de la frontière algérienne, aux portes du Sahara. Le vrai désert du Sahara, comme on voit dans les films. Mais, vous nous connaissez sûrement, on ne se contente pas du désert touristique nous. Quand on veut un désert, on le veut bien désert. Il faut dire qu’on a eu de la chance avec l’auberge que l’on a réservée. Le 4 par 4 de l’auberge Itrane Sahara vient nous chercher à l’arrêt de bus. Quel n’est pas notre bonheur de voir que le véhicule dépasser tous les hôtels cordés le long de la route goudronnée face aux dunes de l’Erg Choubi. On va jusqu’à Taouz, le Natashquan du désert, la fin de la route et on voit un panneau planté devant deux traces de roues qui s’éloignent vers l’infini « Itrane Sahara, 16 km ». En plein milieu du vide désertique (plutôt truffé d’arbustes rabougris), notre auberge se dresse, trempée dans le 50 degrés du soleil de midi franchement plus supportable dans la sécheresse de l’air que notre humide 30 degrés québécois. Le paradis. Le désert. Le soir, à l’abri de toute lumière parasite, se dresse la voûte céleste la plus claire qui nous ait été possible de voir! Le jour, la grande chaleur nous invite à la sieste, à boire le thé en compagnie de Mohamed et de Amed, les deux frères propriétaires ou à manger les succulents et copieux repas que la famille nous prépare.

Bien sûr notre expérience n’aurait été complète sans une promenade à dos de dromadaire et une nuit passée à la belle-étoile dans les dunes de sable rosées. C’est quétaine et touristique, mais incontournable lorsqu’on est à l’emplacement. Les photos parleront certainement beaucoup mieux que moi sur cette excursion. Nous nous ferons un plaisir de vous exposer notre enthousiasme part rapport à notre séjour dans le désert de vive voix à notre retour.

Depuis que nous sommes au sud; notre opinion des Marocains a bien changé. Les gens y sont plus aimmables et un peu plus désintéressés. On rencontre plusieurs personnes généreuses qui nous ravissent. C'est un peuple complexe qu'il faut du temps pour apprivoiser. On n'a pas la prétention de tout comprendre de leurs moeurs, mais le peuple nous enchante beaucoup plus que lors de notre passage à Meknès!

Nous reprenons présentement des forces à Ouarzazate après l’avoir atteint en « tagine roulante ». Le séjour au Maroc s’achève déjà bientôt. Nous aurons certainement le temps de vous écrire sur deux autres villes avant de s’envoler pour la Tunisie. L’Algérie est disparue de nos plans après avoir constaté qu’il est impossible de traverser la frontière entre le Maroc et l’Algérie par la terre. Elle est fermée depuis plusieurs années. Qu’à cela ne tienne, on volera au-dessus de l’Algérie pour aller voir le pays de notre chère amie Beya qu’on aura l’occasion de rencontrer sur place durant notre séjour.

Je vous embrasse très fort. Allez voir les nouvelles photos. Il y en a du Maroc, mais j’ai aussi finalement mis en ligne les photos de la Croatie, du Montenegro, de la Grèce et de la France. Mieux vaut tard que jamais.

Ciao

4 commentaires:

  1. J'en ai des frissons... juste à contempler les photos. J'ai tellement hâte de t'entendre nous parler encore et encore de ces moments uniques et magiques
    Toujours
    Mom xx

    RépondreEffacer
  2. La St-Jean s'est passée dans la chaleur chaude d'un 32 degré. Bruno Pelletier sur la rue st-Charles, trop de monde...
    Tellement de belles photos qu'il faut regarder lentement pour s'inprégner du feeling que vous devez ressentir.
    Nous aussi on commence à avoir hâte aux vacances.
    Fanny est revenue pour la fête des pères ( et pour voir son chum surtout ) et est repartie pour son stage. Profitez-en votre voyage tire à sa fin 3 semaines !! Baci XXX

    RépondreEffacer
  3. J'avoue que votre périple au Saraha a l'air tout à fait unique! Wow... Tant de beaux souvenirs dans vos têtes! ...mais bon, les petits Marocains et leur ''Donne-moi un Dirham'' me crèvent le coeur... Je serais tant une mauvaise voyageuse!

    Par ici, comme ton père te l'a dit, la St-Jean fut magnifique et chaude. Je n'ai absolument rien fait, les parcs bondés, je laisse ça aux ados gelés qui se pensent patriotes... Je rêve d'avoir ma maison et de faire un immense BBQ... Enfin, d'ici quelques années, on verra bien!

    À part un immense coup de soleil, je n'ai pas attrapé un seul poisson à la pêche... et n'y les autres six personnes qui m'accompagnaient! Il est triste de constater que nos lacs ont été surpêchés et que la faune québécoise est en train de périr peu à peu... Enfin!

    Demain, nous arrangeons notre site de camp (euh... je dois forcer comem un boeuf et je ne peux absolument pas avec ma blessure de chat à la main!) et lundi : plus de vie! Magie des camp! hihi!!

    Je t'aime, prenez soin de vous et vous n'avez pas le droit de faire votre party de retour la fin de semaine du 18-19 juillet, car je ne suis pas là!!! Et, bien sûr, je VEUX être là!

    Marie :) xXx

    RépondreEffacer
  4. il mouille et il mouille beaucoup ici quel contraste avec votre voyage dans le désert, vous ne manquerez pas d'eau à votre retour.
    Profitez bien ensemble de vos derniers moments de liberté totale...Début du Festival de Jazz, si ça vous dit quelquechose, ce soir on attend 200,000 personnes pour Stevie Wonder...la foule et la cohue...finalement voue êtes mieux dans le désert. Bonne poursuite...Baci XXX

    RépondreEffacer